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FAMILLE IV

Fortues palustres ou Elodites

Dans cette famille intermédiaire entre les Tortues terrestres et aquatiques, la carapace est peu élevée, de forme ovale et souvent séparée par une ligne médiane plus ou moins prononcée. Les pattes ont cinq doigts mobiles et armés d'ongles.

Les Elodites sont d’une taille moyenne ou petite el vivent indifféremment sur le bord des rivières, dans les marais ou dans les prairies humides.

Ces Tortues ont été divisées en deux tribus :

Les Cryptodères, dont la tête peut rentrer entièrement dans la boîte osseuse,

Les Pleurodères, dont la tête ne peut être retirée dans la carapace.

Cette dernière tribu n’a pas de représentants en Europe.

La tribu des Cryptodères est représentée en France par un seul genre:

CHÉLONIENS

Cistudo Europæa, p.

LE

Genre Cistudo (Flem.), Cistude

« Pattes à cinq doigts, les postérieures à quatre ongles seulement; plastron large, ovale, attaché au bouclier par un cartilage, mobile devant et derrière sur une même charnière transversale et moyenne, garnie de douze plaques, vingt-cinq écailles au limbe de la carapace, » (Dum. et Bibr.)

Cistude d'Europe (Cistudo Europ:a, Dum. et Bib.).

Dans cette espèce la carapace est arrondie, déprimée et carénée dans sa partie médiane chez le mäle, de forme elliptique à peine carénée chez la femelle. Cette carapace est d’un noir rougeâtre, avec ou sans stries Jaunâtres, rayonnant du centre d’accroissement à la périphérie des écailles. Le plastron est marbré de brun rougeâtre sur fond jaune, ou de jaune sur fond brun.

Les membres sont noirs en dessus, rougeâtres en dessous, avec des points et des taches jaunes. Les membres antérieurs sont palmés et ont cinq doigts munis d'ongles aigus et recourbés. Les membres postérieurs, un peu plus longs, ont quatre ongles. La queue est arrondie, pointue et couverte d’écailles aplaties.

Cette Tortue, dont la longueur varie de 30 à 38 centimètres, recherche les étangs et les marais peu profonds, où elle aime à s’enfoncer dans la vase. C'est surtout au mois de mai qu’on peut capturer des Cistudes avec des filets, au troubleau et même à la ligne de fond. « On les voit parfois se reposer au-dessus de l’eau, sur des tas de broussuilles, d’où elles se iaissent choir à la moindre alerte. J'ai observé qu’elles pouvaient également se

Loi

tenir immobiles à la surface de l’eau en gonflant d'air leurs poumons ; elles expirent une partie de cet air quand elles veulent se rendre plus denses que l’eau et aller au fond. » (Lataste.)

Pendant l'hiver, la Cistude s’enfouit au fond des marais pour ne reparaitre qu'au printemps ; elle est carnassière et se nourrit d'insectes, de vers, de mollusques. Elle nage avec rapidité et poursuit les petits poissons qu'elle commence par tuer à coups de bec et dévore ensuite.

Ses œufs, qui ont une légère coque calcaire et résistante, sont très allongés, atténués vers un bout, blancs, légèrement marbrés de gris sale. Leur longueur est de 30 millimètres et leur largeur de 20 millimètres.

Cette espèce, que l’on désigne souvent sous les noms de Tortue jaune ou Tortue bourbeuse, habite principalement le Midi de la France. Dans la Charente-Inférieure, on la trouve dans les marais aux environs de Royan. Dans le département de la Gironde, elle n’est pas rare dans les pâturages entrecoupés de fossés du littoral, à Soulac, au Verdon, à Facture; dans cette dernière localité, elle abonde dans les mares et les fossés remplis d'herbes et de troncs d’arbres que côtoie la ligne du chemin de fer.

On peut conserver les Cistudes en domesticité en leur donnant de la viande pour nourriture.

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