M. Schlegel caractérise ainsi ces deux groupes
I. Tète revêtue en grande partie d'écaillés; narines s' ouvrant entre trois plaques ; queue très-courte (Eryx jact/lus, thebaîcus, conicus, Johnii).
II. Tète revêtue de plaques, excepté sur l'occiput, les joues et la gorge; narines s'ouvrant au milieu d'une plaque nasale; queue courte ou de moyenne longueur [Eryx Reinhardtii, multicarinatus , [Plalygaster multicarinatus, Dum., Bib.]).
Calàmariens.
Dans cette famille, on a décrit, comme originaire de la Guinée, une espèce, Calamaria meleagris, Reinh. (lue. cit. t. X, p. 238, pl. i, flg. 4-6), dont le museau offre, à ce qu'il paraît, quelque analogie avec celui des Hétérodontes. Elle est, pour M. Gray (Cat. snakes, 1849, p. 80), le type de son genre Prosymna. Elle a été vue par M. Jan, qui la tient de la Côte d'Or, mais elle ne fait pas partie des collections du Musée de Paris où l'on ne connaît pas non plus un Calamarien, de l'Afrique occidentale, à urostéges non divisées, à écailles lisses formant quinze rangées longitudinales, et sans plaque frênaie : Elapops modeslus, Gùiith. (Ann. and Mag. nat. hist., sept. 1859, pl. iv, fig. G). Il offre, dans ses caractères génériques, la plus grande analogie avec le genre Aspidura, Wagler. (Erp. gén., t. VII, p. 127).
CORYPHODONTIENS.
Sous le nom de Meizodon (de jmÇwv, plus grand, et de ô&où;, dent), M. Fischer (Abhandl. Gebiete Naturw. Hamburg, 1856, t. III, p. 112, pl. 3, fig. 3a, b et c) fait connaître, comme type de ce genre, une espèce de Péki (Afr. occident.): Meizodon. regularis, qui manque au Musée de Paris.
En raison de l'accroissement progressif en longueur des dents de la mâchoire supérieure d'avant en arrière, d'où est tirée la dénomination générique, ce zoologiste place ce serpent parmi les Coryphodontiens, Dum, mais par sa conformation générale, il est analogue aux Ablabes, Dum. (fam. des Isodontiens). De la réunion de ces deux ordres de caractères est née la nécessité d'une nouvelle coupe générique. Il semble cependant que ce soit une vraie Coronelle.
Isodontiens.
Le Musée de Paris ne possède pas un seul Ophidien de l'Af. occid., appartenant à cette famille à laquelle M. Jan [Iconogr, M. S.) rapporte huit espèces : Dendrophis inornatus,}sL\\, D. scandens, Id., Elmina (Hamb.), D. melanostigma, ld., Afr. occ. (Milan); Elaphis tetragrammicus, Id., Côte d'Or (Bâle), E. picturatus, Id., Peki (Hamb.); Ablabes tigrinus, là., Côte d'Or^Bâle), A. elegans, Id., Afr. occid. (Hamb.), A. albo-reticulatus, Id., Sierra Leone (Stuttgart). J'ajoute Graya silurophaga, Gûnth., Afr. occid. (Londres) Cat., p. 51.
Lycodontiens.
Plusieurs espèces colubriformes des mêmes régions ont, en raison des inégalités de leurs dents soit de la mâchoire supérieure, soit de l'inférieure, leur place marquée dans la famille dont le nom indique cette particularité remarquable.
Quelques-unes doivent prendre rang dans la sous-famille des Boœdon iens, Dum. Bib. 1 et particulièrement dans le genre Boaedon. La première, déjà indiquée dans YErpét. génér., t. YII, p. 359 : Boœdon unicolor, Dum. Bib. {Lycodon unicolor, Boie) est originaire de Cap-Lahou (Guinée supérieure) el de la Côte d'Or. (Voir pour les détails de la tête pl. xvii, fig. 1 et 1a, et fig. 5 pour la tête osseuse, ainsi que pour la disposition du système dentaire).
C'est de la même côte et de l'île Bissao, située à une petite distance de l'embouchure du Rio-Grande, que le Muséum en a reçu une autre, décrite pour la première fois dans YErpét. génér. : Boœdon quadri-lineatum. Elle est bien caractérisée : 1° par les deux lignes claires que l'on voit de chaque côté du tronc, mais qui sont moins apparentes sur les régions postérieures que sur les antérieures; 2° par d'autres particularités. (Voy. les détails de la tête sur les Gg. 4 et 4 a, de la pl. xvn) 2.
On trouve encore dans cet ouvrage, p. 304, une espèce inconnue jusqu'alors des zoologistes; malheureusement, elle y a été considérée, par erreur, non comme inédite, mais comme identique à celle que M. Smith, dès 1831, avait nommée Lycodon capensis [Illustr. zool. S. Afr., pl. v), et dont M. Sclilegel a fait, en 1836, son Lycodon Jlorslockii, seconde dénomination qui, comme un le voit par les dates, ne peut pas être conservée3.
1. Une erreur s'est glissée dans la rédaction du tableau synoptique des genres (Erpét. génér., t. VII, p. 357), car, ainsi que cela est dit dans la diagnose du genre Bosedon, et contrairement à ce que porte le tableau, les premières dents sus-maxillaires, plus longues que les suivantes, en sont séparées par un intervalle libre. Voyez la fig. 5 de la pl. xvn de ce Mémoire.
2. Il n'y a pas lieu, contrairement à ce que M. GUnther suppose (Cat., p. 199;, de réunir en une seule espèce le B. capense et le B. quatre-raies, qui est nommé [Erp. génér.) B. lineatum.
3. Le Lycophidion Horstockii de YErpét. génér. (t. VII, p. 412) doit donc prendre désormais, à cause des droits d'antériorité acquis à M. Smith, le nom de Lycophidion capense, et il faut lui appliquer la synonymie attribuée [ld., p. 364) à l'espèce qui, bien que nouvelle, y a été signalée, à tort, comme semblable au Lycodon capense, Smith.
AncuivEs du Muséum. T. X. 23
ARCHIVES DU MUSÉUM
Quant à la nouvelle espèce de YErpét. génér., p. 36i(Boœdon capense, pl. xvn de ce Mémoire, fig. 3 et 3a, représentant les détails de la tête), il est bien difficile de n'y pas rapporter le serpent de l'archipel de Los (Afr. occid. ) dont M. Hallowell [Proceed. Ac. nat. se. Philad., 1857, p. 54) a fait le type du Boœdon quadrivittatum, qui devrait être rayé des catalogues erpélologiques, si cette identité, comme j'ai tout lieu de le croire, est réelle1.
Faut-il y laisser une espèce du Gabon nommée par M. Hallowell (Id., 1857, p. 55-56) Boœdon quadrivirgaùum 2 ? J'hésite à le croire lorsque, m'aidant de la description détaillée donnée par ce naturaliste, j'étudie un jeune individu qu'il a obtenu de l'Académie de Philadelphie pour le Musée de Paris, ainsi qu'une autre Couleuvre de plus grande taille, mais semblable, recueillie au. Gabon par M. Aubry-Lecomte, et quand je les compare à la description et à la figure du Boœdon nigrum de Fischer (Abhandl. Gebiete Naturw., Hamb., 1856, t. III, p. 91, pl. m, fig. 2a, 2b, 2c), espèce vue et admise par M. Jan. Cette dernière dénomination devrait donc, par droit d'antériorité, être adoptée de préférence à la première. En raison de cette incertitude, j'ai cru utile de faire représenter sur les fig. 2 et 2a de la pl. xvn jointe à ce Mémoire les détails de la tête du B. noir s.
1. N'ayant pas vu la Couleuvre décrite par M. Hallowell, je ne puis pas me prononcer d'une manière absolue sur cette identité; mais je ne trouve d'autres différences que celles-ci : notre individu a 2 plaques pré-oculaires au lieu d'une seule, et le nombre déjà considérable de ses rangées longitudinales d'écaillés est de 27, et non pas de 29.
L'antériorité des noms doit toujours être respectée. Il conviendrait donc d'accepter, et pour le Serpent du Musée de Paris, et pour celui du Musée de Philadelphie, la dénomination de Boœdon capense, bien que l'espèce ainsi désignée semble avoir pour patrie, non pas seulement le sud, mais aussi l'ouest de l'Afrique.
2. Elle avait reçu d'abord de ce zoologiste (Proceed. Ac. nat. se. Philad., 1854, p. 98) le nom de Ccelopellis virgata, abandonné depuis avec raison, car elle manque des caractères tirés de la conformation de la tête et tout à fait propres à ce genre nécessairement classé, d'ailleurs, parmi les Opisthoglyp'ues, à cause du sillon des dents postérieures plus longues que celles qui les précèdent.
J'avais déjà signalé (Rev. de z-ool., 1856, p. 464) ces différences remarquables, qui ne permettent pas de rapprocher le Serpent dont il s'agit du Cœlopeltis de Wagler, mais je l'y avais, à tort, assimilé au Boxdon capense, qui en est distinct.
3. La seule différence offerte par ces figures (et pour l'espèce de M. Fischer il n'y a pas d'autres éléments de comparaison puisqu'elle manque au Musée de Paris) consiste en ce que les plaques du dessus de la tête, sur notre dessin, d'ailleurs très-exact, sont proportionnellement plus courtes.
Suivant M. Glinlher, ce B. nigrum, Fischer, pourrait bien être identique à l'espèce qu'il a inscrite en 1858 dans son Catal., p. 199, sous le nom de B. infernalis, originaire de l'Afrique australe. En raison des caractères tirés de l'écaillure, on serait porté à considérer ces Serpents comme semblables,
Le genre Boœdon, essentiellement africain, serait donc, d'après les détails qui précèdent, composé, quant à présent, des espèces dites, 1° B. unicolor, Dum. Bib. , Air., occid. : 2" B. quadrilinealum, kl. Id., de même origine ; 3° B. capense, Id. Id., et non Smith (B. quadrivittatum Hall.), Afr. occid. etmérid. ; 4° B. nigrum, Fischer (B. quadrivîrgatum, Hall., B. infemalis, Gùnther), du Gabon. Il faut y joindre 5° B. lemniscalurn, Dum. Bib., d'Abyssinie.
Je ne parle pas ici du B. geomelricum, Giiuther, car ce n'estqu'un changement de nom pour l'espèce classée dans VErpét. génér. comme Eugnathus geometricus. Le Musée de Paris, d'ailleurs, ne Fa jamais reçu de la côte ouest, qui en a fourni, au contraire, plusieurs individus à celui de Londres.
J'ai rangé près du genre Boœdon un serpent qui ressemble beaucoup aux. espèces qu'on y a rapportées, mais il offre cependant des particularités assez notables pour qu'il ait dû devenir le type d'un genre spécial :
IIoluiïopholide, Holuropholis, A. Dum.
Idem, kl., Revue de zoologie, 1856, p. 465.
Les cinq ou sir premières dénis sus-maxll/aires plus longues que les autres, dont elles sont séparées par un petit intervalle; les premières dents palatines et sous-maxillaires également jilus longues que celles qui les suivent; plaque nasale unique; écailles lisses; scute/les soir;caudales ou urostéges non divisées. — Deô'Xo?, entier, non divisé; oùpà, queue, et tpoXsç , écaille ',
Ces caractères essentiels montrent les analogies de ce genre et du genre Boœdon relativement à la disposition du système dentaire, mais aussi la différence importante, qui se remarque dans l'arrangement des urostéges, dont il y a, ici, un seul rang, tandis qu'elles sont divisées chez toutes les espèces de la famille des Lycodonticns. De plus, la narine s'ouvre au milieu d'une plaque nasale unique, contrairement à ce qu'on voit chez les Bosedons, qui ont deux nasales.
Je mentionne, comme caractères secondaires, les particularités suivantes, qui confirment ce fait, qu'il y a des analogies entre le nouveau genre et le précédent : une /rénale; une pré-oculaire ; deux post-oculaires; quatrième et cinquième sous-labiales bordant l'oeil en dessous 2; gaslrostéges à peine relevées vers les jlancs.
mais cependant, il n'est pas dit que l'espèce du Musée de Londres soit ornée, de chaque n'té de la tète, de deux lignes blanches. — Une anomalie assez singulière, signalée par M. Hallowell, ?e remarque sur notre exemplaire du Gabon : les inler-nasales sont, en partie, soudées aux pré- frontales.
1 . L'ordre des Ophidiens ne comprend que 22 genres à urostéges non divisées. Cinq de ces genres appartiennent, à la Faune de l'Afrique occidentale : 1° Holuropholis, A. Dum.; 2° Dipsadoboa, Gunth. ( I espèce) ; Polemon, Jan; 4" Elapops, Giinth.; 5" Jtracfaspis, A. Smith.
2. Dans la Rev. de zool. (loc. cit.), j'ai omis de signaler la cinquième plaque de la lèvre supérieure
ARCHIVES DU MUSÉUM
VI. Holuropholide olivâtre, Holuropholis olivaceus, A. Dum. Pl. XVI, Gg. 1a, \b, 1c, \ d.
Régions supérieures d'une teinte olivâtre et uniforme; régions inférieures plus claires, irrégulièrement nuancées de brun obscur.
Ce Serpent a beaucoup de rapports dans sa conformation générale avec le Bosedon du Cap ; il est même plus trapu que ce dernier; sa queue, sans être plus courte, est plus confondue à sa base avec le tronc.
La tète, peu élargie en arrière, est recouverte de neuf plaques régulières, qui n'offrent rien de spécial à noter. Les pariétales sont courtes, et ne dépassent pas le niveau de l'articulation delà mâchoire inférieure. La plaque nasale unique est allongée et percée par l'orifice de la narine, qui est irrégulièrement triangulaire et un peu dirigé en haut. La plaque frênaie a la forme d'un triangle à sommet supérieur. Les écailles du tronc, losangiques et de médiocres dimensions, sont disposées sur 27 rangées longitudinales.
Longueur totale, 0m65 ainsi répartis : tête et tronc, 0m54; queue, 0m 1 1 .
Aucun détail sur le système de coloration n'est à ajouter à ceux que contient la diagnose.
Un spécimen unique a été rapporté du Gabon par M. Aubry-Lecomte.
Je dois encore énumérer quelques serpents de la famille des Lycodontiens : Ainsi, dans le genre Lycodonte, de la sous-famille des Lycodoniens, l'espèce nommée par M. Smith [Illustr. zool. S. Afr., pl. 23) L. guttatum, et que M. Jan considère comme appartenant réellement à ce genre tel qu'il est compris dans VErpét. génér.j, a été trouvée par ce dernier aux Musées de Stuttgart et de Bâle, parmi des serpents de Sierra-Leone et la Côte d'Or. Elle nous est inconnue.
Il y a, dans le Musée de Berlin, un genre nouveau : Bothrophthalmus, Schl. (B. Uneatus,ld., in Nomenclator, p. 27, sans description). Ce Serpent, originaire de la Côte d'Or, est placé entre les genres Ophites, WagL, et Eiignathus, Dum., Bib.
C'est ici le lieu d'indiquer, en suivant l'ordre de la classification qui nous amène à la sous-famille des Eugnathiens, que YEugnathe géométrique, Dum. Bib. (Lycodon geometr., Boie), a été envoyé de l'Afr. occident, au Musée de Londres où, comme je l'ai dit plus haut (p. 195), il porte le nom de Boœdon geometricum. Peut-être, nos exemplaires dus à Péron et à Lesueur, proviennent-ils du Cap, mais aucune note ne nous le dit. Nous en devons, au reste, un autre,
comme touchant l'œil. J'y ai indiqué la troisième et la quatrième, mais sur l'individu unique de la collection, c'est d'un côté seulement, et par le sommet de son angle supérieur et antérieur, que la troisième arrive jusqu'au globe oculaire. Il y a donc là une anomalie, et il ne faut parler que des quatrième et cinquième sus-labiales.
REPTILES DE l'aFIUQUE OCCIDENTALE. 197
de Magadascar, à la générosité de M. le docteur Ch. Coquerel, chirurgien de la marine impériale, et bien connu des zoologistes par ses intéressantes publications entomologiques.
La Couleuvre décrite d'abord par M. Smith, en 1831, et qu'il a décrite et figurée de nouveau (Illustr. zool. S. Afr., pl. 5) sous le nom de Lycodon capense, Inquelle, dans la classification adoptée parles auteurs de VErpét. génér., devient Lycophîdion capense1, nous a été dernièrement envoyée de File Bissao (Arch. des Bissagos). Divers Musées, du reste, l'avaient déjà reçue de l'Afrique occidentale où vivent deux autres Lycophidions. M. Iïallowellen a fait connaître un (Proc. Ac. nat. se. Philad. , 1857, p. 58) : c'est le Lycophidion latérale du Gabon. Cet Ophidien nous manque.
Il en est de môme pour deux autres Eugnathiens, dont l'un, signalé plutôt que décrit par Leach, comme Coluber irroratus, est devenu pour M. Gùnther [Calai., 1858, p. 197) le type du genre nouveau Metoporhinaj Gùuth.: (Metop. irrorata), et dont l'autre, rangé par ce même zoologiste clans le genre Alopecion, D. B., est désigné- ainsi : Alopecion fascialum, Gùuth. [Cal., p. 196).
C'est dans cette sous-famille des Eugnathiens qu'il faut placer, comme l'a fait M. Hallowell, la Couleuvre du Gabon, Hormonotus auda.r, Hall. (Proc. Philad., 1857, p. 50). Elle appartient au groupe des espèces à écailles médianes du dos plus grandes que les autres. Nos collections ne la possèdent pas.
Elles ne renferment pas non plus un Serpent de la Guinée, communiqué à notre Musée par celui de Leyde et qui y élait désigné sous le nom de Dipsas modeslus, Schlegel. Il est devenu dans VErpét. gêner, (t. VII, p. 429) Lamprophis modestus2.
Les espèces dites llelcrolepis glaber, Jan, de la Côte d'Or (Mus. de Milan et de Baie), et//, bicarinalus, Dura. Bib. (Lycodon biearinalus, Schl.) manquent
4 . Et non Lycoph. Horstockii, ce dernier nom étant plus récent. Voyez ci-dessus, p. ! 93, la note 3 relative à la synonymie de cette espèce, dont la description se lit (Erpét. génér., t. Vil, p. 412), sous la dénomination de Lycoph. Horstockii.
2. Est-ce un Serpent d'arbre? La description, il est vrai, ne contient rien qui en donne absolument la preuve. On sciait cependant tenté de le croire d'après certains caractères énoncés {Erpét. génér., t. VII, p. 427) dans la diagnote du génie Lamprophis, et qui conviennent peu à la Couleuvre aurore de Linné, prise par M. Fitzinger pour type de son genre Lamprophis en 1843, puis dont M. Schlegel, en raison de l'ensemble de sa physionomie, a fait une Coronelle. Aussi, le Lamprophis modestus devrait-il, peut-être, donner lieu à une coupe générique particulière, distincte des vrais Lamprophis. Elle serait motivée sur l'aspect général de cet Ophidien et sur le genre de vie arboricole que tout l'ensemble de sa conformation parait indiquer.
î 9 8 ARCHIVES DU MUSÉUM.
également au Musée de Paris. La seconde est peut-être identique, comme le suppose M. Jan, à //. capensis, Smith, qu'il a vue de Sierra-Leone à Milan et à Stuttgart. Quant à celle de Feruando-Po, //. Pomsis, A. Smith, je renvoie, pour la discussion relative à son identité avec la précédente, à la note détaillée dont les auteurs de YErpét. génér. ont fait suivre la description de 17/. bi-caréné (t. VII, p. 425).
Leptognathiens.
Quatre espèces seulement, dans cette famille, vivent en Afrique. Elles offrent l'anomalie remarquable que M. Jourdan, de Lyon, qui a particulièrement étudié le genre auquel elles appartiennnent, a voulu rappeler en créant la dénomination générique et très-expressive de Rachiodon. Voyez pour les dents œsophagiennes ou vertébrales, pl. lxxxj, fîg. 3 (Atl. Erp. gén.) et pl. lxxiii (Smith. Ill zool. S. Afr.).
L'espèce type (/?. scaber, Jourdan, Coluber scaber, Linn.) ne nous est connue que par des individus provenant du Cap; mais aux Musées de Milan et de Londres, on en a reçu de l'Afrique occidentale. Là, également, vit l'espèce d'abord trouvée au sud et nommée par M. Smith Dasypeltis inornata {Coluber palmarum^Le^h), dont le type, rapporté à la suite de l'exploration du Zaïre ou Congo entreprise par Tuckey, est conservé dans ce Musée (Catal., p. 142). On y possède, en outre ^ un individu originaire du Vieux-Cababar, et M. Jan en a vu un, qui avait été recueilli à la Côte d'Or où l'on a trouvé une Var. dite subfasciatus, Jan (Bâle). C'est de Sierra-Leone que vient D. (fiach.) fasciatus Smith (loc. cit., pl. 73, addition au texte explicatif de cette pl.), mais qui nous est inconnu i.
Syncrantériens.
Le genre Leptophide, ainsi nommé par M. le docteur Th. Bell, mais autrement délimité dans YErpét. génér., en raison des différences remarquables du système dentaire, qu'il ne l'est par cet habile naturaliste (Zool. Jourri.j, t.' Il, p. 3221, comprend plusieurs espèces, dont cinq vivent sur la côte ouest d'Afrique.
1 . La 4e espèce (/?. aèyssintis, D., B.) n'a encore été reçue que du pays dont elle porte le nom.
L'une (L. smaragdinus, Dum. Bib., Dendrophis smaragd., Boie), qui semble propre à cette région et que le Muséum avait déjà reçue de la côte de Guinée, vient d'être placée plus récemment dans nos galeries, par les soins de M. Aubry- Lecomte (Voy. pour les détails de la tête de ce Serpent, pl. xvn, fig. 0 et 6a1).
Une autre {Leptophis Chenonii, Dum. Bib., Dendrophis Chen., Boie) y est connue d'après différents individus, et, dans le nombre, il s'en trouve un provenant des collections rapportées par M. d'Arnaud de l'expédition au Nil Blanc2.
Il me semble difficile d'éloigner de la variété du Lept. de Chénon, signalée dans YErpét. génér. et caractérisée par un semis très-régulier de petites taches jaunes, la Couleuvre que M. Eallowell [Proceed., 1857, p. 54) compare à cette espèce et dont il fait le type de son Chlorophis heterodermus.
Deux autres espèces, recueillies d'abord dans l'Afrique australe, décrites par M. Smith (///. z-ool. S. Afr.) et nommées par lui Dendrophis albo-variata (pl. 05 et pl. 64, fig. 3,3a, 3b) et D. semi-varié gâta (pl. 59, 60, 64, lig. \, la, H>).ont
1. Il convient de rappeler ici que M. Hallowell a déclaré {Proceed. Ac. nat. se. Philctd., t S 5 4 , p. 400) l'identité de son Leplopliis grctcilis {kl., 1844, p. GO) avec leLept. smaragdinus.
2. Une mention spéciale doit être faite de ces individus, afin d'appeler l'attention sur un détail de l'écaillure delà tète, lequel, en raison de l'identité complète des autres caractères, n'a qu'une importance secondaire. Je veux parler des plaques temporales, c'est-à-dire de celles qui, comprises dans l'intervalle des pariétales et des labiales, louchent aux unes et aux autres.
Reinhardt, qui ne dit rien de ces plaques, en a représenté cinq {Bcskriwelse a/nogle nye slangear/er in Kong. Danske videnskab., t. X, tab, i. fig. Il) : eu avant, une grande, surmontée de deux petites que, d'après leurs dimensions exiguës et l'irrégularité de leur forme, on peut considérer, à ce qu'il me semble, comme le résultat d'une division anormale de la première; puis derrière, deux autres superposées. Or, sur un spécimen acquis en Hollande par Bibron, il n'y a, devant ces deux dernières temporales, qu'une seule plaque, et par conséquent, à ce que je présume, point d'irrégularité. Sur un exemplaire rapporté par M. d'Arnaud de l'expédition au Nil Blanc, sur un autre, originaire de Bissao (îles Bissagos, Afrique occidentale) et récemment acquis, puis enfin, sur l'ancien type de la Couleuvre azurée de Lacép. {Hist. quadrup. ovip. et Serp., t. Il, p. 276), provenant du Cap Vert et non mentionné dans YErpét. génér., il n'y a que deux temporales, l'une devant l'autre. Ces différents Ophidiens appartiennent cependant tous à la même espèce, dont il est convenable d'éloigner lo Serpent indiqué dans ce dernier ouvrage comme recueilli au Cap de Bonne-Espérance par M. Yerreaux, sa détermination spécifique laissant quelques doutes.
M. le comte de Castelnau a trouvé au Cap le Dendrophis natalensis, Smith, et de l'examen comparatif de cette espèce avec la figure et la description données par le naturaliste anglais {Illustr. zool. S. Afr., pl. lxiv, et fig. 2, 2«, ib). il résulte la preuve que cette espèce est bien distincte, et ne peut pas être considérée, ainsi que le propose M. Gunther {Cat. of snakes, 18.'j8, p. Iu2), comme uno simple variété du Leptophis Chenonii, qu'il décrit, dans ce Cat., sous le nom de Ahœtulla irre-
200 ARCHIVES DU MUSÉUM
été retrouvées par M. Jan parmi des serpents de Sierra-Leone et de la Côte d'Or1.
On ne connaît pas dans notre Musée les serpents d'arbres recueillis à Elmiua, dans les possessions de la Hollande, sur la côte ouest de l'Afrique, et que M. Fischer (Abhandl. Gebiete Naturw., Hambourg, t. III, 1856, p. 110) a considérés comme les types d'un genre nouveau, Hapsidophrys, assez analogue, dit-il, aux Herpetodryas.
Les caractères fournis par le système dentaire montrent que ce sont des Syncranlériens. Dans cette famille, c'est auprès des Leptophides, ainsi que cela résulte des figures et de la description, qu'il convient de ranger les espèces dont il s'agit. Les différences entre elles et les précédents paraissent même bien peu marquées.
En employant la dénomination de Hapsidophrys (de à<j/i;, voûte, et o<ppù;, sourcil), l'auteur a voulu indiquer la courbure que la tête présente dans la région sus-oculaire, et d'où résulte, pour sa moitié antérieure, une légère inclinaison de haut en bas et d'arrière en avant. Il cite deux espèces : H. lineatus, Fisch., et //. cœruleus , id. (loc. cit., p. 111, pl. 2, fig. 5a, 56 et 6a, Qb). La seconde, selon M. Jan^ qui les a vues, est une Variété de la première.
Évidemment, c'est encore très-près des Leptophides, que le genre établi par M. Hallowell sous le nom de Thrasops (Gpacù;, audacieux, w^, œil) (Proc. Ac. nat. se. Philad., 1857, p. 67), doit prendre place, comme le démontre ce zoologiste en le comparant aux genres dont il est le plus voisin. On ne connaît qu'une seule espèce de ce genre arboricole : Thrasops flavigularis3 Hall., décrit d'abord comme Dendr. flavigularis. Hall. {Id., 1852, p. 205). Elle manque au Musée de Paris.
Le genre Tropidonote doit à peine nous arrêter, car s'il est abondamment représenté sur le continent et l'Archipel indiens2, et surtout dans l'Amérique du
gularis, d'après Leach {Appendix to the Buwdich's Mission to Jshantee, 1819). M. Jan a vu, au musée de Stuttgart, un spécimen du Dendr. (Lepl.) natalènsis originaire de Sierra-Leone.
1. Quoique je n'aie pas vu ces deux Ophidiens, il ne me semble pas qu'on puisse, à l'exemple de M. Giinther, rapporter le premier au Leptophis Chenonii, car on trouve, dans les caractères décrits et figurés par M.Smith, des motifs suffisants de distinction, ni refuser au second: Dcndr. (I.eptoph/s) semi-variegata, Smith, non mentionné par M. Giinther, le rang d'espèce. Je suis confirmé dans cette manière de voir par la détermination de M. Jan indiquée ci-dessus.
2. En Asie et sur les îles de l'Archipel, on trouve particulièrement des Ophidiens qui, très-rapprochés, il est vrai, des Tropidonotes partout l'ensemble de leur conformation, c'est-à-dire, comme
Nord, il ne renferme qu'un très-petit nombre d'espèces africaines. J'ai déjà mentionné précédemment, à l'occasion de la faune erpétologique méditerranéenne, qui comprend des espèces communes à l'Afrique et à l'Europe, la Couleuvre à collier (Tr. natrix) et la Vipérine (Tr. viperinus) ; mais pour la côte occidentale, je dois me borner à deux espèces inconnues au Musée de Paris.
L'une, nommée par M. Schlegel, d'après Kubl, Tropidonotus mortuarius (Essai, p. 330) et indiquée comme recueillie à Java, a été adressée (je le sais par M. Jan) de la côte de Guinée, aux musées de Milan et de Gœltingue.
L'autre, désignée par le zoologiste de Leyde sous la dénomination de Tr. lœvis, est-elle bien un vrai Tropidonote, puisqu'elle a les écailles lisses 1 ?
J'ai encore à citer, parmi les serpents de la côte occidentale, et appartenant à la famille des Syncrantériens, celui dont M. Gùnther a donné une courte description (Cal., p. 30) : Coronella fuliginoides 2.
M. Schlegel l'a si bien exprimé, par leur physionomie, ainsi que par leurs habitudes, ont dû cependant en être éloignés à cause des différences offertes par leur système dentaire. Les premiers sont des Syncrantériens, c'est-à-dire que les deux ou trois dernières dents sus-maxillaires postérieures, les plus longues de toutes, font suite, sans interruption, à celles qui les précèdent. Les autres, nommés Amphiesmes, Dum., Bib., appartiennent à la famille des Diacrantériens, dont les grandes dents situées à l'arrière de la mâchoire supérieure, sont séparées des antérieures par un petit intervalle libre. L'analogie très-grande qui se remarque, pour tout le reste, entre les Amphiesmes et les Tropidonotes est un des exemples dont je me suis servi [Revue de zoo/., 1854, p. 551) pour montrer l'utilité, dans l'étude méthodique des Reptiles, d'une classification par séries parallèles, classification qui, ainsi que j'ai cherché à le prouver, peut être, avec avantage, appliquée à un assez grand nombre des animaux de cette classe.
4. Je suis d'autant moins porté à l'admettre, que M. Jan la considère comme le type d'un genre nouveau : [Leionotus Schlegelii), désignation générique impossible à conserver, car ellea été appliquée parBibronà un serpent de Cuba [Hist. de Cuba, Ram. delà Sagra, Rept., p. 212, pl. xxiv) : L. maculatus, devenu dans XErpét. génér., t. VI, p. 494, Tropidophis maculatus, Dum., Bib. Le Leionotus Schlegetii, Jan, a été reçu à Milan du royaume d'Achanti. Il se trouve également à Breslau, mais sans indication d'origine.
2. Dans le genre Coronelle, M. Gunther, sans tenir compte des différences remarquables fournies parle système dentaire, place (Cat., p. 34) des espèces appartenant aux deux sous-ordies des Aglyphodontes et des Opisthoglyphes. Il s'énonce, en effet, ainsi, dans l'énumération des caractères : Dents sus-maxillaires postérieures plus longues que les autres, sillonnées ou lisses, formant un rang continu avec les antérieures.
Je rapporte cependant l'espèce ci-dessus aux vraies Coronelles, car, malgré l'absence de toute indication relative aux dernières dents de la mâchoire supérieure, M. Gunther la signale comme très-voisine Archives du Muséum. T. X. 26
202 ARCHIVES DU MUSÉUM
A la suite du genre Coronelle, il faut placer celui que M. Hallowell (Proc. Ac. nat. se. Philaà., 1857, p. 67) a établi sous ce nom : Heteronotus, et qui diffère du premier par l'allongement plus considérable de la tête et des écailles suscéphaliques, par les plus grandes dimensions de la queue et des écailles du tronc [Id., p. 69) l. L'espèce type de ce genre recueillie à Liberia (Heter. triangularis, Id.3 p. 68) est la même, comme M. Hallowell le fait observer, que celle dont il avait antérieurement parlé sous les noms de Coluber lœvis (kl., 1844, p. 118) et de Coronella triangùlaris (/fiv p. 100).
DlACRANTÉRIENS.
On trouve, en Afrique, peu de serpents appartenant à cette famille.
La Couleuvre à raies parallèles de Geoffroy, pour laquelle Wagler, en la rapprochant de la Coul. hippocrepis de Linné, a établi le genre Periops (Per. parailelus), a été rapportée au Musée de Londres non-seulement d'Egypte, mais de l'ouest 2. Le nôtre, au contraire, n'a jamais reçu que des individus égyptiens.
Un Diacrantérien fort remarquable est celui qui a été décrit pour la première fois dans YErpét. génér., t. YII, p. 722 : Uromacer oxyrhynchus, Dum. Bib. 3.
de celle que M. Peters [Monatsber., 1854, p. G22,et Arch., Wiegm., 1855, p. 52) nomme Coron. olivacea, et dont le zoologiste de Berlin dit que ces dents dépassent celles qui les précèdentet sont lisses.
1 . Il est évident que ce Serpent n'est point une Coronelle, mais il est difficile de ne pas voir dans ces particularités des analogies avec les Leplophides à écailles lisses, tels que le Lept. Chenonii. Ce n'est là cependant qu'une simple conjecture, l'espèce dont il s'agit manquant à nos collections.il faut noter que M. Gray a déjà nommé un Geckotien Heteronotus {Cat. Liz., p. 174).
2. Elle figure sur la liste des Rept. de l'Air, occid. (Gray, Proc. zool. Soc, 1858, p. 162, n° 81 : Zamenis Cliffordii); mais la désignation spécifique employée par Ét. Geoffroy a la priorité sur celle dont M. Schlegel a fait usage, et la distinction générique proposée par Wagler pour les espèces à plaques sous-oculaires est excellente, en ce qu'elle rappelle un caractère rare et facile à saisir.
3. En comparant de nouveau à cette belle Couleuvre africaine, omise dans la liste de M. Gray {loc. cit.), celle de Saint-Domingue, Uromacer Catesbyi, Dum., Bib. (Dendrophis Cat., Schl.), il me semble convenable de les considérer comme les types de deux genres particuliers.
Elles ont, il est vrai, la même conformation générale, qui est très-remarquable en ce qu'elles offrent , au plus haut degré, tous les caractères propres aux Serpents d'arbre. Cependant, outre son origine, dont il est essentiel de tenir compte, l'espèce des Antilles, ainsi qu'on le voit très-bien sur les dessins dont se compose la pl. lxxxih de Y Atlas de VErpét. génér., a le museau moins effilé, moins pointu, et, par suite, une rostrale et des inter-nasales de forme différente, puis la tète moins distincte du tronc, qui, dans sa région antérieure, n'est pas aussi grêle. La dénomination de Megalocercus
Les détails que renferme cet ouvrage, ainsi que la figure jointe à ce Mémoire (pl. xvn, fig. 7 et 7a) et celle de la pl. 83 dans l' Atlas de V Erpét. génér., me dispensent de revenir ici sur cette description.
III. OPISTHOGLYPHES OU SERPENTS COLUBRIFORMES A DENTS SUS-MAXILLAIRES POSTÉRIEURES SILLONNÉES
OxYCÉPHALIENS.
Je dois m'occuper ici, d'abord, du Serpent qui, décrit dans V Erpét. génêr., t. VII, p. 821, sous le nom d'O.vybelis de Lecomfe, était, à cette époque, considéré comme type d'une espèce nouvelle. Il est positif cependant, ainsi que je l'ai déclaré plus tard (Rev. de zooL, 1856, p. 467), que cette désignation spécifique ne peut pas lui être conservée. M. Ilallowell l'avait déjà fait connaître sous deux dénominations différentes : Leptophis Kirtlandii (Proc. Âc. nat. se. Phiktd., t. II, 1844, p. 62), puis ensuite Dryophis Kirtlandii [Id.3 t. VII, 1854. p. 100 2).
Or, en soumettant à un nouvel examen cet Ophidien arboricole, il me paraît indispensable de le sortir du genre O-ojbelis, fondé par Wagler pour le Serpent américain dont l'épithète spécifique œneus a été jointe successivement à plusieurs noms de genres auxquels elle ne convient pas. Bien décrite par le prince Maxim, de Wied-Neuwied, qui l'appelait Coluber acuminatus, cette Couleuvre doit rester, sous le nom de OxybeJis œneus, Wagl., l'un des types de ce genre.
Quant à l'espèce de l'Afrique occidentale, les différences qu'elle offre sont faciles à saisir. Ainsi, 1° la plaque frênaie, loin de manquer, est double; 2° la pupille n'est pas ronde, mais horizontale5; 3 la tète et particulièrement le
Catesbyi rappellerait, par son sens même (ui-pcXoî, grand, et j«f>cc;, queue), la ressemblance du Diacrantérien arboricole du Nouveau Monde avec celui dit Uromacer oxyrhynchus de l'Afrique occidentale, d'où l'on a reçu, à Stuttgard et à Hambourg, un Helicops : H. Kraussi, Jan [kon. M. S.).
1 . Une seule- des six familles comprises dans ce sous-ordre manque d'espèces africaines. C'est la famille des Platyrhiniens (Erpét. génér., t. VII, p. 941-987), dont une espèce, il est vrai [Erpeton tentaculatum, Lacép.), est d'origine inconnue, mais il y a lieu de supposer que ce singulier Serpent est indien.
2. Au Musée do Levde, elle porte le nom inédit de Dryophis Pelii, Schlege!, et il.
.5i q i ^, a reconnu
,1 identité des deux espèces.
3. Il est dit, par erreur, dans la diagnose du genre Oxybèle {Erpét. génér., t. VU, p. 813), que
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museau sont moins allongés ; 4° les dents, enfin, sont moins longues et plus régulières. Ce sont là, outre la diversité d'origine, des particularités suffisantes pour le classement, dans un genre distinct, du Serpent dédié à M. Kirtland . Afin d'éviter toute confusion1, je propose de le nommer Cladophis KirllandU, et je caractérise ainsi ce nouveau genre :
Cladophide, Cladophis 2, A. Dum.
Formes générales des Oxybèles, mais la tête moins allongée, le museau moins acuminé, et, par suite, toutes les plaques sus-céphaliques moins longues; deux /rénales 5; pupille horizontale; dents sus-maxillaires régulières , croissant progressivement en longueur d'avant en arrière, et séparées par un intervalle des deux longs crochets postérieurs sillonnés.
A ces caractères essentiels, qui montrent les analogies et les différences avec les Oxybèles, on peut joindre les caractères naturels suivants :
Narines percées dans une seule plaque moins allongée que celle des Oxybèles; pré-oculaire unique; trois post-oculaires; plaques rostrale et nasale remontant un peu sur le museau et formant une sorte de petit bourrelet autour de son extrémité antérieure ; écailles du tronc longues et étroites, carénées, disposées sur dix-neuf rangées longitudinales; gastrosléges remontant sur les flancs; urostéges doubles.
Le Musée de Paris possède une seule espèce de ce genre.
Cladophide de Kirtland, Cladophis Kirtlandii, A. Dum. — Pl. xvn, fig, 8 et 8 a.
J'ai indiqué plus haut, déjà, les noms sous lesquels elle a été introduite dans la science par M. Hallowell.
Pour la description, je renvoie à YErpét. génér., t. VII, p. 821. J'ajoute seulement qu'il y a 12 + 2 dents sus-maxillaires (les 12 premières croissent régulièrement en longueur d'avant en arrière); 15 dénis palatines; 12 dents pterygoïdiennes ; 21 sous-maxillaires.
Ce n'est pas seulement au Gabon que vit cette Couleuvre arboricole : M. Peters, qui la signale sous
la pupille est horizontale; elle est ronde chez les espèces américaines (0. argenteus, fulgidus, seneus).
1. Placer cette espèce parmi les Dryophis, ainsi que M. Hallowell et M. Giinther [Cat., p. 156) l'ont fait, ne serait-ce pas augmenter encore la confusion résultant de l'emploi d'une dénomination déjà appliquée à tant d'Ophidiens arboricoles.
2. De xAâSoç, branche, et fyiç, serpent, c'est-à-dire Couleuvre d'arbre.
3. Un seul des six exemplaires de la collection du Musée de Paris porte, d'un côté, une frênaie unique, et n'a, également d'un seul côté, que deux post-oculaires. Au reste, ces anomalies ne sont pas très-rares. Une disnosition identique à celle que je viens de signaler a été vue par M. Jan sur un spécimen du Musée de Milan, qui en possède deux autres sans irrégularités. De semblables défauts de symétrie dans ces mêmes plaques sont mentionnés [Proceed. Ac. nat. se. Philud., 1854, t. VII, p. 101) par M. Hallowell, et il cite des faits analogues observés sur divers autres Ophidiens.
le nom inscrit dans VErpêt. génêr. [Ox. Leco?ntei), l'a trouvée en Mozambique [Monatsb., etc., Berlin, 1854, p. 623).
Je rapporte à cette espèce ÏOx. violacea, Fischer (Abhandl. Gebiete der Natitrw., Hamburg, t. III, p. 91, pl. n, fig. Ta, 6, c, deEdina (Grand Bassam). La même assimilation a lieu dans Ylconogr. deacr. M. S. de M. .Tan et dans le Catal. de M. Gunther, p. 156 '.
Sténogépiialiens.
Un seul Serpent appartenant à cette famille a été trouvé dans l'Afrique occidentale. Il y représente un genre dont les espèces, jusqu'ici, étaient toutes américaines : je veux parler des Elapomorphes.
Comme je l'ai dit (Rev. dezooL, '1856, p. 468), en décrivant la Couleuvre à laquelle j'ai donné le nom de Elapom. gabonensis, ce n'est pas sans hésitation que je place, à la suite d'espèces américaines, un Serpent d'Afrique. Les exemples de semblables associations génériques ne manquent pas, il est vrai, et pour n'en citer qu'un seul, les Elaps, dont les Elapomorphes rappellent l'apparence générale, vivent sur les deux continents. 11 faut cependant bien s'assurer, avant de rapporter des Serpents d'origine si différente à un même groupe générique, de l'identité des caractères propres à motiver ce rapprochement, et ne pas laisser échapper les différences qui rendraient nécessaires, au point de vue de la méthode naturelle, la formation d'un genre distinct.
Or, si, faisant l'application de ces principes à l'Ophidien opislhoglyphe dont il s'agit, je le compare aux Elapomorphes décrits pour la première fois dans YErpéù. génér. et à ceux que M. Schlegel a placés parmi les Calamaires, je trouve d'abord qu'il leur ressemble d'une manière frappante dans sa conformation générale. Comme eux, il est analogue aux Elaps par tout son aspect
1. Le texte de M. Fischer dit : une plaque frênaie seulement; mais sur la figure, il y en a deux. Quant à la couleur, elle ne constitue vraiment pas un caractère spécifique différentiel, puisque les téguments, qui sont quelquefois bronzés, paraissent toujours violacés quand ils sont dépouillés de leur épidémie. La pupille est représentée ronde sur les figures, mais M. Jan, ayant eu entre les mains le type de M. Fischer, l'a vue distinctement horizontale, et il considère l'espèce dont il s'agit comme identique en tout point à celle qui porte ici le nom de Cladophis Kirllandii.
J'ajoute que M. Jan, comme je propose de le faire, sépare ce Serpent des Oxybèles, mais il le nomme Dryophis {Cenni sul Mus. Mil. ed indice sistemat. Rettili, 1857, p. 48, et Icon. descr. M. S. S.) J'ai dit plus haut pourquoi, dans l'espoir d'éviter la confusion que produit l'emploi de cette dénomination, je la rejette et en propose une nouvelle.
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extérieur ; ainsi, il a les yeux petits, la bouche peu fendue, la tête courte, confondue avecle tronc, qui est cylindrique, couvert d'écaillés lisses et terminé par une queue épaisse, de petites dimensions.
D'un autre côté, voici quelques dissemblances : 1° Les mâchoires, qui sont courtes dans les Elapomorphes, le sont encore plus dans l'espèce africaine : au lieu de cinq dents simples au-devant des crochets postérieurs sillonnés, elle n'en a que deux; 2° elle porte une plaque sus-labiale déplus, c'est-à-dire sept, dont la troisième et la quatrième bordent l'œil en dessous; 3° enfin, les narines s'ouvrent dans deux plaques et non pas dans une seule. Ces particularités très-importantes à noter comme différences spécifiques ne me semblent pas de nature à justifier, quant à présent, l'établissement d'un genre nouveau. Si, plus tard, on les rencontre encore chez d'autres Serpents africains, du même groupe, on pourrait peut-être, à cause de la brièveté remarquable des maxillaires supérieures et du petit nombre de dents qu'ils supportent, réunir sous une dénomination générique nouvelle, celle de Miodon 1 par exemple, les Opisthoglyphes qui présenteraient ces caractères.
VII. Elapomorphe du Gabon, Elapomorphus gabonensis, A. Dum. (Pl. XVI, Cg. 2, 2ct, 26, 2c.)
Idem, ld., Rev.dezool., 1 856, p. 468.
Idem, Gray, Proc. zool. Soc. Lond., 1858, p. 163, Liste, n° 83.
Régions supérieures d'un vert olive, pointillées de blanc, et parcourues, dans toute leur longueur, par trois raies parallèles d'un vert plus foncé; un collier de celte dernière nuance; régions inférieures d'une teinte jaunâtre claire et uniforme. Neuf plaques sus-céphaliques ; pré-oculaire unique; deux post-oculaires ; sus-labiales au nombre de sept de chaque côté; deux temporales entre les pariétales et les sus-labiales postérieures ; queue courte, terminée par une squamme pointue.
Le tronc est arrondi, delà même grosseur dans toute sa longueur, et confondu, en arrière, avec la base de la queue, dont les dimensions sont peu considérables, car elle ne représente guère que le treizième de l'étendue totale, et elle se termine en pointe. La tête est plate à sa région postérieure,