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germination, il n’en résulte pas qu’elle se trouve stérilisée ; l’acidité, en effet, s'oppose à la germination des spores. On ne sera certain du résultat, que si la germination n’apparaît pas, même après neutralisation ou culture dans un autre liquide nutritif.
M. Toussaint a constaté que, chez les animaux tuberculeux, tous les liquides de l’économie sont virulents ; maintenus quelque temps à 00-08, ils ne deviennent pas inoffensifs. La chair cuite à jus rouge, comme une côtelette, puis exprimée, donne un liquide qui, injecté à des lapins, a amené leur mort en cent vingt jours ; l’ingestion de la viande a produit un résultat plus rapide encore.
D'après M. Cohn, certaines spores de Bacillus endurent une température de 70 à 80° pendant trois à quatre jours; d’après M. Frisch, un froid dépassant — 87° ou même — 111° ne les tue pas.
M. Brefeld a constaté que, pour le Bacillus subtilis, une demi-heure d’ébullition ne fait que favoriser la germination des spores ; une heure d’ébullition diminue la faculté germinative. Pour stériliser la liqueur, il faut la maintenir trois heures en ébuilition, ou un quart d’heure à 105°, dix minutes à 407°, cinq minutes à 110°. L'action combinée de Ja chaleur et des acides tue mieux les spores; pour la vérification des résultats, il faut se conformer aux précautions indiquées plus haut,
La stérilisation peut être amenée par une pression de vingt-trois à vingt-quatre atmosphères d'oxygène (M. Paul Bert); douze atmosphères seraient suffisantes pour le Bacillus anthracis (M. Ewart). Les spores de Bacillus subtilis résistent à des solutions concentrées de sulfate de cuivre, de bichlorure de mercure, d'acide phénique. Après un an passé dans l’eau, puis trois ans à sec, elles n’ont point peräu leur faculté germinative (M. Brefeld). M. Pasteur a montré que les spores du vibrion de la septicémie et celles de la bactérie du charbon étaient encore viables après douze ans et plus. Cette résistance extraordinaire aux agents de destruction, leur extrème petitesse, les circonstances favorables à leur développement qu'elles rencontrent très fréquemment, font qu’il existe presque partout des spores diverses; l’air, l’eau surtout en charrient constamment ; elles se déposent sur tous les corps solides ; la poussière de nos rues et de nos appartements en est infectée (MM. Pasteur, Miquel, Tyndal). Les bactéries jouent un grand
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mél AE un
rôle dans la physiologie générale ; elles rendent beaucoup plus rapide le retour à la nature minérale des cadavres animaux et végétaux; mais elles ne dédaignent pas les êtres vivants. Pour certaines maladies contagieuses il est démontré, pour d’autres il est très probable, que les bactéries sont leur cause unique ; elles trouvent, en effet, dans le sang un terrain très propice à leur prodigieuse multiplication, elles amènent ainsi la mort de la victime dont le cadavre et les déjections deviennent de nouvelles sources d'infection. Ce qui peut donc paraître étonnant, c’est que ces maladies ne soient pas plus fréquentes, leurs victimes plus nombreuses. Mais les téçguments constituent aux organismes vivants une protection très efficace, les bronches et leurs ramifications agissent à peu près comme un tampon de coton (M. Tyndall), et le tube digestif n’est pas un milieu très favorable au développement de la plupart des bacteries ni à leur introduction dans le sang ; pour beaucoup de ces petits êtres l’air libre est un agent d’oxydation beaucoup trop énergique ; ils ne se propagent activement que sous des in= fluences oxydantes beaucoup plus faibles; enfin, les cellules vivantes offrent une certaine résistance qui retarde ou arrête même leur déve-
loppement. De là il résulte immédiatement que l’immunité des ani= maux, de l'homme particulièrement, sera variable avec la constitution, .
les dispositions héréditaires, momentanées, etc. Les considérations précédentes montrent aussi par exemple comment des maladies, en réalité contagieuses, ont pu pendant longtemps être considérées comme héréditaires.
C’est surtout aux remarquables travaux de M. Pasteur qu'est dué l'introduction dans la science de ces idées nouvelles ; elles ont déjà été fécondes en heureux résultats. Mais il s’en faut qu’elles aient été ac-
ceptées d’emblée par tout le monde; et à la panspermie on a souvent
opposé l’hétérogénie, c’est-à-dire la création des bactéries de toutes
pièces au moyen de substances minérales ou organiques, ou organi-
sées ; dans ce dernier cas l’hétérogénie revient à la transformation en
bactérie d’une cellule vivante appartenant à un autre être, c'est-à-
dire au polymorphisme., Quant à cette dernière théorie, il est suffisamment prouvé aujourfd'hui que certains Schizomycètes et leurs spores peuvent exister et
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existent à l’intérieur d'organismes vivants et en bonne santé; d'un autre côté, la transformation instantanée en bactérie d’une cellule vivante appartenant à un animal supérieur, n’est guère conciliable avec l’état actuel de nos connaissances en sciences naturélles, L’hétérogénie au moyen de substances minérales ou organisées, revient à la génération spontanée ; la synthèse, c’est-à-dire la création de toutes pièces d’une matière albuminoïde, ne tardera pas sans doute à être devenue une réalité. Mais le protoplasma vivant n’est pas une simple matière albuminoïde ; nous savons fort peu de chose sur sa constitution ; cependant, il est permis de supposer qu'il est au moins une combinaison de matières albuminoïdes diverses et de corps gras. Nous savons d’ailleurs que de pareilles combinaisons exigent un temps d'autant pluslong que la molécule finale est plus complexe; l'élévation de température ne pourraëêtreemployéeque dans des limites très restreintes pour hâter la réaction ; il est donc présumable que, siles diverses substances protéiques nécessaires se trouvaient réunies, il leur faudrait de nombreuses années pour se combiner, se grouper, s'orienter de façon à produire cette résultante : le protoplasma vivant. En supposant mêmeque le vase en expérience se trouve, pendant ce long espace de temps, placé dans ies conditions voulues de température, d'accès de l’air, etc., conditions sur lesquelles notre ignorance est à peu près aussi complète que sur la constitution du protoplasma; en le supposant préservé surtout de l'invasion des bactéries, il ne faudrait pas s'attendre à voir apparaitre la vie sous une autre forme que celle d’un monère, d’un protoplasma diffluent. Les bactéries sont déjà relativement des êtres complexes ; leur forme définie, leur membrarne, leurs modes de reproduction impliquent une origine ancienne, et leur apparition brusque ne semble pas actuellement pouvoir être interprétée en faveur de l’hétérogénie. Cela ne prouve rien évidemment, quant à l’origine première de la vie sur la terre ; nous sommes loin de pouvoir reproduire dans nos laboratoires les conditions alors réalisées.
Des travaux récents ont démontré que les bactéries sont susceptibles d’éprouver certaines transformations physiologiques. En cultivant la bactérie très virulente du charbon (Bacillus anthracis) dans du bouillon de poule, en présence de l’air et à une température de 42 à
LOT Eee 43°, M. Pasteur «a pu atténuer successivement leur virulence jusqu’à la rendre nulle; cette atténuation semble résulter d’un état maladif, car la bactérie finit par mourir. Inoculée peu avant ce résultat extrême, elle n’occasionne aucun désordre, bien plus, elle devient un préservatif, un vaccin, contre une génération moins atténuée; en opérant plusieurs vaccines avec des bactéries de plus en plus virulentes, l'individu finit par acquérir une immunité complète contre le charbon. Il est nécessaire de débarrasser le liquide des spores ou d'empêcher leur formation ; car elles ne subissent pas la modification indiquée; c’est le second résultat qui se trouve réalisé dans l’expérience précédente. Par des cultures répétées sur des animaux vivants, la bactérie reprend au contraire une virulence croissante. Tels sont les résultats remarquables et féconds en conséquences, obtenus par M. Pasteur qui attri-
bue l’atténuation à l'influence de l’oxygène. Une température de 85 à.
100e semble produire à l’air des résultats semblables, plus rapidement, mais moins sûrement (MM. Arloing, Cornevin, Thomas).
D'après M. Büchner, on peut transformer le Bacillus anthracis en bactérie du foin non virulente par des cultures dans un liquide spécial et en présence de l’air. Une température de 25°, l'absence de l’oxygène, une réaction faiblement acide, toutes les causes en un mot qui empêchent ou retardent la multiplication par scissiparité, tendent à maintenir la virulence. La culture en couche faible, l’agitation du vase, en facilitant l’accès de l'oxygène, sont favorables à la multiplication, défavorables par conséquent à la virulence; l'élévation de la température au-dessus de 25° agit dans le même sens ; M. Büchner a même réussi à obtenir, et à fixer plusieurs formes intermédiaires entre les deux Bacillus, non seulement par leurs propriétés physiologiques, mais aussi par leurs caractères morphologiques, La transformation la plus rapide a été réalisée à la surface d'une solution d'extrait de viande ({ p. 100) et de sucre (3 p. 100) additionné de jaune d'œuf. M. Pasteur a annoncé récemment qu'il n'avait pas obtenu trace d'une pareille transformation du B. anthracis, en bactérie du foin, malgré 130 cultures dans l'humeur aqueuse de l’œil (Revue scient., 16 sept. 1882).
D'après M. Zopf, les genres Cladothrix, Beggiatoa, Crenothrix, offrent une très grande variété de formes dans leur développement ;
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leurs états négatifs se présentent successivement sous l’apparence de Micrococcus, Monas, Leptothrix, bâtonnets et spirales ; la bactérie ne serait donc pas une forme indépendante, mais un des états d’un cycle complexe. Toutes les bactéries ne posséderaient cependant pas un pareil polymorphisme, et quelques-unes n’affectent qu’une seule forme (Bacillus subtilis, B. anthracis). Dans chaque état elles peuvent être mobiles ou immobiles. M. Zopfdit avoir observé directement les transformations indiquées.
SACCHAROMYCÈTES,
Les Saccharomyces diffèrent des bactéries par leur mode de reproduction; ils se multiplient, en effet, par bourgeonnement. Ils possèdent des affinités d’un côté avec les bactéries, de l’autre avec les cham: pignons vrais, vers lesquels ils pourront encore servir de transition. Les Saccharomyces sont des protophytes unicellulaires, ovales, fusiformes ou elliptiques, à membrane mince, à contenu finement granuleux, présentant des gouttelettes graisseuses et des vacuoles ; ils sont dépourvus de noyau.
Pour la reproduction, un refoulement se fait, à une des extrémités de la cellule, de dedans en dehors, donnant naissance à un petit bourgeon dans lequel s’accumule le protoplasma. Le bourgeon augmente de volume, tout en restant en communication avec la cellule mère par un orifice plus ou moins étroit; de sphérique il devient fusiforme ; puis une cloison le sépare de la cellule-mère, de laquelle il se détache -tôt ou tard, pour vivre d’une façon indépendante et bourgeonner à son tour, Ordinairement avant que ce premier bourgeon soit aussi avancé, il en apparaît d’autres sur la cellule-mère, soit à côté du premier, soit à l'extrémité opposée. Quand les générations, issues les unes des autres, restent plus ou moins longtemps en connexion, il en résulte des chapelets, ou plutôt des colonies ramifiées. La cellule-mère, après avoir produit plusieurs générations de filles, finit par s’appauvrir et vieillir ; finalement, elle se flétrit et meurt.