‹ Reptiles et poissons de l'Afrique occidentale. Étude précédée de considérations générales sur leur distribution géographiqueChapitre 17 sur 57 · IX. Amphisbéniens · texte numérisé non relu

IX. Amphisbéniens

Des caractères si remarquables éloignent les Amphisbéniens de tous les autres Sauriens, qu'ils doivent être considérés comme constituant, dans cet ordre de la classe des Reptiles une famille parfaitement distincte i.

Elle ne renferme qu'un très-petit nombre d'espèces africaines, parmi lesquelles je dois en citer d'abord trois, dont je n'ai pointa m' occuper. Ce sont les suivantes: Trogonophis Wiegmanni, Kaup, de l'Algérie2; Amphùbœna violacea, Peters, de Mosambique {Monatsber., etc., 1854, p. 620), et Monopeltis capemis, Smith (///. zool. S. Afr., pl. 67), qui représente une division dans le genre Lépidosterne.

Sur la côte de Guinée, on a trouvé l'espèce dite Amph. leucura, Dum. Bib. (Cynisca leucura,, Gray).

M. Hallowell a décrit, sous le nom dePhractogonus5 galeatus, un Lépidosterne de Liberia; on pourrait le considérer comme type d'un sous-genre, malgré l'analogie que semble établir entre l'espèce dont il s'agit et le Lépidost. scutigère

du Cap, et celle de la T. aurantiaca, Peters, de Mozambique, vues en dessus, montrent, par la disposition du revêtement squammeux de la tète, les différences qui distinguent l'un de l'autre les genres Anelytrops et Typhline.

1. J'ai cherché à préciser nettement le rang que les Amphisbéniens doivent, occuper parmi les Sauriens dans un travail inséré en 1852, dans la Revue de zool., p. 401 et suivantes. (Voyez plus haut, p. 177, note 2.)

2. Une autre espèce [Amph. cinerea, Vandelli ) se rencontre également dans le nord de l'Afrique à Tanger; mais elle a aussi pour patrie certaines contrées du midi de l'Europe : le Portugal et l'Espagne. Toutes les autres Amphisbènes et les Lépidosternes proprement dits, vivent dans l'Amérique du sud, et la singulière espèce, nommée par Cuvier, Chirotes canulkulatus, la seule qui ne soit pas apode, mais qui n'a que des membres antérieurs, a été trouvée au Mexique.

3. eppaxTo';, munitus, et ■yûvoç, angulus, élymologie donnée par M. Hallowell (Proceed. Acad. nat. se. Philad., 1852, p. 62, fig. dans le texte, et 1857, p. 50).

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(Cephalopeltis Cuvieri, J. Millier), la présence de deux plaques sus-céphaliques seulement.

Si l'on néglige dans la diagnose du genre Lepidosteme proprement dit le nombre de ces plaques de la tête, variable, selon les espèces, depuis un jusqu'à seize, et si Ton s'attache plus spécialement à ces deux faits que, dans ce genre, 1° les narines sont percées dans la rostrale, et 2° les pores pré-anaux manquent, il est évident que le Phractogone, qui porte, au milieu de chacune des extrémités du cloaque, un pore pré-anal, et dont les narines sont ouvertes non dans la rostrale, mais dans des nasales bien distinctes, diffère, par deux points assez essentiels, des Lépidosternes. proprement dits \.

Veut-on, au contraire, n'attacher que peu d'importance à ces particularités, il faut alors comprendre, parmi ces derniers, tous les Amphisbéniens à grandes plaques pectorales, quel que soit le nombre des pièces dont se compose le revêtement sus-cranien 2, et sans tenir compte, autrement que comme caractères spécifiques, de la situation des narines et de la présence ou de l'absence des pores au-devant de l'anus.

Quoi qu'il en soit, je laisse ici, sous le nom de Phractogonus galeatus, l'espèce que M. Hallowell a, le premier, fait connaître dans une description détaillée, dont j'ai retrouvé tous les principaux traits sur trois individus parfaitement semblables entre eux et rapportés du Gabon par M. Aubry-Lecomte.

Je ne constate que de petites différences qui ne suffiraient pas pour motiver une distinction spécifique.

Ainsi, 1° et c'est la dissemblance la plus importante, au lieu de

Dents inter-maxillaires : 1 — 1; maxillaires : je compte, comme sur tous les Amphisbéniens dont a pu étudier le système dentaire, un nombre impair de

1. Peut-être pourrait-on également, comme l'a fait M. A. Smith, établir un autre sous-genre pour l'espèce du Cap, qu'il a décrite sous le nom de Monopeltis capensis (lllustr. z-ool. S. Afr., pl. 67), retrouvée par M. Peters sur la côte de Mozambique [lac. cit., p. 620), et dont la plaque sus-cranienne est unique. Les motifs de cette nouvelle division seraient que les narines s'ouvrent chacune dans une plaque nasale, mais que, comme chez les Lépidosternes proprements dits, il n'y a pas de pores pré-anaux.

2. Voici ces nombres : L. (Monopeltis) capense, Smith (loc. cit., pl. 67), 1 plaque; L. scutigerum, Dam., Bib. [Cephalopeltis Cuvieri, J. Miïll.), (Erpét. génér., t. V, p. 509), etL. (Phractogonus) galeatum, Hall. (Proceecl., 1852, p. 62, et 1857, p. 50), 2 plaques; L. oc.tostegum, A. Dum. (Cat. Rept. Mus. Par., p. 150), 8 plaques; L. microcephalum, Wagl., Serp. Bras. (Erpét. générai. V, p. 505), 10 plaques; L. phocœna, Dum., Bib. (Id., p. 507), 12 plaques; L. polystegum, A. Dum. (Cat. Rept., p. 149), 16 plaques.

dents inter- maxillaires ; la médiane est la plus forte et la plus longue. Il y en a 7, et maxillaires : ~6.

2° Parmi les quatre scutelles placées le long du bord de la rostrale, ce sont les externes et non les médianes, fort petites au reste, qui sont percées par les narines.

3° Quoique le nombre et la disposition des plaques du sternum soient semblables, il y a de légères différences dans leur forme.

4° Enfin, on compte, sur le tronc, 226 anneaux, et 20 à la queue; M. Hallowell en indique 214 et 18.

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