FRET VE
faculté germinative: placées dans des conditions favorables, elles semblent se développer comme les cellules ordinaires, après destruction de la membrane de la cellule-mère.
Le Saccharomyces cerevisiæ, le mieux connu de tout ce groupe, bourgeonne entre 8 et 55° C.; l’optimum de température varie avec les différentes races, levûüre haute, levüre basse, qu’il est, d’ailleurs, possible de transformer les unes dans les autres par des cultures succes. sives. Toute multiplication s'arrête à + 3°: mais les cellules résistent à des froids intenses, jusqu'à — 113°, Dans l’eau, la levûre meurt à 75°; sèche, elle peut être chauffée jusqu’à 100,
Les spores des Saccharomyces sont très répandues; on en trouve à la surface de tous les fruits sucrés, et ils provoquent ainsi la fermentation du vin. D'après M. Brefeld, les Saccharomyces déposés sur les feuilles et les fruits, se multiplieraient abondamment dans l'intestin, puis dans les fèces des animaux herbivores et seraient ensuite dispersés par le vent. M. Boutroux pense que les levûres en voie de développement, en été, sur les fruits, passent l'hiver (à l’état de spores) sur les débris de ces fruits, ou dans les habitations des insectes ou dans la terre où elles ont été entraïnées par la pluie; au printemps, les germes conservés sont portés de nouveau par les insectes sur les fleurs nectarifères, où ils se multiplient ets'ensemencent de fleur en fleur ; finalement, les insectes les transportent encore sur les fruits mürs qu'ils vont visiter un peu plus tard, M, Hansen, de son côté, a constaté que le Carporyma apiculatum est transporté par la pluie, des fruits dans la terre où il se conserve durant l'hiver; la terre recueillie sous les arbres fruitiers permet, en effet, d’obtenir une riche végétation de cette levüre.
Plusieurs fermentations sont Rene) de la vie et du développement des Saccharomyces, Le S, vini brûle l'alcool du vin et le transforme en eau et acide carbonique, La fermentation alcoolique est provoquée, non seulement par tous les Saccharomyces, mais aussi par divers Mucor, Aspergillus, Penicillium, c’est-à-dire par de véritables champignons; cette circonstance n’a pas peu contribué à faire croire à un polymorphisme qui, en réalité, n'existe pas,
Les cellules de ces différents végétaux, dans ies circonstances ordi-
gps
naires, en présence de l’oxygène, consomment du glucose pour leur accroissement et leur multiplication; elles le brûlent partiellement en le transformant en eau et acide carbonique; on a supposé que, dans ce cas, le glucose se change d’abord en acide carbonique et alcool, (première transformation); l'alcool, par oxydation, serait changé, par exemple, en eau et acide acétique, dont la molécule, se condensant immédiatement, donnerait de nouveau du glucose (deuxième transformation). Quand on plonge les cellules dans la solution sucrée, celle-ci fermente, c’est-à-dire donne de l’eau et de l'acide carbonique; dans ces circonstances nouvelles, la première transformation continue activement, mais la deuxième se trouve considérablement ralentie, faute d'oxygène; l'alcool et l’acide carbonique, en grand excès dans les cellules, passent dans la solution. Les cellules continuent, néanmoins, à croître et à se multiplier en consommant l’oxygène dissous dans le liquide ou faiblement combiné, ou mis en réserve par la cellule elle-même; une fois cetoxygène épuisé, la multiplication s'arrête; mais les cellules déjà formées ne cessent pas pour cela de vivre et d'opérer la première transformation, grâce à leur résistance à l'asphyxie. Cette résistance est très variable suivant les diverses plantes énumérées plus haut; c'est pour cela que celles-ci sont des ferments alcouliques plus ou moins parfaits. À ce point de vue, les Saccharomyces sont caractérisés par leur très grande résistance à l’asphyxie; c'est pour cela aussi que les brasseurs ont l'habitude très rationnelle de laisser la levûüre au contact de l’air; elle fait ainsi la provision d'oxygène indispensable à son développement et à la bonne marche de la fermentation.
La végétation peut être accompagnée de la production d’une diastase inversive du sucre de canne (Saccharomyces) et alors le ferment peut opérer aussi la transformation en alcool du sucre de canne; quand cette diastase fait défaut, cela a lieu pour les Mucor spinosus, M. circinelloïdes par exemple (M. Gayon), le ferment ne peut s’attaquer qu’au glucose.
Du reste, toutes les cellules végétales renfermant du glucose, sont susceptibles de produire de l’alcool, quand on les prive d'oxygène; la production de l’alcool est, en effet, une conséquence de l’asphyxie de
la cellule; seulement, toutes les cellules ne sont pas susceptibles de se multiplier, quand l'oxygène n'existe plus qu’en quantité très minime (libre ou faiblement combiné), ni susceptibles de s’accroitre,
l'oxygène faisant défaut, et c’est en cette différence que consiste la caractéristique des ferments (M. Pasteur).
SCHIZOPHYCÉES
Les Schizophycées, appelées aussi Cyanophycées ou Oscillariées, montrent une étroite parenté avec les Schizomycètes; aussi, les a-t-on réunies quelquefois en un seul groupe, celui des Schirophytes (M. Cohn). Quoique possédant de la chlorophylle, les Schizophycées ne se distinguent même pas physiologiquement, d’une façon absolue, des Bactéries; elles vivent, en effet, souvent dans le tissu de plantes élevées, ou dans des milieux, tels que : eaux stagnantes, vase marine, où aucune autre algue ne pourrait exister. Elles ont encore de commun, avec le groupe précédent, la résistance qu’elles présentent, en partie au moins, à de hautes températures; certaines Oscillariées vivent, en effet, dans les eaux thermales au-dessus de 50°; ou même dans les solfatares. Elles peuvent également, dans certaines circonstances favorables, se multiplier avec la même prodigieuse rapidité et possèdent enfin fréquemment de prétendus cils, tout comme les Bactéries,; les noyaux manquent. Les Leptothrix, les Beggiatoa sont, en réalité des Oscillariées sans chlorophylle; d'un autre côté, celle-ci existe dans de véritables Schizomycètes : les Bacterium viride, le Bacillus virens. Un caractère différentiel, plus général, réside dans les spores endogènes des Bactéries ; tandis que les Oscillariées n’ont que des cellules durables; mais ici même, le Leuconostoc servirait d’intermédiaire (M. Van Tieghem), Un grand nombre de D cées se rencontre dans le thalle des Lichens.
Le nom de Cyanophycées leur est souvent donné, parce qu ‘elles renferment toujours, à côté de la chlorophylle, une matière colorante
L'a@e bleu-verdâtre, la phycocyanine ; elle n’est, ordinairement, pas seule et ces algues, comme les Bactéries, présentent des couleurs très variées ; elles ont aussi une grande tendance à gélifier leurs membranes et à vivre en colonies. |
Des zoospores ont été observées dans une Chroococcacée, Merismopoedia (M. Borzi);, en dehors de ce cas isolé, au moins jusqu’à présent, les Schizophycées nese-reproduisent, comme les Schizomycètes, que par scissiparité et par spores ou plus exactement par cellules durables (MM. Bornet, Thuret, de Bary, Nageli, Fischer, Zanczewski, etc.)
Scissiparité. — Les Chroococcacées, qui ne se distinguent quelquefois des Palmellacées que par leur phycocyanine, sont unicellulaires et se segmentent alternativement dans deux ou trois directions perpendiculaires, quelquefois dans une seule direction, mais sans former de filaments, comme dans les familles suivantes. Les cellules isolées sont indépendantes; elles peuvent cependant rester englobées dans une substance gélatineuse, provenant des enveloppes des cellulesmères; dans les Glæocapsa ces enveloppes, plus résistantes, restent emboîtées les unes dans les autres. Dans les Oscillariées Îes cellules ont la forme de disques et sont réunies en filaments cylindriques, mobiles, plus ou moins contournés,enveloppés d’une substance gélatineuse; la segmentation se fait toujours perpendiculairement à la longueur du.filament. Il en est de même dans les Nostochinées; mais leurs filaments présentent, de distance en distance, des cellules-limites ou hétérocystes qui ne se multiplient pas, possèdent une membrane plus épaisse et perdent leur plasma. A certains moments, l’enveloppe gélatineuse devient diffluente, et les hormogonies, comprises entre les. hétérocystes, acquérant la mobilité, se déplacent en rampant et vont se fixer, de nouveau, plus loin; elles s’entourent d’une gaîne membraneuse. Leurs cellules alors se segmentent une ou deux fois paral- Jèlement à l’axe longitudinal du filament; les petites rangées transversales résultantes se soudent bout à bout, de façon à reconstituer un filament unique en zigzag dans lequel apparaissent de nouveau des hétérocystes (Thuret). Dans le Nostoc paludosum (M. Janczewski)
ms UNE
le processus est différent; l’hormogonie droite se fixe par ses deux extrémités; les cellules intermédiaires se divisent transversalement, et le filament devient ainsi de plus en plus ondulé; les hétérocystes et la gelée apparaissent ensuite.
Les Rivulariacées sont plus différenciées; chaque filament est terminé d'un côté par une cellule basilaire (hétérocyste), de l’autre, par un poil hyalin articulé; les cellules intermédiaires, seules, se segmentent transversalement ; au milieu d'elles apparaît une nouvelle cellule basilaire ; la portion de l’ancien filament, placée au-dessous d’elle, se déplace un peu latéralement et reforme un nouveau poil à sa partie supérieure; puis, les deux nouveaux filaments résultants se juxtaposent. Les cellules actives, seules, prennent part à la formation des hormogonies ; pour cela elles se multiplient; quelques-unes se changent en hétérocystes, bientôt comprimés en disques par les cellules qui restent actives et qui résorbent les parois transversales de ces disques, de sorte que chaque hétérocyste se trouve réduit à un anneau. Les hormogonies émigrent de la gaîne, entraînant ces anneaux ; puis chacune donne un nouveau filament.
Les filaments des Scytonemées s’accroissent à leurs deux extrémités au moyen de grandes cellules terminales, dans le voisinage desquelles la gaîne gélatineuse s’amincit beaucoup ; au milieu de chaque rangée apparaissent des hétérocystes qui la divisent en fragments, Chaque fragment, restant en place, continue à se multiplier à ses deux extrémités ; mais, au point de rencontre de deux fragments, les cellules nouvelles ne trouvant pas de place, forment des rangées perpendiculaires au filament ancien et ordinairement geminées. Le tout simule alors un filament ramifié; mais, en réalité, les fragments sont des filaments distincts que la gélatine seule tient réuris ensemble; ils peuvent, du reste, s’isoler ultérieurement, De plus, il y a encore reproduction par hormogonies.
Les Sirosiphonées (Stigonemées) se multiplient encore par leurs cellules terminales ; les filaments deviennent pluriseriés par segmentation longitudinale des cellules du filament, dont quelques-unes donnent, en outre, des branches perpendiculaires au premier axe. Les hormognies ne se forment que dans ces branches.
Spores, — Pour la formation des spores, toutes les cellules d'une colonie de Chroococcacées s’entourent, en même temps, chacune d'unemembrane épaisse ; chaque cellule durable reproduit une famille à la germination (Gloeocapsa). Les filaments des Oscillariées supportent la gelée et la dessication; ils restent donc simplement au repos pendant l'hiver ; quelquefois les filaments entiers s’enkystent comme le font ailleurs les cellules isolées (M. Borzi).
Quand les Nostocs sont menacées de dessication ou de gelée, certaines de leurs cellules végétatives se dilatent, s’allongent, se gorgent de gouttelettes huileuses et épaississent leurs membranes (M. Janczewski); ce sont alors des spores durables. Elles peuvent prendre naissance en petit nombre dans un filament (Spermosira), envahir lé filament entier (Nostoc), ou se restreindre à une cellule unique à côté des hétérocystes (Cylindro-spermum, Sphaerozyga); dans ce dernier cas, elles prennent une forme cylindrique ou ellipsoïde. Leur membrane est souvent couverte de proéminences ou de piquants; elle est plus ou moins colorée, et se déchire à la germination. Le germe se segmente quelquefois déjà dans l’intérieur de la spore (Spermosira) ; puis il s’allonge et forme un filament d’un nombre variable de cel- Jules ; aux extrémités du filament apparaissent des hétérocystes,
Dans les Rivulariacées (M. de Bary) la cellule végétative attenante à la basilaire, se transforme en un large cylindre (manubrium), à protoplasma dense, à membrane dure et solide: c’est une pore qui passe seule l'hiver. À la germination, elle se divise en cellules par des cloisons transversales et donne alors directement un ou plusieurs filameuts, ou encore plusieurs hormogonies. Dans les Scytonemées, les cellules cylindriques se transforment en spores sphériques qui restent réunies en amas réguliers; il en est de même dans les Sirosiphonées.
D'après M. Zopf, il y aurait encore ici polymorphisme ; des filaments de Nostochinées, se transformeraient en colonies (zooglæa) de Chroococcacées,