‹ Réponses critiques a plusieurs difficultés proposées par les nouveaux incrédulesChapitre 12 sur 31 · OSÉE · texte numérisé non relu

OSÉE

de son mari , et néanmoins adultère. Devenu son maître par cet achat,- il la place dans une maison où elle n'a plus commerce ni avec son époux ni avec aucun homme , et par là il fait cesser ses désordres.Nous entendons par le mot •d'ami , qui est dans le texte , son mari , parce que sans cela la figure ne représenteroit pas avec justesse la chose figurée. Nous rendrons ces termes , et adultère, par ceux-ci et cependant adultère, parce que la particule <vau signifie aussi cependant, néanmoins, dans l'hébreu. Donnons à présent l'explication de cette action typique.

La femme aimée de son mari , et néanmoins adultère, est le royaume de Juda; Dieu est son époux. Le prophète qui l'achète représente Nabuchodonosor qui en fait la conquête. Ce prince transporte Juda dans une terre étrangère , où il n'a plus de commerce avec son Dieu, n'ayant plus aucun exercice public et solennel de religion ; il n'a plus de commerce avec les idoles; ce qui fait cesser ses idolâtries , qui sont si souvent désignées sous le nom de prostitutions dans les livres saints. De retour de sa captivité, Juda revient au Seigneur, et ne le quitte plus pour se prostituer aux idoles.

Qu'on juge à présent combien est téméraire la censure que font les déistes de ces deux actions d'Osée.

• Il faut ici prévenir une objection que les ennemis du christianisme ne manqueront pas de proposer quelque .jour. Elle se tire de ces paroles qu'on lit dans le premier chapitre d'Osée, que nous avons rapportées : Je punirai, dit le Seigneur, sur la maison de Jéhu les sangs de Jezrahel-, c'est-à-dire le carnage fait à Jezrahel. Puisque c'étoit le Seigneur, diront les incrédules, qui a voit commandé les morts violentes que Jéhu fit souffrir à la pos térité d'Achab, comment peut-il tes punir?

Corneille de La Pierre explique ainsi ce passage : Je punirai, la maison de Jéhu par un massacre comme celui ou semblable à celui que Jéhu a fait par mes ordres sur. la maison d'Achab à Jezrahel, parce que Jéhu et ses descendants ont mérité les mêmes châtiment» qu'Achab, en persévérant dans l'idolâtrie, quoique je ne les eusse élevés sur le trône d'Israël que pour la détruire.

. .Cette explication est bonne ; il seroit à souhaiter que ce commentateur l'eût appuyée de * quelque preuve, Il s'est contenté de nommer d$*x ou trois interprètes qui ont pensé -comme lui. Mais les ennemis que nous cornbattons n'auroot aucun égard à ces «autorités : il leur faut des preuves grammaticales, des preuves Urées du texte même. Nous avons trouvé dans l'hcbreu de quoi los satisfaire. Eih , qui précède deme , sangs > est' souvent

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un article; ainsi on traduit communément ces deux mots eth deme , les sangs ou le sang. Nous avons rapporté plus haut cette version sans la combattre; nous réservant d'indiquer ici une signification de ce mot, qui forme un meilleur sens en cet endroit.

Si eth se met pour un article , il se prend aussi quelquefois dans le sens de seUm, comme , de la même manière1 ; et c'est ainsi qu'il est convenable de l'entendre dans ce passage. Alors ce n'est plus la maison de Jéhu que Dieu punit , à cause que, par ses ordres , ce prince a exterminé Àçhab, ce qui seroit absurde; mais le Seigneur châtie avec justice la maison de Jéhu, de la même manière que la race d'Àchab ; parce que Jéhu et .ses descendants ayant été placés de sa main sur le trône d'Is»raël pour détruire l'idolâtrie , ils y sont abandonnés comme Achab et sa famille.

Jonas.

Josèphe raconté, ainsi le prodige de Jonas : « Orf dit, logos , qu'il fiit englouti par un

» gros poisson*, et qu'après trois jours et trois

» nuits il fut rejeté en vie. »

r Voyez Exode , c. 25, v. 29. If des Rois, c. 17, y. 6. Ezéchirl, c. 20, t.. 16.

1 Lir. 9, ch. 2.

Cette manière de s'exprimer, disent lès incrédules , montre bien que JosèpKe ne croyoit pas ce miracle.

Elle ne le montre»point du tout , puisqu'il s'exprime de même sur un fait dont sûrement il ne doutoitpas. U dit : « qu'Elie, fuyant Je- » sabel1, se retira au mont de Sinaï , où Ton » dit , legetaï) que Moyse reçut la loi de la » main de Dieu. » On voit, par tous les ouvrages de Josèphe , qu'il étôit pleinement persuadé que la loi des Juifs avoit été donnée par Dieu même ; et comment auroit-il pu marquer du doute ou de l'incrédulité sur le prodige de Jonas, qu'il dit, dès le commencement du chapitre où il en parle, qu'il va raconter comme il est dans les livres saints ? Voici ses termes : « Comme je me suis engagé à donner » une connoissance exacte de ce qui nous re- » garde, je me crois obligé de rapporter ce » que les livres des Hébreux nous apprennent » de ce prophète. » Josèpbe , après avoir si hautement déclaré qu'il va rapporter exactement le prodige que les livres saints nous présentent comme incontestable, auroit-il pu? dix lignes après , marquer du! doute sur cet événement ?

La baleiné qui avoit englouti Jonas le rejeta sur le bord, à la lettre sur le sec* Cela

1 Liv. 8 , c. 7.

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