‹ Reptiles et poissons de l'Afrique occidentale. Étude précédée de considérations générales sur leur distribution géographiqueChapitre 21 sur 57 · De p.sïov, moins, et £Sgù;, dent · texte numérisé non relu

De p.sïov, moins, et £Sgù;, dent

Aux motifs ci-dessus énoncés de ne pas distraire l'espèce gabonaise du genre auquel je l'ai primitivement rapportée, vient se joindre le désir de ne pas introduire dans la science, et sans nécessité absolue, un nom nouveau pour une espèce déjà connue sous une dénomination différente.

REPTILES DE l' AFRIQUE OCCIDENTALE.

et ne se distingue pas du tronc. Le museau est large et arrondi. Les yeux, dirigés obliquement en dehors et en haut, sont très-petits et à pupille circulaire. Les narines sont ouvertes, à la région supérieure du museau, dans le point de réunion des plaques nasale et post-nasale.

La plaque rostrale, large et basse, se replie à peine sur le museau; son angle supérieur, très-obtus, touche à l'extrémité antérieure de la ligne médiane de jonction des plaques fronto-nasales ou intcinasales, qui sont à peu près carrées. — Les frontales antérieures, un peu plus grandes, présentent chacune, en arrière, deux pans, dont l'un est en contact avec l'extrémité antérieure de la sus-oculaire, et dont l'autre longe un des deux bords antérieurs da la frontale moyenne. Celle-ci, qui a six côtés, est courte; elle dépasse à peine, en arrière, les sus-oculaires. — Les pariétales sont grandes et bordées chacune par deux temporales occupant l'espace qui sépare ces pariétales des cinquième, sixitme et septième ou dernières sus-labiales. — La post-oculaire inférieure touche, en bas et en arrière, les quatrième et cinquième sus-labiales, ainsi que la première temporale, dont l'angle inférieur pénètre entre les cinquième et sixième plaques de la lèvre supérieure. On compte sept plaques inféro-labiales.

Les écailles du tronc, comme chez les autres Elapomorphes, sont lisses, quadrilatérales et également disposées sur quinze rangées longitudinales; celles de la queue forment huit rangs. Les plaques ventrales ou gastrostéges sont étroites et ne remontent pas sur les flancs. — La plaque anale est double, ainsi que les sous-caudales ou urostéges.

Les os maxillaires supérieurs, comme je l'ai dit plus haut, en discutant le rang que cette espèce doit occuper, sont très-courts et ne portent que deux dents au-devant des crochets sillonnés.

Coloration. — Toutes les écailles des régions supérieures et latérales sont d'un vert olive assez foncé; elles portent chacune, et particulièrement vers leur extrémité antérieure, un pointillé clair, à l'exception de celles qui forment la région médiane et de celles qui occupent, de chaque côté, le cinquième rang longitudinal, à partir des gastrostéges. De cette uniformité de teintes des trois rangées que je viens de signaler, il résulte une apparence trifasciée. Par suite de l'absence du pointillé sur les écailles qui suivent la fête, il y a une sorte de demi-collier, de la même nuance que les bandes longitudinales du tronc. Les lèvres supérieure et inférieure sont, comme le dessous du vende et de la queue, d'un jaune verdâtre clair, sans aucune tache. Long. : 0m55 (tète et tronc, 0m51 ; queue, (P0<i).

Un seul sujet, en parfait état de conservation , du Gabon, par M. Aubry-Lecomte.

Au genre Amblyodipsas , Peters (Monatsber., Dec. 1856) , M. Jan rapporte, avec raison, C alamaria unicolor, Reinh., de la Guinée ( /oc. cit., p. '236 , pl. i, fig. 1-3 ) , espèce reçue de la Côte-d'Or à Milan.

Anisodontiens.

Le Bucéphale du Cap [Bucephalus typus, Smith), si remarquable par les nombreuses variétés qu'il présente, et dont on a de magnifiques dessins [Illustr. zool. S. Afr.j pl. m, x, xi, xn et xm), vit également à l'ouest, à ce qu'il paraît (Gûnth., Catal., p. 143); mais le Musée de Paris ne l'a reçu que des régions australes.

Quant au genre Psammophis , H. Boie, il doit être mentionné ici. Notons d'abord que ce genre n'a été bien caractérisé d'après la disposition remar-

ARCHIVES DU MUSÉUM

quable du système dentaire, que par Wagler d'abord (Syst., p. 188, n" 75), puis dans VErpét. génér., où il a pris la place définitive qu'il doit occuper, en entrant dans la famille des Anisodonliens, parmi les Opisthoglyphes.

L'espèce type, la Couleuvre chapelet (Ps. moniliger, Boie), ne vit pas seulement en Egypte et en Algérie, car nous possédons des exemplaires du Sénégal *>

Nous avons reçu de ce pays et de la côte de Guinée le Serpent dont le bel aspect justifie bien le nom de Coluber elegans que Shaw a employé pour le désigner, mais dont la dénomination générique a dû être remplacée, d'après les indications de Boie, parcelle de Psammophis (Ps. elegans). J'en ai fait dessiner la tête sur la pl. xvn, fig. 10, 10 a, afin d'en bien préciser les caractères et de fournir un bon moyen de comparaison avec l'espèce décrite en 1856 par M. Fischer : Psammophis irregularis (Neue Schlang des llamb. naturhislor. Mus., Âbhandl. Geb. der Naturwiss . llamb., t. III, p. 92, pl. il, fig. A a, 4 b), et dont la tête est représentée ici sous les mêmes aspects que celle du Ps. élégant, pl. xvn, fig. 9, 9a. Ces dessins sont faits d'après un individu recueilli dans le grand Bassam par M. Bouët, qui l'a donné au Muséum avec d'autres Reptiles de la même contrée. On y retrouve toutes les particularités signalées dans la description détaillée du zoologiste de Hambourg 2.

A ces espèces, il convient de joindre le Serpent de l'Afrique occidentale, que M. Hallowell a d'abord décrit comme Coluber PhiUipsii (Proc. Ac. nat. se. Philad.JSU, t. II, p. 169) et qu'il a, plus tard [ld.3 1854, t. VII, p. 100;, rapporté au genre Psammophis. Sa place s'y trouvait, en effet, naturellementmarquée par la disposition du système dentaire que ce naturaliste a bien fait connaître dans sa seconde description. Il en a enfin complété l'histoire (ld., t. IX, 1857, p. 69), en énumérant toutes les particularités de la coloration. Inconnu à Paris3.

1. Parmi les nombreux individus de l'espèce dite Ps. crucifer, Fitz. , que possède le Musée de Londres, il s'en trouve un seul de l'Afrique occidentale (Gùnther, Catal., p. 135); les autres sont originaires des régions australes de ce continent, comme tous ceux qui font partie de nos collections.

2. Il n'y a pas identité parfaite entre les figures ci-jointes et celles qui accompagnent le travail de M. Fischer, sans qu'on puisse, au reste, y constater des différences réelles, mais je crois devoir rappeler ici, comme je l'ai déjà fait plus haut, le soin extrême et l'exactitude parfaite de l'artiste, M. F. Bocourt, à qui sont dus les dessins de Reptiles annexés à ce Mémoire.

3. On doit sans doute considérer, avec M. Hallowell, comme étant un jeune individu de l'espèce ci-dessus [Ps. Phill.), le petit Ophidien dont il indique les caractères (Id., 1857, t. IX, p. 69). Il faut donc rayer ce dernier delà liste des espèces dressée par M. Gray, où il porte le n° 55.

Cuvier a désigné sous le nom de Dipsas cynodon une Couleuvre déjà figurée par Séba, puis indiquée par Klein, et qui est devenue, dans la famille des Anisodonf iens (Erpét. génér., t. VU, p. 007), le type du genre Opétiodonte {(). cynodon, D. B.). Elle a été trouvée en Asie, à Bornéo et à Java, d'où le Muséum en a reçu deux exemplaires par les soins de M. Diard.

Je n'aurais pas à parler de eetle Couleuvre, si M. Aubry-Lecomte n'avait rapporté du Gabon un Serpent qui offre une si extrême analogie avec ceux de Java, que je trouve très-difficile de ne pas admettre leur identité. Telle est également la manière de voir de M. Jan, qui a étudié notre exemplaire africain et a pu le comparer à un autre spécimen de la côte de Guinée. Et même, suivant lui, trois Dipsadiens de l'Afrique occidentale décrits par M. Fischer {!). valida, fasciata, globiceps), et qu'il a examinés, ne seraient que des variétés de 1' 'Opétiodonte. (Y by., p. 211, à l'article concernant la famille des Dipsadiens, les détails dans lesquels je suis entré à cet égard).

Il est fort remarquable, en effet, et c'est le point sur lequel il importe d'insister, qu'il y ait impossibilité presque complète de trouver des caractères spécifiques vraiment distinctifs entre des Serpents d'origine si différente. Ils nous fourniraient, par conséquent, un nouvel exemple de ces singulières dispersions d'espèces qui n'ont été, il est vrai, que très-rarement constatées 1.

Dans de telles circonstances, au reste, il faut s'attacher à bien s'assurer s'il n'y a pas certaines dissemblances suffisantes pour motiver la séparation. Or, relativement au Dipsas dont il s'agit, la comparaison montre de très-grands rapports et cependant aussi de légères différences2.

Ainsi, il subsiste un peu d'incertitude sur la convenance du rapprochement

1. C'est ainsi, par exemple, que la Vipère nommée par Merrem Echis carinata et le Chnmœ/eo vu/garis ont été recueillis aux Grandes-Indes et en Égypte,etc.

Page 1