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LES ALGUES

Les Cyanophycées font déjà en réalité partie des Algues, et au point de vue de la reproduction, comme du corps végétatif, ce sont en effet les Algues les plus simples. Le protoplasma vert peut cependant exister sous une forme plus simple encore; M. Van Tieghem a décrit un petit être, le Dimystaxz Perrieri, qui semble plus rapproché du point de départ des Algues ; c’est une masse gélatineuse tremblotante, rendue verte par la chlorophylle ; elle possède une touffe de cils vibratiles, d’où partent deux bandes plasmiques également ciliées ; ces cils s’agitent, mais sans amener le déplacement du corps; celui-ci, à un moment, se divise, par segmentations successives, en 16 cellules dont chacune devient à peu près semblable à la mère. Quoique le protoplasma soit vert, il ne sécrète pas de cellulose; c'est là une exception : les autres Algues s'entourent d’une membrane au moins pendant une partie de leur existence. Dans un groupe restreint d'Algues vertes, le protoplasme n’est même jamais nu, ce sont les Conjuguées ; ce caractère et l'absence de mouvements libres les rapprochent des cyanophycées. D’autres, au contraire, se meuvent toute leur vie; quoique munies d’une membrane de cellulose,elles conservent

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donc un certain caractère d’animalité ; ce sont les Volvocinées, Ces deux petits rameaux spéciaux diffèrent assez notablement de la grande branche des Algues vertes ; le protoplasma de celles-ci est habituellement immobile et renfermé dans une membrane, mais ces plantes passent toujours dans le cycle de leur développement par une phase pélagique. Ce sont précisément les organes reproducteurs qui possèdent ce caractère de motilité; il se conserve le plus longtemps dans les éléments mâles, qui sont encore pélagiques, dans les deux grands groupes de Cryptogames terrestres.

Les Algues offrent des modes de reproduction très variés. Les 200spores sont les agents les plus ordinaires de la multiplication asexuée : ce sont de petites cellules nues et mobiles qui naissent par contractions et partitions répétées du contenu d’une cellule, quelquefois aussi sans division, la cellule toute entière ne formant qu’une seule zooopore (Œdogoniées), Elles s’allongent antérieurement en une pointe hyaline le rostre, portant deux cils (Algues vertes); rarement le nombre des cils est de üun (Botrydium) où de quatre (Ulva), ete. D’autres fois, ces cils sont implantés latéralement (Fucoïdées). Les zoospores semblent munies d’un noyau qui à été constaté d’une façon certaine, au moins dans quelques cas ; elles possèdent en outre ordinairement une tache rouge et des vésiculés pulsatiles. Les zoospores sont colorées en vert, dans les Chlorophycées, et en brun dans les Fucoidées. Dans les Floridées, les cellules reproductives asexuées deviennent immobiles, de même que les anthérozoïdes, ce qui contribue encore à donner à la reproduction de ce groupe un caractère spécial, \ Li

La reproduction sexuée se présente déjà dans certaines Algues avec tous ses caractères essentiels : elle les conservera dans les Muscinées et les Cryptogames vasculaires dont les organes sexuels acquièrent seulement une différenciation plus grande. Elle consiste dans la fusion entre deux cellules, l’anthérozoïde et l’oosphère, produits dans des organes différents, et formant, par leur réunion, l’œuf ; celui-ci se développe immédiatement ou après un temps de repos en une génération nouvelle. Dans ce second cas, l'œuf s’entoure d'une membrane épaisse et résistante ; il peut alors supporter le froid et la dessiccation;

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aussi est-ce seulement, dans beaucoup d'Algues, quand la plante est menacée par de pareilles causes de destruction, que la fécondation a lieu, La reproduction sexuée n’apparait donc pas encore dans la majorité du groupe et d'une façon régulière, mais seulement comme un acte spécial adapté à certaines circonstances, et une génération sexuée ne survient qu'après une longue série de générations asexuées ; l'œuf, en germant, donne naissance de nouveau à un individu asexué, soit diréctement, soit par intermédiaire de zoospores. Cependant, dans certaines Algues (Fucacées) les générations sexuées se suivent sans interruption, et on ne connaît même pas d'individus asexués.

Les anthérozoïdes, ou éléments mâles, sont produits dans des organes particuliers : les anthéridies. [ls offrent la plus grande ressem= blance avec les zoospores, sont mobiles comme celles-ci et représentent de véritables cellules. Quand l’anthérozoïde rencontre l’oosphère, les deux cellules se fondent, noyau avec noyau, et protoplasma avec protoplasma ; puis l’oospore qui résulte de cette copulation s’entoure aussitôt d’une membrane. Dans la fécondation typique, l’oosphère reste immobile ; la cellule qui l’a produite ou l’oogone s'ouvre au mo- - ment de la maturité, ce qui ouvre l’accès aux anthérozoïdes ; souvent la fusion peut avoir lieu par un point quelconque de l’oosphère (Fucus), d’autres fois la place est indiquée d'avance par une region plus claire, la tache réceptrice. Il est évident qu'une pareille copulation n’est possible que par l'intermédiaire de l’eau.

Le caractère de la fécondation est tout autre dans certains groupes spéciaux (Floridées, Conjuguées), comme nous le verrons plus loin. Dans beaucoup dAlgues vertes et brunes, la fécondation sexuée a lieu d'après le mode indiqué plus haut. Il ne semble y avoir tout d’abord aucune analogie entre cette reproduction et celle par zoopores ; en réalité, il existe de très nombreux intermédiaires. Déjà, dans les Myomycètes, nous avons vu une fusion indifférente de deux ou plusieurs cellules mobiles. Des copulations entre zoospores se rencontrent aussi dans les Algues ; il est vrai qu’elles deviennent alors sexuées et perdent isolément leur faculté germinatrice ; dans quelques cas il n’y a aucune différence entre les deux cellules qui se réunissent; d’autres

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fois, l’une devient plus grande, ou la copulation n’a lieu qu'après que l’une des deux cellules égales est arrivée au repos ; ces deux modifications se trouvent réunies dans les Cutleria, et il suffit alors que la grande zoospore, qui devient immobile, ait une vie pélagique de plus en plus réduite, pour que finalement elle reste à l’état d’oosphère dans la cellule où elle a pris naissance. Quelquefois les zoospores sexuées égales se développent cependant isolément (Ulothrix), ce qui affaiblit encore la distinction absolue entre les deux espèces de reproduction; la grande zoospore sexuée peut aussi germer sans fusion avec l’élément mêlé (Ectocarpus). Ce phénomène, appelé parthénogenèse, se rencontre plus fréquemment dans les plantes à oosphères immobiles (Oedogonium, Cylindrocapsa, Bulbochaete) ; il devient la règle chez la Chara crinita.

Après les Conjuguées et les Volvocinées nous passerons en revue la grande série des Algues vertes ou Chlorophycées, composée des Protococcacées, Siphonées et Confervacées; les représentants les plus élevés de cette branche conduisent aux Muscinées, Les Chara peuvent être rattachés à la même série ; c'est en réalité un groupe quelque peu aberrant dont la place n’est pas encore bien déterminée. Les Fucoïdées et les Floridées sont deux branches latérales d’Algues, distinctes de la précédente par d’assez nombreux caractères. Les premières, dites aussi Mélanophycées, sont plus voisines des Chlorophycées ; on neles trouve que dans la mer; c’est surtout ce groupe qui nous offrira des transitions intéressantes entre la fécondation typique et la copulation des zoospores, Tes Floridées, marines aussi en grande majorité, occupent une place à part par leur mode de fécondation et par l’immo-

bilité de leurs spores et anthérozoïdes, c’est par elles que nous terminerons les Algues.

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