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souvent enroulés en paquets et entrelacés entre eux, que les beaux jours viennent les rendre à la vie; l'hivernation cesse en général au milieu de mars et c’est alors que ces animaux se recherchent. » (Biehm.)
Au printemps on trouve fréquemment les Aspics par couples, mâle et femelle et souvent même dans le courant de l’élé; un jour, en chassant, je fus témoin d’un de ces accouplements : j'avais remarqué, de loin, sur les basses tiges d’un genêt une masse rougeätre que je pris, à première vue, pour un Ecureuil ; en m’approchant, je pus me convaincre que j'avais affaire à deux Aspics enroulées ensemble pour l’accouplement, les deux têtes reposant l’une sur l’autre; je me donnai la satisfaction de terminer brusquement, par un coup de fusil, les amours de ces deux reptiles.
Les femelles mettent au monde, vers le commencement d'avril, des petits dont le nombre varie de 8 à 15 et qui sortent vivants du corps de leur mère, entrainant après eux les débris des œufs dans lesquels ils étaient renfermés ; ces jeunes Vipéreaux mesurent, dès leur naissance, de 15 à18 centimètres de long.
On a beaucoup exagéré le pouvoir de fascination que posséderait la Vipère ; il est toutefois un fait incontestable, c'est que les chiens de chasse tombent en arrêt
sur la Vipère comme sur le gibier, J’ai eu l’occasion
d’être témoin oculaire de ce fait dans les circonstances suivantes : Par une belle journée d'automne je chassais
- dans le département du Loir-et-Cher, lorsqu'en traversant, au milieu des bois, uneclairière abondamment
tapissée de bruyères, mon chien se mit subitement en o
arrêt; je m'attendais à voir partir une pièce de gibier que je m’apprêtlais déjà à tirer, lorsque le pauvre animal se rejeta brusquement dans mes jambes en poussant un cri de douleur : il était en arrêt sur une Vipère qui venait de le mordre à la lèvre supérieure. Je me hâtai de rentrer au logis et, quoique le trajet ne füt » que d’enviror quinze minutes, mon pauvre chien me suivit avec peine, secouant sans cesse sa tête qui était déjà horriblement tuméfiée. Dès mon arrivée, j’examinai la pluie et je constatai la présence des deux points rouges où avaient pénétré les crochets de la Vipère; la plaie était enflammée et présentait, sous la pression du doigt, un bourrelet très dur entourant les traces de la morsure. Je débridai la plaie à l’aide d'un canifet je la cautérisai avec de l’alcali. Je fis ensuite coucher l’animal qui refusa toute nourriture pendant trois jours, se contentant de boire du lait ; le quatrième jour il se leva et le lendemain, quoique affaibli, il put se remettre en chasse.
La Vipère aspic se nourril de petits Mammifères ou d’'Oiseaux qu’elle empoisonne avant de les avaler. Elle a de nombreux ennemis parmiles animaux : les Rapaces diurnes et nocturnes, les Cigognes, les Corbeaux qui s’en emparent adroitement, en évitant sa morsure. Le Hérisson passe pour être l'ennemi naturel de la Vipère, et, gräce à sa faculté de pouvoir s'enrouler de facon à ne présenter qu'une boule hérissée de pointes, il redoute peu le venin du Reptile; on devrait, pour cette raison, ne pas détruire ce mammifère, qui est, . d’ailleurs, un puissant auxiliaire des agriculteurs par la chasse active qu'il fait aux Insectes et aux Limaces.
Mais la Vipère n’a pas d’ennemi plus acharné que
l'Homme et ce n'est que gräce à la guerre continuelle qui lui est faite dans certaines parties de la France que . l'on est parvenu à arrêter la propagation de ce dange- | reux Reptile, dont la tête est mise à prix dans quelques - départements : le docteur Viaud-Grand-Marais rapporte qu'une chasseresse de Vipères de la Vendée tuait, en - moyenne, 2062 de ces animaux, ce qui lui faisait une * rente de 515 francs bon ou mal an. La Côte d'Or et le Poitou sont également infestés de Vipères : en 1865 le conseil général de Dijon a alloué un crédit de 1848 fr. 40 pour la destruclion de 26,161 Vipères à raison de O fr. 30 par animal. Dans les Deux-Sèvres une somme de 13,965 fr. 50 aurait été allouée en prime de 0 fr. 25 centimes pendant les années 1864 à 1868, ce qui représente le chiffre énorme de 55,462 Vipères détruites en cinq ans dans ce seul département. Dans le courant de l’année 1889, 1163 Vipères ont été détruites dans cinq communes de l’arrondissement de Bressuire. Une seule personne à tué 112 Vipères dans la commune de la Ronde.
Assez rare dans le Nord-Ouest de la France, on ren- . contre la Vipère aspic dans l'est et à peu près dans toutes les autres parties de la France.
Vipère péliade (Peas berus. Dum. et Bibr.) “fig. 5-6, p. 99).
Merren à distrait cette espèce du genre Vipère pour
en former le genre Pelias adopté par la plupart des . Herpétologistes modernes; cette distinction entre ces deux genres est fondée sur la présence chez l’un, l'absence chez l’autre de trois plaques sur le milieu de
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la tête, partout ailleurs recouverte de petites squammes. Ces caractères ne sont pas très constants et si le Pelius berus etla Vipère aspic sont deux espèces très voisines, quoique parfaitement distinctes, les différences qui les séparent ne nous paraissent pas assez sensibles pour justifier le classement de ces deux espèces dans deux genres différents.
La Vipère péliade est très variable dans la taille, dans les proportions et dans la coloration : le corps est épaissi dans la région du cou, très aminci dans le dernier tiers, de manière à se continuer directement avec la queue qui est courte.
La tête est assez allongée, moins séparée du cou que chez la Vipère aspic, assez aplatie, doucement arrondie en avant.
La coloration de cette espèce est très variable et le seul caractère constant est la présence d’une ligne noire ou brune flexueuse sur le dos ; elle est parfois interrompue, de distance en distance, de manière à former des taches le plus souvent irrégulières, parfois séparées, parfois réunies entre elles parune ligne mince. La teinte générale du corps varie du gris au noir et on trouve chez la Péliade les mêmes variétés : grise, rouge ou brune, que l'on rencontre chez la Vipère aspic.
La tête est généralement tachetée d'une manière constante : le dessus est orné de deux lignes longitudinales, entourées de taches et de raies, souvent reliées entre elles par une tache de mème couleur et s'écartant en arrière en forme de triangle dont le sommet est dirigé en avant. Le dessous du corps est le
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plus souvent gris sombre ou noirâtre. L'œil est grand,
arrondi; la couleur de l'iris est habituellement un
rouge peu ardent.
La Vipère péliade, dont la longueur est de O0 m, 35 à 0 m. 45, habite les landes, les bois, les pentes pierreuses, les parois de rochers recouverts de broussailles, « Elle préfère par-dessus tout des cavités se trouvant sous des arbres déracinés, des amas de pierres, des trous de Taupes ou de Souris abandonnés, un terrier de Lapin, des fentes de rochers, des endroils aux environs desquels existe une petite clairière bien exposée aux rayons du soleil auxquels se chauffe fort volontiers l'animal. On trouve cette Vipère, pendant le jour, constamment aux environs de son repaire; elle y retourne et s’y cache au moindre danger. » (Brehm.)
Ce Serpent n’est pas pour cela un reptile diurne et ce n'est réellement qu'avec la crépuscule que commence toute son activité.
La Péliade se nourrit de petits Mammifères : de Taupes, de Musaraignes, de Mulots, et même de petits Oiseaux, mais rarement de Lézards et de Grenouilles.
La femelle pond en août et en septembre; les jeunes Péliades, à leur naissance, sont déjà longues de 23 centimètres.
Cette Vipère, très commune dans certaines parties de l’Europe, et surtout en Allemagne, n’est pas rare en
France, principalement dans la région de l'Ouest, où
elle est commune en Normandie et dans la Vendée.
Vipère ammodyte |Vigera ammonytes. Latr.).
Nous donnons à titre de renseignements la descrip-
7 —— LS Puis LA
118 HISTOIRE NATURELLE DE LA FRANCE s tion de cette espèce (fig. 7-8, p. 99) dont l'existence en France mérite confirmation.
Cette Vipère, dont les formes générales sont celles de l’Aspic, est facile à reconnaître à son museau relevé en pointe molle couverte de petites écailles. Le dessus de la tête qui est aplati, est également protégé par des écailles, ainsi que le tronc, où elles sont disposées suivant vingt et une ou vingt-trois séries.
La coloration est aussi variable que celle des deux espèces précédentes : le corps est le plus souvent d’un jaune brun, quelquefois relevé de rouge. Le ventre est jaunâtre, tacheté et ponctué de brun ou de noir.
L’Ammodyte recherche les lieux montueux, arides et pierreux, bien exposés ausoleil. Sa nourriture consiste en petits Mammifères, en Oiseaux et en Lézards.
Cette Vipère, que l’on trouve communément dans le Tyrol, est si rare en France que son existence y est con-
testée; mais plusieurs naturalistes prétendent l'avoir trouvée dans le Dauphiné.
Les Batraciens ont été longtemps confondus avec les autres Reptiles, dont ils sont cependant séparés par des caractères très sensibles. Les Reptiles, en effet, à toutes les périodes de leur existence, respirent l'air en nature au moyen de leurs poumons, tandis que les Ba-
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