‹ Reproduction des cryptogamesChapitre 3 sur 35 · ML EST MR · texte numérisé non relu

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de sucre. Elle a été étudiée par M. Van Tieghem qui a montré qu’elle :

se rapprochait beaucoup des Oscillariées dont elle diffère par l'absence.

de chlorophylle et qu’elle constituait en réalité une forme de transition entre celles-ci et les Schizomycètes,

La formation, non plus de spores endogènes, mais de conidies, a été signalée par M. Engel dans le Bacillus puerperalis, puis dans'le leptothrix ; plus tard aussi par M. Koch. M. Toussaint, en cultivant la bactéridie charbonneuse, dans le sérum du sang de chien et dans la chambre chaude de M. Ranvier, a vu les filaments prendre un diamètre {transversal presque double du diamètre ordinaire ; puis le proto-

plasma s’amasser en certains points plus réfringents qui, augmentant

considérablement de volume, forment des organes ovoïdes plus ou

moins allongés ou bien renflés en boule ou en gourde; dans l’intérieur

de ces sporanges se forment ensuite 3 à 6 spores nettes et réfringentes.

Malgré ces observations, on peut seulement considérer comme phé-

nomène général, la formation des spores endogènes; M. Brefeld a .

donné quelques détails intéressants sur le temps nécessaire à cette formation dans le Bacillus subtilis : à 24° Réaumur, il faut 12 heures, à 18°, 24 heures, à 150,48 heures, à 10°, plusieurs jours; au-dessous de 5°, les spores ne se forment plus. M. Pasteur a fait voir aussi qu'il y a un maximum de température au-dessus duquel il ne se produit plus de spores, quoique les bactéries continuent à se multiplier.

Germination des spores. — Les spores du bacillus subtilis (MM. Bre- .

feld, Cohn, Koch, Praznowski) peuvent germer de suite après leur «

formation; la germination exige un demi jour au plus à la tempéra-

ture ordinaire ; elle est hâtée par une augmentation de température, : plus encore par une ébullition de cinq minutes du liquide nutritif; en . laissant refroidir lentement celui-ci, la germination a lieu en deux ” ou trois heures. La spore, un peu oblongue, perd d’akord son aspect , sombre ; l’aréole qui l’entouraït disparaît; elle augmente de volume; à son centre, on distingue une zone cldire et réfringente qui s'agran-

dit bientôt; la spore perd ses contours réguliers. Sur un de ses côtes |

longitudinaux un refoulement se fait de dedans en dehors ; le proto-

plasme s’accumule dans Ja pointe ; là la membrane extérieure de la spore s'ouvre; le germe sort, s’allonge en bâtonnet; sa région postérieure reste incluse dans la membrane de la spore. La perforation a lieu exactement au milieu de la spore allongée dont la membrane apparaît alors plus épaisse aux deux pôles ; cette membrane semble correspondre à l’exospore; elle adhère souvent assez longtemps au bâtonnet, même quand il s’est déjà augmenté et déplacé; elle finit cependant par se détacher. L’orifice de sortie paraît alors arrondi, à bords retroussés de dedans en dehors. Tout le contenu de la spore passe dans le bâtonnet qui est perpendiculaire à l’axe longitudinal de la spore et par suite à celui de la cellule mère.

Le Bacillus amylobacter (MM. Van Tieghem, Praznowski) diffère du précédent par ses bâtonnets deux fois plus lengs et plus épais, mais ce caractère ne semble pas très constant. La germination établit une différence moins variable. Le tube germinatif du Bacillus amylobacter perfore en effet l’exospore, non au milieu, mais à un des pôles de la spore; l’exospore est résorbée dans la région correspondante ; il se forme ainsi un orifice ovale. L’extrémité postérieure du filament s’écarte de suite de la membrane externe qui présente partout la même épaisseur et qui reste moins longtemps adhérente. Les spores du Bacillus anthracis se divisent en quatre cellules filles dont chacune donne un bâtonnet (M. Ewart). M. Van Tieghem a observé la germination chez les Spirillum : la spore grossit, l’exospore se trouve rompue; il en sort un tube qui s’allonge et se recourbe aussitôt en hélice ; quand celle-ci possède deux tours de spire, elle acquiert une cloison médiane ; l'allongement continue: bientôt la spire présente quatre tours avec trois cloisons; alors ordinairement elle se sépare en deux.

M. Brefeld a constaté qu’il était facile d'empêcher la germination des spores au moyen des acides; il suffit pour cela que le liquide nutritif soit additionné : de 1/2000 d’acide sulfurique, chlorhydrique, azotique, tartrique ou citrique 1/500 d’acide butyrique, 1/300 d’acidé acétique. Les acides phénique et salicylique sont moins actifs. Il faut 1/500 d'ammoniaque.

Des solutions sentant déjà fortement l’ammoniaque ou l’acide phénique n’empêchent pas la germination, ni les mouvements des bâton-

de ve nets. La culture préalable dans des liquides faiblement acides diminue notablement l'influence de ces agents sur la germination. Les autres bactéries semblent moins sensibles; cependant 1/100 d'acide minéral suffit toujours pour arrêter ie développement.

Il est bien entendu que, dans tous les cas précédents, les spores ne sont pas tuées.

La reproduction des bactéries se présente donc avec les caractères d’une extrême simplicité; ce qui lui donne un cachet tout particulier, c'est que d’abord les bactéries sont extraordinairement prolifiques, toutes les fois qu’elles rencontrent un milieu favorable; eu second lieu,les spores offrent aux agents destructeurs une résistance bien supérieure à celle de toutes les autres cellules végétales.

Vitesse de reproduction. — En supposant qu’une bactérie se divise en deux dans l’espace d’une heure, et nous avons vu que cette hypothèse était au-dessous de la réalité (dans certaines conditions), M. Cohn a fait les calculs suivants: en 24 heures, le nombre des bactéries s’élèvera à plus de 16 millions et demi, en deux jours à 281 mil-

liards, en trois jours à 47 trillions ; en cinqjours, malgré leur extrême

petitesse, tout l’espace occupé par les mers pourrait être rempli.

Résistance et ubiquité des spores. — M. Pasteur a tout d’abord appelé l’attention sur cette extraordinaire vitalité des spores dont, avant ses remarquables travaux, on n’avait aucune idée. Il est bien démontré aujourd’hui que l’ébullition dans l’eau qui détruit tous les êtres vivants, n’atteint pas les spores de nombreuses bactéries, à moins qu'elle ne soit longtemps prolongée. Ii est nécessaire de porter la température à 110° et même 115°, surtout quand les liquides sont alcalins ; l’acidité diminue la resistance: les spores sèches ne sont tuées sûrement que par une température de 150°. Cependant l’ébullition à l'air libre peut suffire, même dans les liqueurs alcalines, le lait, par exemple ; mais à la condition d’être répétée deux fcis à un jour de distance; dans l'intervalle en effet, les spores se sont développées en bâtonnets dont le pouvoir résistant est bien moindre (M. Duclaux). De ce qu’une liqueur acide, après avoir été chauffée, ne montre point de

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