‹ Reptiles, batraciens, avec 55 figures dans le texteChapitre 12 sur 35 · AI · texte numérisé non relu

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Hemidactyle verruculeux, p.

SAURIENS 51 Le Platydactyle grimpe avec agilité à l’aide des feuillets disposés sous ses doigts et au moyen desquels il fait le vide et peut ainsi se tenir dans toutes les positions, et non pas en se collant aux corps à l’aide d’une matière visqueuse, comme on le croyait autrefois. Cette espèce ne se rencontre en France que dans nos départements du littoral méditerranéen, où elle a été importée, grâce à la facilité avec laquelle ce petit Saurien est transporté dans les marchandises à bord des navires.

Genre Hemidactylus (Cuv.), Hémidactyle

Iémidactyle verruculeux (//emydactylus verruculatus. Cux.).

Ce Saurien a la tête courte, le museau très obtus, les doigts. médiocrement élargis, les pouces allongés, rétrécis à la pointe. Sa queue, qui est ronde, fait un peu plus de la moitié de la longueur totale du corps. Les écailles du dos sont entremêlées de tubercules nombreux ; le crane est couvert de petits tubercules arrondis.

À peu près de la taille du Platydactyle (0 m. 12), il a le corps d'une coloration grisätre ou rougeàtre et marbré de brun. Chez quelques individus les teintes sont presque noires; le plus souvent les côtés du museau, entre l’œil et la narine, sont marqués d’une bande noire.

Cette espèce a les mêmes mœurs que le Platydactyle ; elle est également nocturne et s'introduit fréquemment dans les habitations. On ne la trouve que dans le midi

02 HISTOIRE NATURELLE DE LA FRANCE de la France, dans la région littorale de la Méditerranée el principalement dans le Var.

FAMILLE DES LACERTIENS

Les Lacertiens sont caractérisés par des dents creuses et appliquées contre la paroi interne des mächoires, par une tête conique plus ou moins pointue, par des doigts allongés et de forme variable selon les genres. La tête est recouverte de plaques qui ont reçu des dénominations différentes en raison de la position qu'elles occupent : rostrales, nasales, etc... Les veux sont grands, munis de deux ou trois paupières. Le tronc, ainsi que le cou, est couvert de petites écailles de forme variable. La longueur de la queue varie selon les espèces; on peut facilement distinguer les deux sexes à l'inspection de la base de la queue toujours plus renflée chez le mâle.

Les Lacertiens vivent dans les terrains arides ou sablonneux, dans les murailles, dans les ronces, dans les bois ou dans les prairies humides ; ils se creusent des galeries où ils passent l'hiver en léthargie. Ils sont vifs, courent et grimpent avec agilité. [ls recherchent les expositions chaudes et se nourrissent d'insectes, d’araignées, de vers et de mollusques. Ces reptiles changent de peau plusieurs fois dans le courant de l'été ; lorsque leur vieille peau se détache partiellement, ils s’en débarrassent par le frottement contre les pierres ou les broussailles.

SAURIEXS 53 Genre Lacerta (Lin), Lézard,

Dans ce genre le tronc est épais, le dos relevé ou convexe transversalement ; la tête, de dimensions variables, présente un profil plus ou moins busqué.

Les Lézards recherchent des lieux différents suivant les espèces; mais tous choisissent de préférence des terrains bien exposés au soleil. C’est, en effet, en plein soleil qu'ils ont la plus grande activité et poursuivent avec ardeur les mouches et les insectes dont ils font leur nourriture.

« Ils se tiennent cachés dans leur trou pendant les journées froides et pluvieuses. C'est pourquoi les espèces de nos pays hivernent avant que l'hiver ne fasse ressentir ses rigueurs. Certaines espèces sont, du reste, plus frileuses les unes que les autres. Dans leurs résidences d'hiver qu'ils habitent généralement en commun, les lézards demeurent immobiles, les yeux fermés, la bouche ouverte, dans un état de mort apparente ; si on vient à les réchauffer artificiellement, ils reviennent à la vie, respirent, ouvrent les yeux et deviennent de plus en plus gais. » (Brehm.)

C’est au moyen de leurs ongles acérés et avec l’aide de leur museau, qu'ils se creusent un terrier étroit, un peu tortueux et terminé en cul-de-sac. Ce terrier, chez les grandes espèces, n’a généralement guère plus de soixante centimètres de profondeur.

Ils sont très carnassiers et dévorent une grande quantité d'insectes. Lorsqu'on veut les saisir, ils mordent vigoureusement sans lâcher prise, mais leur morsure n'est pas venimeuse. Mis dans l’imvossibilité de

54 HISTOIRE NATURELLE DE LA FRANCE mordre, ils cherchent encore à se défendre avec les ongles.

La femelle dépose ses œufs dans un trou creusé exprès dans le sol, souvent aussi sous des pierres ou des débris de végétaux, car ces œufs ont besoin d’une certaine humidité pour se développer. Ils sont oblongs et d’une teinte blanc sale. Le nombre varie de sept à treize, selon les espèces.

La queue des Lézards est extrêmement fragile : « Ce membre se rompt au moindre choc ou à la moindre traction. L'animal, ainsi privé d’une partie plus ou moins longue de lui-même, fuit sans paraitre incommodé par l’accident, tandis que le bout séparé du tronc s’agite sur le sol pendant longtemps encore. Ces ruptures arrivent fréquemment dans la vie ordinaire des Lézards : la chute d’une pierre dans une rocaille ou la simple morsure d’un congénère jaloux suffisent souvent à briser ce membre fragile; à bien plus forte raï-

PS sisi

son se rompra-t-il si un chien s'amuse avec le petit

Saurien,ou si quelque gamin le frappe sur cette partie. La plaie est promptement cicatrisée et la queue repousse assez vite, mais non sans laisser des traces de la fracture, soit dans un trouble de l’écaillure, soit dans un brusque changement de dimension ou de coloration. Il arrive quelquefois que, par suite de lésions secondaires ou de pressions faites par un corps étranger, La queue se divise, en repoussant, en deux ou plusieurs branches, et l’animal, ainsi pourvu de deux ou trois queues, devient pour beaucoup de gens un être fabuleux. Cette partie semble presque, chez le Lézard, un moyen de salut et comme un moyen de tromper qui

SAURIENS 25 le poursuit; il laisse volontiers, sinon son habit, du moins sa queue dans les mains de celui qui veut s’emparer de sa personne. » (Fatio).

Nous possédons en France plusieurs espèces de Lézards :

Lézard ocellé (Zacerta ocellata. Daud.)

Le Lézard ocellé est le plus grand de nos Lézards et en même temps le plus remarquable par la richesse

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Lézard ocellé.

de ses couleurs : sur un fond d’un brun verdâtre son corps est ondé de lignes d’un jaune citron; ses flancs sont ornés de taches ocellées d’un bleu cendré et entourées de brun; sa tête est verte et le dessous du corps d'un blanc jaunâtre. Lorsque cet animal est exposé au soleil, ses couleurs présentent un ensemble chatoyant de vert, de bleu et de brun.

Dugès (1), qui a étudié spécialement les Lézards de France, a constaté que sa coloration varie à trois âges

(1) Ducs, Mémoire sur les espèces indigènes du genre Lacerta.

56 HISTOIRE NATURELLE DE LA FRANCE différents. Elle est d'abord tachetée, puis ocellée et enfin réliculée. Les écailles du dos sont granuleuses, arrondies, convexes et juxtaposées,

Ce Lézard, qui atteint fréquemment une longueur de près d’un demi-mèêtre, s'établit de préférence dans un sable dur, sur une pente rapide et abrupte, exposée au midi ou au sud-est, et recherche les racines des vieilles souches el les vieilles murailles. Agile et robuste, il poursuit incessamment les gros insectes dont il fait sa nourriture : Cigales, Sauterelles, Hannetons, etc... Il s'attaque aussi aux petits mammifères, aux jeunes oiseaux, et fait volontiers sa proie d’autres Lézards plus petits. On l’accuse même de dévorer Les œufs des petits oiseaux.

« Lorsqu'il observe une proie, dit Schinz, il l'épie avec des yeux brillants fixement dirigés sur elle, puis se jette dessus avec une extrême rapidité; il la saisit entre ses mächoires, puis l’avale après l'avoir plusieurs fois secouée, »

Plus paresseux que les autres Lézards, il est le dernier à apparaitre au printemps et le premier à s’engourdir à l’automne. Quand on veut le saisir, il mord avec acharnement et se défend à l’aide de ses ongles; nous avons déjà dit que sa morsure ne présente aucun danger.

Ses œufs, au nombre de 7 à 9,sont oblongs et de couleur blanchätre.

Le Lézard ocellé habite le Midi de la France; il est très commun aux environs de Nice et de Montpellier, mais c’est à peine s’il dépasse au nord le département de la Charente-Inférieure.

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