II. AGLYPHODONTES OU SERPENTS COLUBIUFORMES NON VENIMEUX
HOLODONTIENS.
Celte famille, divisée comme elle l'a été dans le 7° volume de YErpét. génér. s p. 26-29, comprend deux groupes: les Pythonides et les ïortricides'2. Aucun de ces derniers, qui sont des Serpents fouisseurs, n'a été, jusqu'ici, trouvé dans l'Afrique occidentale où vivent, au contraire, plusieurs espèces de Pythons. L'une, figurée par Séba sur plusieurs de ses planches, a conservé, au Musée de Paris, le nom de ce célèbre collecteur : Python Sebœ, parce qu'elle a été introduite par Gmelin sous cette dénomination spécifique dans la 1 3' édition du Systema nattirœ de Linné. La Ménagerie du Muséum l'a reçue du Sénégal, à plusieurs reprises3.
choire inférieure, ont été représentés avec une exactitude parfaite sur les fig. 'I et 2, plus grandes que nature, de la pl. Lxxvde Y Atlas annexé à YErpét. génér. Elles sont dues au crayon facile, élégant et très-fidèle, de M. F. Bocourt, qui a également dessiné la pl. xxi de la Rev. de zoul., 1856, planche à laquelle je renvoie comme pouvant servir de complément à la description ci-dessus.
C'est ce même artiste qui, avec M. Oudart, dont les zoologistes connaissent aussi le talent, a exécuté les dessins joints au présent Mémoire.
1. Parmi les douze familles rapportées à ce sous-ordre, par mon père, par Bibron et par moi (voy. le résumé de la classification des Aglyphodontes, Erpét. génér., t. p. 4 9-25), il en est plusieurs, dont aucune espèce n'a encore été trouvée dans l'Afrique occidentale. Je les cite ici pour n'avoir plus à y revenir. Ce sont les familles des Acrochordiens, des Upérolissiens et des Plagiodontiens.
2. Quoique l'histoire détaillée des espèces appartenant à ces deux sous-familles soit consignée dans le t. VI, je cite le VIIe, parce que c'est là seulement que les auteurs, se conformant d'une manière plus absolue aux exigences de leur classification, fondée sur les différences du système dentaire, ont mis, à la suite des Pythoniens, les Tortricides, qui en avaient été d'abord éloignés.
3. J'ai donné quelques détails sur les différents Pythons de Séba, reçus jusqu'à ce jour à la Ménagerie du Muséum, ou, pendant un an, l'on en a possédé un, qui était fort remarquable par ses très-grandes dimensions (5m, 25) et par son volume, car dans sa plus grande épaisseur, il présentait un diamètre de 0m, 18. Nous y conservons aussi plusieurs individus de l'espèce nommée Python royal. (Voir ma Notice historique sur la Ménagerie des Reptiles, Arch. du Mus., t. Vit, p.
190 ARCHIVES DU MUSÉUM
Une seconde espèce, Python regivs, D. B. (Shaw), dont les dimensions ne sont probablement pas aussi considérables, à en juger d'après nos exemplaires, babite, comme le précédent, le Sénégal, et sans doute, d'autres points de la côte océanienne de l'Afrique. Nous l'avons reçu vivant de la côte des Mandingues.
M. Jan, dans son Iconographie des Ophidiens, encore manuscrite1, mentionne une espèce particulière de la Côte d'Or (Guinée) et inédite, Python hieroglyphicus Schlegel. Elle nous est inconnue 2.
Aprotgrodontiens.
Des deux sous-familles comprises dans celte division (Erpél. génér., t. VII, p. 29-32), la seconde, celle des Boœides, dont le plus grand nombre des espèces se trouve en Amérique et quelques-unes à Madagascar, ne paraît pas, jusqu'ici, être représentée sur le continent africain. — A la première, au contraire, celle des Erycides, il faut rapporter deux espèces :
L'une est l'Eryx de la Thébaïde (E. thebaicus, Et. etlsid. Geoffr.); recueillie d'abord dans le pays dont elle porte le nom, elle a été adressée du Sénégal au Musée de Paris , qui possède plusieurs échantillons de cette provenance.
1. A l'occasion des Serpents, j'aurai souvent à citer ce remarquable travail qui, basé sur l'examen comparé des espèces de la plupart des Musées de l'Europe, contiendra près de deux mille dessins, dont souvent plusieurs sont consacrés à une seule espèce. Chaque figure portant tous les détails de l'écaillure nécessaires à noter, nul ouvrage, jusqu'à ce jour, n'aura offert des matériaux aussi abondants et aussi utiles peur les déterminations spécifiques.
J'ai vu, dans l'automne de I838, 1,300 dessins déjà achevés, et auxquels beaucoup d'autres ont été ajoutés depuis ce moment. J'ai cherché alors à appeler l'attention sur l'importance extrême de cette œuvre immense dans une lettre annexée [Revue de zool., 4 £58, p. 439) à l'exposé du plan de cette Iconographie inséré dans ce Recueil par M. Jan lui-même, qui, ultérieur' ment, y a donné, avec des planches, le prodrome de sa classification des espèces venimeuses (/(/., 1 858 et 1 859). Les zoologistes doivent très-vivement désirer l'apparition de cet ouvrage appelé à rendre les plus précieux senices à l'Erpétologie. On peut en juger, dès à présent, pour les serpents de l'Afr. occidentale, par les nombreuses et utiles indications extraites de ce grand travail et que je dois à l'obligeance de ce savant naturaliste. J'aurais voulu pouvoir insérer ici les diagnoses des espèces nouvelles qu'il a nommées, et y joindre les figures qui les accompagneront dans son texte, mais retenu par l'obligation de ne pas dépasser les limites imposées à cette Etude, je ne donne que quelques-unes de ces fig. pl. xix.
2. D'après une indication fournie par M. Hallowell lui-même [Proc. Ae. Phi/., 1857, p. 66), il n'y a pas lieu de considérer comme distinct du Python de Séba, celui qu'il a nommé P. liberiemis, [Iâ., 1 844, p. 249), puis, plus tard, par mégarde, (kl., 1854, p. 100), Boa liberiemis.
L'autre espèce, originaire de la Côte d'Or, est nommée par M. Schlegel Eryx Reinhardtii (Bijdragen, etc., Recueil de la Société Natwa artis magistra, 1848- 1854, t. I, pl. sans n° et texte explicatif). Considérant les Eryx proprement dits et le Platygastre mullicaréné, Dum. Bib. (Eryx multocarinatus, Pérou) comme de véritables Eryx, ce zoologiste admet que les premiers forment dans ce genre une subdivision, et qu'il faut établir pour le second une subdivision différente l.
Néanmoins, de même que l'espèce décrite par Pérou a dû devenir le type d'un genre part iculier, il semble qu'il convienne de séparer des véritables Eryx, au moins comme type d'un sous-genre particulier, l'espèce nouvelle. Ainsi que le Platygastre, elle a la tète garnie de plaques, mais conformément à ce qui se remarque cbez les Eryx, elle a les gastrosléges fort étroites et la queue courte. Ces deux derniers caractères montrent que, si une nouvelle coupe générique n'est peut-être pas absolument nécessaire pour le classement de ce Serpent, sa place est à la suite des vrais Eryx, dont il difïèrc, on doit bien le noter, par la présence de plusieurs plaques disposées avec symétrie sur la région sus-cépbalique.
Peut-être, comme le fait observer M. Gûnther {Cal., p. 280, Appendix), faut-il rapporter à cet Eryx de Reinhardt le Serpent du Vieux Calabar et de Fernando-Po, nommé par M. Gray Calabar ia fusca (Proceed., zool. Soc., 1858. p. 154, pl. xiv).
On remarque, en effet, de grandes analogies entre eux. Les lus remarquables consistent en ce que ce sont des Eryx à plaques régulières sur la tête et dont la queue, malgré sa brièveté, montre cependant une certaine tendance à s'enrouler un peu en dessous.