‹ Réponses critiques a plusieurs difficultés proposées par les nouveaux incrédulesChapitre 21 sur 31 · PREMIER LIVRE DES MAC H A BEES · texte numérisé non relu

PREMIER LIVRE DES MAC H A BEES

autres de ces animaux qui portoient sur le dos des châteaux, d'où les flèches et les dards tomboient comme une pluie. Il falloit qu'il j eût dans ces châteaux un grand nombre de combattants pour que les flèches et les dards en soient tombés comme une pluie.

Pey tarède dit avoir vu porter à un éléphant, avec ses dents , deux canons de fonte attachés ensemble avec des câbles , pesant chacun trois mille livres, l'espace de trois cents pas. Or il est certain qu'un animal peut porter sans peine toute une journée, sur son dos , un poids double de celui qu'il portera à sa gueule pendant quelque temps j ainsi un éléphant qui porte avec ses dents six mille livres pesant l'espace de trois cents pas pourra porter sur son dos , pendant tout le jour, une charge de douze mille livres , charge bien plus considérable que celle de trente-trois hommes avec la tour et les machines , qui ne pèseroient tout au plus que huit à neuf mille livres.

* Voici encore un exemple qui fera juger de la force des éléphants1. Les Hollandois du cap de Bonne-Espérance, voulant en faire l'essai , attelèrent un éléphant à la proue d'un vaisseau considérable 5 cç£ animal -le tira le long du rivage.

, Antiochus-le-Grand, dans l'armée qu'il op-

' HUt.dc* Voyages , tom. 18 , p. 118.

23o RÉPONSES CRITIQUES.

posa aux Romains, avoit des éléphants que f lorus assure avoir été immenses magnitude nis, d'une immense grandeur. Ceux qui se trouvèrent dans l'armée d'An tiochus Eupator, son petit-fils , étoient sûrement de la même espèce et de la même taille , puisque ce prince possédoit les états d'où son aïeul avoit tiré ces animaux. Doit-on .être surpris que des éléphants d'un grandeur immense, et par conséquent d'une force excessive, aient porté une tour remplie de trente-deux combattants

On pourra se former une idée de la grandeur monstrueuse de quelques éléphants par ce que rapporte Lopez. Il dit qu'ayant pri* plusieurs fois , daro le sable , la mesure du pied des éléphants de Congo et d'Angola1 , il en trouva un de quatre empans de largeur. Il ajoute qu'il prit plaisir à peser plusieurs de leurs dents, dont chacune é toit d'environ deux cents livres.

Mais , dit-on , plusieurs auteurs , tant anciens que modernes, ne nous donnent pas une idée si avantageuse des forces de l'éléphant* Elien écrit qu'il porte trois combattants avec celui qui le conduit. Héliodore ne met que sis archers sur cet animal. Selon Marmol , les éléphants d'Afrique peuvent porter une tour avecdouze hommes. Ceux des Indes en portoient

* Hist. des Voyagw, tonu 17, p. a 11 , *2*.

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jusqu'à quinze, au rapport de Philostrate. Marc-Pâui Vénitien en met jusqu'à qnmze ou vingt sur ceux de File de Zinzibar.

Que prouvent tous ces témoignages? Rien autre chose, sinon qu'il y a des éléphants de différentes espèces , qui sont inférieurs en taille et en force à ceux dont nous Tenons de démontrer l'existence , ce que personne* ne conteste.

Les Apôtres et les Evangélistes ont-ils fiât défausses applications des .passages de T ancien Testament ?

Les Juifs modernes accusent les écrivains du nouveau Testament d'appliquer à Jésus- Christ des prédictions et des passages de Pancien , qui ont tout autre objet ; ce qui est , disent-ils , une preuve de leur ignorance ou de leur infidélité.

Réponse. Les Juifs s'appliquoicnt fort à la recherche des sens allégoriques ou mystiques de l'Ecriture sainte.

Cet usage étoit introduit parmi eux longtemps avant que Jésus-Christ parût. Le grand pontife Eléazar, dans un discours qu'on lit au livre 7 de la préparation évangélique d'Eu-* sèbe, parle ainsi :

« Moyse, pour nous éloigner le plus qu'il » étoit possible des nations idolâtres , nous a

a5a réponses critiques.

» sépares d'elles par la nourriture, la boisson, » la purification légale de la vue, du toucher, » de l'ouïe. Car , quoique toutes les créatures » aient été également produites par Dieu, c'est » pour des raisons secrètes et d'un grand poids » que nous nous abstenons des unes et que nous » usons des autres. Je vais en rapporter un » ou deux exemples , afin que vous ne croyiez » pas que c'est sans raison que Moyse a fait » desjois sur des sujets qui paroissent si peu » considérables , et que vous connoissiez que » toutes ses ordonnances conduisent à la pro- » bité et à la justice. Tous les oiseaux dont » nous mangeons sont domestiques et purs , » étant nourris de froment ou de légumes, » comme les pigeons, les tourterelles, les » cailles , les perdrix , les canards et autres % » qui se nourrissent de même. Les oiseaux qui » nous sont défendus sont des oiseaux de » proie , qui se nourrissent de la chair des » autres oiseaux, qui déchirent les agneaux, » les chevreaux , qui attaquent les hommes , » qui se repaissent des cadavres. Il a nommé » avec raison ces oiseaux impurs, afin de nous » inspirer de l'horreur du vol et du'meurtre, » et afin de nous inviter à la pratique de la » justice et à l'amour de la paix, comme les » oiseaux purs qui ne font point de mal à au- » cun des autres animaux. C'est ainsi que par » ces symboles il tourne vers la justice les

byGiiOC

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» cœurs de ceux qui ont de l'intelligence ; car » si Ton ne doit pas toucher les animaux im- .» purs à cause de leur impureté , combien » plus doit-on éviter les hommes qui par » leurs mauvaises mœurs leur ressemblent ! » Toutes ces choses , considérées dans Tordre » de la conduite et de la sainteté , seront fort

» utiles

» C'est ainsi que notre loi ne nous permet ni » parole ni action mauvaise , et que soit en » termes exprès , soit par des signes et des » symboles 9 elle nous conduit à Dieu et à la .» justice. »

Eusèbe a tiré ce discours d'Eléazar de l'histoire qu'Aristée a faite de la version des Septante. Nous n'ignorons pas que l'authenticité de cette histoire est contestée parmi les «avants; mais quand elle seroit supposée, comme ceux qui la croient telle conviennent qu'elle a été écrite par un Juif helléniste qui vivoit avant Philon et Josèphe, le témoignage que nous avons cité est aussi propre à notre dessein que si cette histoire avoit été composée par celui dont elle porte le nom.

Aristobule, Juif philosophe péripatéticien, dans le livre qu'il adressa au roi Ptolémée , •'exprime ainsi :

« Vous demandez , prince , ce que veut » dire notre écriture lorsqu'elle attribue à » Dieu des mains , des bras, une face , des

a54 RÉPONSES CRITIQUES.

» pieds , le marcher et le repos» Toutes oea* » expressions bien entendues ne nousdonnent j> point une fausse, mais une véritable idée de » Dieu. Un législateur se sert des choses sea- » sibles pour désigner ce qui ne peut pas tom- » ber sous les sens ; et c'est pourquoi ceux qui » sont intelligents admirent beaucoup la pro- » fonde sagesse et l'esprit divin qui étoient » dans Moyse, tandis que ceux qui ne s'ëlè- » vent point au-dessus de la lettre de ces lois » croient qu'il n'a rien écrit de considérable. >* J'expliquerai donc brièvement et clairement, » autant que je le pourrai , tout ce que vous » demandez ; que si je ne vous donne pas des » réponses satisfaisantes , ne blâmez point » notre divin prophète, qui n'a rien écrit » qu'avec une profonde sagesse, mais ne vous» » en prenez qu'au peu d'intelligence que j'ai » de ses divines lois.

» La force de l'homme et ses opérations » sont dites être dans sa main -, c'est pour cette » raison que notre législateur a désigné par » ce terme la puissance de Dieu. On peut.* » sans outrager ce souverain Etre, appeler » son repos la constante durée des créatures , '» et le cours invariable du monde*, car le » Seigneur a tellement réglé toutes choses, r » que jamais le ciel n'a été changé en terre , » ni la terre en ciel} le sokil n'est. point de- » venu, lune, ni la lune soleil ; de même dun*

» les animaux , la bète n'a point été changée )> en homme , ni l'homme en bète- L'Ecriture » dit que Dieu descendit sur la montagne » lorsqu'il donna la loi$ elle dit aussi que la; » montagne étoit tout en feu-, et qu'on en* » tendit le son des trompettes lorsque Dieu » descendit, et que toute la multitude des » enfants d'Israël , qui étoit d'un million » d'hommes , vit pendant cinq jours la mon-> » tagne tout en feu. Cette descente de Dieu » ne désigne point un mouvement local , car » Dieu est partout ; mais le feu ardent qui » consume tout , et qui pendant cinq jours » qu'il dura ne consuma rien, qui n'altéra » pas même la verdure de l'herbe, ce son efc » froyable de t rompe tte& qui sefaisoitentendre » sans qu'il y eût aucun de ces instruments , » ma r quoi eut la descente de Dieu à tous ceux » quientendoientetqui voyoientces prodiges; y> car il descendit , parce qu!il voulut donner » des lois divines au peuple juif. »

Les thérapeutes expliquoient lès saintes Ecritures par des allégories1. Ils avoient reçu cette méthode de leurs pères ou anciens, qui leur avoient laissé quelqueslivres de cette science. Ils comparaient là loi à un animal , et. ils disoitnt que les paroles en étoient le corps , et les sens renfermés sous ces parole» en étoient lame.

' Philo» , de la Tte <*mt*i»pttthw«

Philona composé trois livres des allégories sur l'ouvrage des six jours.

Josèphe , dans la préface des Antiquités judaïques , s'explique ainsi :

« Tout ce que notre saint législateur dit )> est d une parfaite harmonie avec la nature » des choses : en effet , s'il en cache qtrelques- » unes sous le voile de l'énigme , il ne le fait » que très à propos. S'il en indique d'autres » par des allégories , il le fait avec dignité $ » et celles dont il est utile qu'on soit nette- » ment instruit , il les exprime clairement. »

Le paraphraste Jonathan , sur ces paroles de la Genèse , chap. 3 , v, i5 , où le Seigneur dit au serpent qui a voit séduit Eve : inimicitiam ponam inter te et mulierem 9 et semen tuum et semen ittius : ipsum conteret tibi caput, et tu contereseicalcarieumije mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta race et la sienne : cette race te brisera la tète et tu lui briseras le talon. Nous avons traduit le texte selon l'hébreu. Le samaritain et la yersion des Septante y sont conformes.

Voici comme le paraphraste Jonathan explique ces paroles : Cette race te brisera la tête et tu lui briseras le talon. Et il arrrivera , lorsque les enfants de la femme observeront les préceptes de la loi , qu'ils s'appliqueront à te frapper sur la tète; mais lorsqu'ils abandonneront les préceptes de la loi ,

EVANGILES EN GÉNÉRAL. afy

tu t'appliqueras à les mordre dans leurs talons; . toutefois il y aura du remède pour eux, mais il n'y en aura point pour toi; car on appliquera un remède à leur talon, dans les jours du roi Messie.

Le paraphraste de Jérusalem explique ainsi cet endroit : « Et il arrivera , lorsque les » enfants de la femme s'attacheront à la loi » et observeront les commandements , qu'ils » s'appliqueront à te briser la tète et te tue- » ront; mais lorsque les 'enfants de la femme » abandonneront les préceptes et n'observe- » ront point les commandements , tu l'ap- » pliqueras à les mordre dans leurs talons , » et ainsi à leur nuire ; toutefois il y aura » du remède pour les enfants de la femme ; » mais pour toi , serpent , il n'y aura point » de remède ; car il arrivera qu'ils se donnent » les uns et les autres du remède au talon à » la fin des jours , savoir dans les jours du » roi Messie. »

Les anciens Juifs voyoient donc ici comme nous , sous 1 ecorce du sens littéral , un sens mystique plus relevé , qui est la délivrance de la race de la femme , c'est-à-dire du genre humain par le Messie , qui briseroit la tète du serpent séducteur, qui est le démon , en détruisant ses œuvres.

- Dans la bénédiction -que Jacob donne à Juda , le paraphraste Onkëlos sur ces paroles,

338 DÉJPONSES CRITIQUES.

Juda ligans ad <vineam pullum suum et ad wtem asinam suam 9 Juda liera son ânon à -la vigne , il liera son âtiesse à la vigne , entend par la vigne 9 Dieu , la doctrine de Dieu, le temple de Dieu , la cité de Dieu est Pânesse, et par Fanon il entend Israël et les gentils, et aussi les gens de bien et qui observent les commandements du Seigneur.

Le para phraste Jonathan et celui de Jérusalem entendent des victoires du Messie , dans lesquelles il y aura beaucoup de sang répandu , les paroles suivantes : Lavabit in vino sto^ larn suam et in sanguine uvœ pallium suum. Il lavera sa robe dans le vin, et son manteau dans le sang des raisins.

Les Talmuds sont tout remplis de sens spirituels où mystiques. On y appelle souvent le Messie David. Dans le titre Sanhédrin , c'est-à-dire des Juges , on lit : "Rftbbi Jehuda a dit : « Il arrivera que le Dieu saint et » béni suscite ou établisse sur Israël un autre » David 9 comme il est écrit dam Jérémie 9 » ch* 3o. Ils obéiront awSeigneur^età David * leur roi , que. je susciterai ou établirai sur » eux; car le prophètene dit pas jf ai établi, » mais f établirai : crest ce qu'enseigne la •» tradition* •» Et dans le titre Berackatj c'est-à-dire Bénédictions duTaknmd de Jérusalem, sur ces paroles d'Osée , *chap. 3 : « Les «e/t- » fonts d Israël chercheront le Seigneur leur

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» Dieu et David leur roi, »»les maîtres ont dît : Ce David est le roi Messie \ c'est jce qu'enseigne la tradition. Le rabbin Tanhume a dit : J'ajoute pour preuve ce qui e& écrit dans le psaume 17 : « Le Seigneur sauve » avec éclat son roi , et il fera miséricorde » à son Messie .David et à sa postérité, dans » tous les siècles. »

lies talmudistes 9 an chap. 5 du titre Berachot , disent que tout ce qui composoit le tabernacle signifioit les choses eélestes ; et le savant Abavbanel dit que tout l'appareil du tabernacle est comme un livre d'une sublime sagesse et d'une chose glorieuse , à qitoi toutes les parties qui composoient cet édifice se rapportent.

Les Juifs ont d'anciens commentaires qu'ils appellent Midras. Dans le Midras Tehillim > ou commentaires sur les psaumes, on entend du Messie ces paroles du quinzième psaume , v. 8. m Je regardois le Seigneur et » Tavois toujours devant les yeux , parce y* qu il est à mon côté droit , pour empêcher -» que je ne sois ébranlé. 9. Ces% pour cela » que mon cœur s9 est réjoui et que ma langue' » a chanté des cantiques de joie , et que de » plus ma chair même se reposera dans ïes- » pérance. 10. Parce que vous ne laisserez » point mon âme dans t enfer, et ne souffii- * rez point que votre saint soit sujet à la

24o RÉPONSES CRITIQUES.

» corruption, n. Vous m'avez donné la » connoissance de voies de la vie ; vous me » comblerez de joie en me montrant votre » visage; des délices ineffables sont éter- » nettement a votre droite. »

Saint Pierre , dans le discours qu'il fit aux Juifs le jour de la Pentecôte , leur démontra que ces paroles dévoient être entendues de Jésus-Christ et non de David , ce qui prouve que les apôtres, en appliquant à notre Sauveur des passages que les Juifs modernes et quelques critiques téméraires appliquent aujourd'hui à David, ne faisoient que suivre Uancienne tradition de la nation , qui fut depuis consignée dans les Midrascim.

Dans le Berescith Rabba , ou grand Commentaire sur la Genèse, sur ces paroles du psaume io3 : « Vous faites descendre des » ténèbres , et la mdt se forme , pendant la- » quelle toutes les bétes des forets rampent » sur la terre. Les lionceaux rugissent alors » après leur proie , et demandent à Dieu » leur nourriture : le soleil se lève , et ils » seronCagrégés ou réunis ; » on fait ce commentaire :

« Vous ferez desce ndre les ténèbres , ce y> sont les jours de la captivité d'Israël , qui » arriveront lorsque les enfants d'Israël au* » ront fait des œuvres de ténèbres. Dans ces » ténèbres , toutes les bètes des forêts ram~

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» pent sur la terre!; ces bétes sont les gentils , » qui foulent aux pieds Israël. Les lionceaux. » rugissent alors après leur proie , ce sont les » gentils qui refusent de reconnoître le Dieu » saint , et qui rugissent pour ravir : ils de- » manderont cependant à Dieu une récom- » pense dans le temps à venir , parce qu'il est » dit qu'ils demandent à Dieu leur nourri- » riture -, et quelle sera leur récompense au- » près de Dieu ? Celle qui est indiquée dans » le même psaume , où il est dit : Le soleil » se levant, ils seront agrégés ; car le soleil » du roi Messie , comme il est écrit au » deuxième livre des Rois , chap. 3o. Le so- » leil se lavera comme la lumière du matin : . » en cette heure-là , leur soleil se couchera , » à savoir le soleil de l'idolâtrie , c'est pouri» quoi il est dit, ils seront agrégés ou adjoints» » C'est c*e qu'enseigne la tradition. »

Le rabbin Hadarsan , auteur <^u Berescitk Rabba, donne partout dans son commentaire le sens littéral , et l'allégorique ou mystique.

Le même rabbin * , sur ces paroles de Jérémie : Creavit DoiriiHu,s novum super terràm yfeemina circumdàbit virum.... Le Sein gneur a créé sur la terre quelque chose de nouveau; une femme environnera un homme\

1 Çh.3x»Y*22. » *

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