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ÉLÉVATEUR A GRAINS

Plan.

56 RÉPUBLIQUE ARGEiNTINE.

Les grains sont alors remontés dans la partie supérieure du bâtiment annexe et, si on désire les mettre en silos, déversés sur le brin inférieur de l'une dos deux bandes porteuses allant au bâtiment principal. Dans le cas où on veut au contraire les charger dans un autre navire, les céréales sont dirigées dans Tune des bascules placées en haut du bâtiment annexe, puis, après pesage, amenées sur une bande porteuse parallèle au quai. L'embarquement peut s'effectuer directement, de cette manière, jusqu'à une distance de 12o mètres environ du point de débarquement, aussi bien en amont qu'en aval.

Expédition par le fleuve. — L'opération la plus importante à réaliser au Rosario est celle de l'embarquement direct des céréales provenant en totalité des silos, ou partie des silos, des wagons et des bateaux. Le programme du Gouvernement avait prévu à ce sujet la quantité énorme de 1 000 mètres cubes par heure, ce qui correspond à 750 ou 800 tonnes-heure, c'est-à-dire au chargement d'un navire de 4000 tonnes en o heures ou de deux grands navires en une journée, opération considérable qui n'a encore été effectué nulle part avec une seule installation.

Lorsque le grain vient des silos, ce qui est l'opération la plus commune, on ouvre les vannes placées à la partie inférieure des silos dont on veut expédier le grain, et on le laisse s'écouler par des tubulures fixes sur les bandes porteuses placées en contre-bas du plancher inférieur. Ces bandes porteuses au nombre de quatre, deux dans chaque aile du bâtiment principal, desservent chacune 30 silos et ont une capacité unitaire de 200 tonnes par heure.

Au sortir de ces bandes porteuses, le grain est repris par quatre élévateurs à godets de 200 tonnes-heure chacun, qui l'élèvent jusqu'au niveau des puissantes bandes porteuses réunissant le bâtiment principal au quai. Ces bandes porteuses ont une capacité de 400 tonnes-heure chacune, et l'on utilise pour l'expédition le brin supérieur, tandis que le brin inférieur peut servir à la réception des grains débarqués.

La passerelle dans laquelle se meuvent ces bandes a une rampe vers le quai de manière à les faire déverser à la partie supérieure des bascules du bâtiment annexe et permettre ainsi le pesage plus à proximité du point d'embarquement. De ces bascules, le grain peut être embarqué directement ou bien envoyé suites bandes porteuses qui longent chacune le quai dans une passerelle métallique jusqu'à 128 mètres, tant en aval qu'en amont. On a donc la possibilité de charger 1000 mètres cubes par heure dans un seul navire, amarré en face du bâtiment annexe, ou bien de charger deux navires à la fois avec des céréales différentes, à raison de la môme quantité totale.

Dans le cas où une partie du chargement doit être expédiée en sacs, le grain arrivant au haut du bâtiment annexe est dirigé dans des réservoirs spéciaux munis de 12 petites bascules automatiques à la sortie desquelles l'ensacbement

peut s'opérer à raison de 200 tonnes par heure, soit environ le' quart de l'expédition en vrac. L'embarcjuemeut de ces sacs peut ensuite s'effectuer rapidement en employant deux petites bandes porteuses placées dans le bâtiment du quai pour recevoir les sacs et les conduire sur les grandes bandes des passerelles du quai, qui les déversent dans des glissières en bois ou en fer.

Les céréales en vrac ou ensachées pourront également être expédiées par voie ferrée dans des wagons placés à proximité des passerelles du quai, à l'aide de tuyaux ou de glissières.

Mise en sacs dans l'élévateur. — Pour la réexpédition en sacs, à faire directement des silos par voie ferrée, on se servira de tubulures spéciales placées sous chaque trémie. Cinq appareils mobiles avec bascules automatiques permettront d'eifectuer l'ensachage de 100 mètres cubes par heure.

Comme le plancher inférieur des silos est disposé au niveau des platesformes des wagons et qu'il forme quai d'embarquement d'un côté de la façade du bâtiment principal, l'opération pourra s'effectuer dans plusieurs wagons à la fois. Les grains sortant des appareils de nettoyage et de séchage pourront d'ailleurs être expédiés de la même manière.

Transvasement d'un silo dans un autre. — L'aérage des grains par simple changement de silo, ou le mélange de plusieurs qualités, ou bien encore la réunion de grains répartis dans plusieurs silos, s'effectue très aisément par le passage des céréales sur les bandes porteuses inférieures et dans les élévateurs de remaniement d'où elles sont réparties par les bandes porteuses supérieures dans n'importe lequel des silos.

Nettoyage et dépoussiérage des céréales. — Un premier nettoyage grossier s'effectue à la réception des grains à l'aide de claies ou grilhiges à larges mailles placés sur les trémies ou tubulures de réception. On empêche ainsi un corps étranger d'une certaine dimension de venir s'engager dans les élévateurs.

Une deuxième opération d'enlèvement partiel des poussières s'effectue, pour ainsi dire d'une manière automatique, à l'aide de ventilateurs qui aspirent à la tête des élévateurs les poussières mises en suspension par la manipulation des céréales. Enfin, l'opération complète s'effectue, sur la demande du propriétaire de la marchandise, dans quatre appareils spéciaux dont la puissance totale permet de nettoyer de 200 à 250 tonnes par heure, chiffre très considérable et presque inusité dans une installation unique.

Ces appareils sont placés dans un étage spécial du pavillon central juste au-dessous du plancher inférieur des silos. Le grain à nettoyer peut venir, soit directement des bascules automatiques supérieures avant l'ensilage, soit des silos, soit du quai. Et pour ces deux dernières opérations on utilisera la partie inférieure des élévateurs de 123 tonnes, avec le concours de deux autres élévateurs de 125 tonnes disposés spécialement entre le deuxième et le sixième plan-

cher et permettant d'effectuer ainsi le retour des grains aux silos sans passer par les bascules. Les poussières recueillies sont mises en sacs et extraites méthodiquement de 1 élévateur, ce qui permet de vérifier le pourcentage en poussière d'un envoi quelconque quand on le désire.

Séchage des grains. — Les appareils de séchage ont été prévus pour une capacité de 80 tonnes à l'heure. Cette installation est presque trop importante pour la puissance du silo qui nous occupe; mais, comme elle est très encombrante, on a voulu être assuré, dès le début, d'une installation encore suffisamment puissante pour le cas où la capacité des silos viendrait à être doublée.

La chaleur nécessaire au fonctionnement des appareils provient d'une chaufferie spéciale installée, par mesure de précaution, en dehors du bâtiment principal. Les grains sont amenés méthodiquement dans des grandes colonnes verticales où ils traversent une couche d'air chaud dont la température est réglée de manière à ne pas leur faire perdre leurs propriétés de germination; puis, ils sont rafraîchis par un courant d'air froid.

La vitesse du passage des grains dans ces appareils peut, en outre, être accélérée ou ralentie dans une certaine mesure, suivant le degré d'humidité des grains traités.

Comme pour le dépoussiérage, on peut sécher des grains de n'importe quelle provenance, des silos, des wagons ou des bateaux et en faire l'expédition ou les remettre en magasin, au moyen de deux élévateurs intermédiaires de 125 tonnes-heure.

Force motrice. — Éclairage. — Installation complémentaire de l'élévateur. — La mise en mouvement de chaque appareil ou groupe d'appareils est opérée par des dynamos réceptrices Schneider, dont le courant à 600 volts est produit par la station centrale génératrice du port, et chaque moteur comporte ses appareils de mise en marche. En outre, deux postes de commande, l'un au rez-de-chaussée du bâtiment central et l'autre dans le bâtiment annexe du quai, permettent la mise en roule séparée, simultanée ou successive, de tous les appareils concourant à une même opération.

Ces postes sont reliés téléphoniquement entre eux ainsi qu'avec les différents étages; ils sont munis également de signaux avertisseurs et de tableaux permettant de contrôler à tous moments l'état de marche de chaque appareil, afin de pouvoir éviter toute accumulation de grains en cas d'arrêt d'un appareil quelconque.

Toute l'installation est éclairée électriquement, et peut, à l'époque îles exportations, assurer un service continu de jour et de nuit.

Pour la facilité des communications entre les différents étages, il y aura un escalier et un ascenseur; en plus un treuil spécial, installé au haut du bâtiment central, permettra d'effectuer tous les levages de pièces lourdes depuis le

bas jusqu'au haut de ce bâtiment, en utilisant des ouvertures de 4 mètres pratiquées à cet effet dans les différents planchers.

Bien que presque toute l'installation soit incombustible, on y a établi par mesure de précaution une canalisation et des réservoirs d'eau pour l'incendie.

L'organisation de cette puissante usine sera complétée par un laboratoire pour l'échantillonnage des céréales et un bureau pour le chef de service qui aura à contrôler toutes les opérations.

6) Outillage de manutention.

En dehors des appareils spéciaux annexés à l'élévateur à grains, l'outillage de manutention du nouveau port comprend :

35 grues électriques mobiles de 1 500 kilogrammes de puissance ; 1 grue fixe à deux puissances de 5 et 10 tonnes;

1 grue fixe à trois puissances de 10, 20 et 30 tonnes; 20 cabestans électriques;

4 chariots transbordeurs;

2 bascules pour wagons;

1 cabestan pour tirer les bateaux sur la cale de halage;

3 locomotives (1).

Grues roulantes de 1500 kilogrammes. — Les grues roulantes sont à portiques, de manière à laisser passer les wagons entre les montants qui les supportent. La machinerie el les parties encombrantes de l'appareil sont, au contraire, établies à un niveau supérieur, ce qui assure la libre disposition des quais.

Les portiques sont constitués par une charpente métallique formée de montants verticaux laissant entre eux un espace libre de 4m,25 et par une plateforme établie à S mètres environ au-dessus du sol, à laquelle on accède au moyen dune échelle. L ensemble est supporté par quatre roues et peut se mouvoir sur une voie ferrée de 4"',80 d'écartement dont un des rails est place à environ 1 mètre de l'arête supérieure du quai.

La poi'tée de la grue est calculée de manière à pouvoir lever des charges verticalement, jusqu'à une distance de 10 mètres au delà du parement du quai, de telle sorte qu'elles peuvent ainsi décharger au besoin des colis se trouvant sur un bateau séparé du quai par un chaland. La flèche, qui supporte le câble et son crochet, est composée de fers entretoisés et contreventés. Elle a une portée de 12,n,i00 entre l'axe du pivot et la verticale passant par le crochet

(1) Une mâture flottante de 50 tonnes appartenant au service de la construction complète cet outillage.

de levage; l'axe de la poulie placée à l'extrémité de la flèche est à 13m,750 audessus de la voie.

Le mécanisme est logé dans une cabine placée sur un châssis en fer auquel est fixée la volée; il comprend les différents moteurs de levage et de rotation, ainsi que leurs appareils de commande. La toiture et les parois latérales de la cabine sont en tôle ondulée galvanisée, la partie avant est au contraire ouverte pour permettre au machiniste de suivre toutes les opérations de la grue.

Comme pour tous les appareils du port, c'est à l'énergie électrique, provenant de la station génératrice centrale, qu'on a recours pour actionner les grues dans leurs mouvements de levage et d'orientation.

Le mouvement de levage est assuré par un électro-moteur fermé, capable de fournir 40 chevaux de force sous une tension de 600 volts avec une vitesse de 545 tours par minute. Deux trains d'engrenages transmettent le mouvement à un tambour sur lequel le câble de levage s'enroule. Ce câble est en (ils d'acier très fins, de manière à conserver toute sa souplesse et sa solidité; il est terminé à son extrémité par un crochet monté sur billes.

La vitesse de levage sous une charge de 1 500 kilogrammes atteint 40 mètres par minute.

Le mouvement d'orientation de la grue est assuré par la rotation du châssis qui porte à la fois la volée et la cabine. Ce châssis tourne autour d'un pivot assujetti dans la charpente du portique; le mouvement d'orientation lui est donné par un pignon denté, qui est actionné par un moteur électrique de trois chevaux, et qui engrène avec les dents d'une couronne circulaire placée horizontalement sur la plate-forme du portique.

La rotation complète d'une charge de 1 500 kilos pendue au crochet de la grue peut ainsi s'effectuer en 35 secondes.

La translation de la grue, sur la voie installée le long du quai, se fait à bras d'hommes au moyen de manivelles et de roues d'engrenage actionnant les roues porteuses ; il y a lieu d'observer, à ce sujet, que les manœuvres de ces grues, ne devant comporter que de faibles et très rares déplacements, par suite de leur rapprochement les unes des autres, on a préféré ne pas compliquer inutilement le mécanisme général, et en conséquence on a supprimé la manœuvre mécanique.

Le courant électrique est amené à chaque grue par un câble conducteur qui passe dans l'axe du pivot et le transmet à deux cercles supportés par le pivot: deux balais en charbon recueillent le courant et le conduisent au tableau de distribution qui comprend tous les appareils nécessaires aux manœuvres.

Chaque moteur est muni d'une mise en marche du type tramway avec rhéostat; la commande de chaque mouvement s'opère par un levier unique auquel on imprime la direction que l'on veut faire opérer à la charge. Deux

fi2 RÉPUBLIQUE ARGENTINE.

freins produisent l'arrêt instantané de l'orientation et l'immobilité de la charge que l'appareil manipule.

La descente d'un colis peut se faire, soit avec l'emploi du treuil électrique, soit au frein sans courant et à la vitesse désirée.

L'éclairage de la cabine est assuré par trois lampes, dont deux à demeure et une portative munie de câbles souples.

L'alimentation électrique de la grue est faite au moyen d'un câble enroulé sur un tambour et qui va se brancher sur une dérivation de la ligne principale.

Des prises de courants sont établies tout le long des quais, dans des boites espacées entre elles de 35 mètres environ.

Grues de 10 et 30 tonnes. — Les deux grues de 10 et 30 tonnes sont fixes et elles sont placées aux endroits où la manutention des gros colis devra pouvoir se faire le plus aisément pour le service du commerce. Leurs bases sont constituées par des massifs en maçonnerie servant de fondations.

Les charges sont levées au moyen de câbles montés sur palans et venant s'enrouler sur un treuil, comme pour les grues de 1500 kilogrammes, mais avec cette différence que le câble est moutlé au lieu d'être à un seul brin.

Les flèches sont courbes, de manière à permettre de lever des poids encombrants, comme des chaudières marines, et à les charger au besoin sur wagons, sans avoir à exagérer la hauteur de la volpe.

Cabestans électriques. — Les cabestans électriques sont destinés à la manœuvre des wagons, ils sont du type des cabestans employés par la compagnie du Chemin de fer du Nord français.

D'une manière générale, ils sont composés d'une poupée d'enroulement à axe vertical à laquelle le mouvement de rotation est transmis par un électromoteur et des engrenages placés dans une boîte métallique sous le sol. La puissance de l'électro-moteur est d'environ 5 chevaux , et la force des cabestans d'environ 1 000 kilogrammes.

Transbordeurs. — Il est prévu quatre transbordeurs placés au milieu des groupes de hangars, de manière à dégager facilement, en cas d'encombrement, les cinq voies parallèles situées sur les quais et en bordure des magasins.

(les transbordeurs sont du type de la compagnie des Chemins de fer Paris- Lyon-Méditerranée, ils n'ont pas de fosses, et leur mouvement de translation s'opère au moyen de câbles métalliques et de cabestans convenablement disposés. Les transbordeurs sont prévus pour pouvoir manutentionner des wagons à la voie de lm,676 et d'un poids de 23 tonnes.

Cabestan pour tirage des bateaux à terre. — Un puissant cabestan sera installé en haut de la cale de halage ; cet appareil sera formé d'un électro-moteur actionnant par des engrenages un grand tambour pour l'euroulemenfdes câbles

de traction. Ln force de ce cabestan sera suffisante pour tirer des bateaux de 1 500 tonneaux de jauge brute.

Locomotives. — Bien que d'une manière générale l'arrivée et la sortie des wagons opérant sur les voies du port doivent se faire par trains complets et par les soins des compagnies de chemins de fer intéressées, le service de l'exploitation a dû s'assurer l'usage personnel de quelques locomotives pour faciliter la formation des trains et les manœuvres isolées. Ces locomotives sont du poids de 25 tonnes à vide, elles sont établies pour circuler sur la grande voie de lm,676, mais de telle manière qu'elles peuvent remorquer ou manœuvrer des wagons à la voie de 1 mètre dans les parties du port où les voies ont trois rails.

Les données principales de ces machines sont les suivantes :

Trois essieux accouplés.

Diamètre des roues 1 mètre.

licartement extrême des essieux 2m,700

Longueur entre tampons 7m,480

Poids en charge 31 tonnes.

Surface de chauffe 58m2,400

Caisse à eau d'une capacité de 3m3,070

Caisse à charbon 0m:s,800

H) Station génératrice.

La force nécessaire pour actionner tout l'outillage du port : grues, cabestans, appareils de manutention de l'élévateur et tout l'éclairage électrique est fournie par une station génératrice centrale.

Afin de réaliser une exploitation très économique, l'emplacement de cette usine a été' choisi autant que possible à proximité de l'élévateur à grains, c'està-dire près du centre de consommation de courant le plus important.

La puissance normale de l'usine est de 1 200 chevaux, mais elle peut s'élever à 1500 chevaux en utilisant la machine de rechange. La force est entièrement électrique; elle est produite par cinq groupes électrogènes de 300 chevaux chacun qui fournissent le courant continu sous une tension de 600 volts.

Générateurs de vapeur. — Les générateurs de vapeur sont au nombre de six et disposés en batterie.

Ils sont du type multilubulaire, timbrés à 8 kilogrammes et ont une surface de chauffe de 200 mètres carrés chacun.

Machines à vapeur. — Les machines à vapeur au nombre de cinq sont du type horizontal monocylindrique à quatre distributeurs Gorliss. Leurs dimensions principales sont les suivantes :

Diamètre du piston, à vapeur 0m,G50

Course — — lm,250

Nombre de tours par minute 6o

Diamètre du volant 5m,500

Elles sont disposées pour marcher à volonté avec condensation ou avec échappement à l'air libre. Les appareils pour la condensation par mélange sont

STATION GENERATRICE

Coupe par les chaudières.

Plan.

établis en contre-bas du plan de fondation des machines et les pompes à air sont actionnées par des contre-manivelles.

L'alimentation des chaudières est assurée par deux pompes à vapeur, dont

une suffit à alimenter la totalité des chaudières en feu, et l'autre sert de rechange. Ces pompes aspirent l'eau dans un puits, situé à proximité de l'usine et en communication constante avec les eaux du fleuve, par une conduite en béton débouchant dans les fondations du mur de quai, au-dessous du niveau des liasses eaux.

Un pont roulant de 13 tonnes, pouvant circuler au-dessus des machines et faciliter le changement d'une pièce lourde, complète l'installation.

Machines électriques. — Accumulateurs. — Pour le service normal de l'exploitation à 1 200 chevaux-vapeur, quatre des machines à vapeur actionnent chacune une dynamo hexapolaire du type Schneider qui est commandée par courroie et peut absorber la puissance de 300 chevaux à la vitesse de 32o toursminute. Quant au groupe électrogène de rechange, il est actionné par la cinquième machine à vapeur, et il est constitué par deux dynamos de 150 H. P. montés sur le même arbre et pouvant travailler en parallèle ou en série suivant les besoins. De cette manière, quand tout est en marche, on peut disposer de \ 500 chevaux. Le courant est continu et à tension de 600 volts.

En cas d'arrêt momentané des machines motrices, le courant est fourni par une batterie d'accumulateurs de 700 éléments, d'une capacité de 90 ampèresheure.

Le groupement des dynamos et le départ en ligne est effectué par un tableau de distribution muni de tous les appareils nécessaires.

Bâtiment. — Cette installation est renfermée dans un bâtiment de 36 mètres sur 38 mètres, qui se compose de deux travées juxtaposées ayant respectivement des portées de 20 mètres et 18 mètres environ : la première forme la salle des machines, la deuxième comprend la salle des générateurs et une salle servant d'atelier et magasin.

Cette construction est faite en pans de fer avec remplissage en maçonnerie de briques, et la toiture en fer et tuiles, d'un type analogue aux hangars et magasins du port.

Les poteaux de la salle des machines supportent le chemin de roulement du pont de 15 tonnes.

Le fond des fosses, servant de logement à la partie inférieure des volants et aux pompes de condensation est muni d'un radier étanche en béton armé pour éviter les infiltrations d'eau.

La cheminée de l'usine est placée à une distance de 8"',20 du bâtiment; elle se compose d'un soubassement en maçonnerie surmonté d'un fût métallique de 35 mètres de hauteur.

Les accumulateurs sont installés dans un bâtiment séparé.

L'arrivée du combustible aux générateurs est facilitée par une voie longeant la salle des chaudières et reliée au système des voies ferrées du port.

A proximité de l'usine on a prévu, en outre, des bâtiments spéciaux pour ateliers, magasins, habitations et bureaux dépendant de ce service; tous ces bâtiments et l'usine sont entourés d'une grille de clôture.

K) Bâtiments et installations diverses.

On a prévu, dans l'enceinte du port, un certain nombre de constructions et d'installations appropriées aux services publics et aux services de l'exploitation.

Les premières comprennent : les dépendances du ministère des Travaux Publics, les bâtiments de la Préfecture Maritime et de la police du port, ainsi que les bureaux des délégations douanières; les secondes : le bâtiment de la Direction du Port et les bureaux pour la perception des taxes de la concession, les ateliers pour la réparation des navires, les services d'incendie, d'eau et de salubrité.

La construction du port étant faite sous le contrôle d'ingénieurs du Ministère des Travaux Publics, qui ont en même temps la charge des travaux nationaux de toute la région, il était nécessaire de réserver à ce service un emplacement spécial en bordure de la rivière pour ses bureaux, ses ateliers et toutes ses installations. .Mais afin de ne pas créer d'enclaves dans le port, ce qui eût été une gène considérable pour une exploitation économique, on a dû choisir pour cet emplacement l'extrémité Sud des nouveaux quais, sauf même à le reporter encore plus loin, dans le cas d'agrandissements ultérieurs des installations maritimes aujourd'hui prévues.

Tout cet ensemble comprend un bâtiment à étage d'environ 500 mètres carrés, avec bureaux et logements pour les ingénieurs, des ateliers importants et une cale de halage [tour la réparation du matériel de dragage appartenant à l'Etat et enfin un appontement en bois dans le prolongement de la ligne des quais.

Le bâtiment de l'atelier, mesurant ISO mètres de longueur sur 27 mètres de largeur, ainsi que les machines et l'outillage, seront ceux des ateliers actuels du Ministère des Travaux Publics, dont on opérera la translation dès que l'état d'avancement des travaux du port le permettra.

A son nouvel emplacement, il sera disposé en retrait de la ligne des quais, de manière à laisser entre sa façade extérieure et l'appontement une sorte de crique ou petit port intérieur permettant d'abriter les appareils flottants en réparation.

Pour le moment, cet atelier du gouvernement se trouve encore devant la ville, près de l'origine des nouveaux quais, et a été mis à la disposition de

l'entreprise du port, qui en a complété l'outillage suivant ses besoins, à la condition de continuer au gouvernement les services de sa destination primitive.

La cale de halage placée à l'extrémité des nouveaux quais sur 100 mètres de longueur sera affectée pour moitié au service des Ateliers Nationaux et en complétera ainsi toute l'installation.

Les dépendances de la Préfecture Maritime et de la police du port ont été prévues en bordure de l'avenue Belgrano, tout près de la Douane; ils comprennent un bâtiment principal, avec rez-de chaussée et un étage, pour le premier service, et un bâtiment annexe à rez-de chaussée pour le second, le tout d'une surface d'environ 800 mètres carrés.

En plus, des petits bâtiments pour délégations douanières seront répartis à différents endroits du port, à proximité des issues ménagées dans la clôture générale afin de permettre aux services de la douane d'opérer leur perception aux endroits mêmes où les marchandises se trouvent et éviter ainsi toute concentration gênante du trafic.

Les différents services de la direction du port et de l'exploitation seront groupés dans un bâtiment placé au centre même de la concession. Les capitaines, pilotes et agents divers, ainsi que le public, pourront y accéder facilement de n'importe quel point. Ce bâtiment sera à rez-de-chaussée avec un étage, et il comportera une tour à signaux visible des différentes parties du port.

Cette installation sera complétée par une série de petits bureaux pour la perception des taxes d'exploitation répartis en différents points de la concession.

En outre, l'entreprise concessionnaire reportera ses ateliers, dès que ce sera possible, en face de la cale de halage. et elle les installera en cet endroit de manière à pouvoir faire la réparation et l'entretien des navires.

Le port comportera aussi un matériel spécial pour porter secours en cas d'incendie, les installations diverses pour services d'eau d'alimentation et de salubrité.

L) Programme d'exécution.

L'ensemble des nouvelles installations maritimes du Rosario que nous venons de décrire s'élèvera à la somme de .v>8 millions de francs, et leur exécution sera réalisée en deux sections afin de donner immédiatement satisfaction à loules les nécessités présentes du commerce et de la navigation, tout en réservant une partie des dépenses de façon à ne pas exagérer dès le début les ebarges du capital.

La première section comprend notamment les travaux suivants :

Murs des quais. — Construction de 950 mètres de quais en maçonnerie ou en bois dans la partie amont jusqu'au kilomètre 1,075;

370 mètres de quai en maçonnerie dans le bassin de cabotage;

950 mètres de quai en bois avec plate-forme en béton armé du kilomètre 1,325 au kilomètre 2,925;

Remise en état et achèvement des quais existants en amont du kilomètre 0 sur 650 mètres environ de longueur;

soit 2 920 mètres ou près de 3 kilomètres de quais nouveaux et 650 mètres de quais anciens remis en état, ce qui l'ait une longueur totale de 3 570 mètres de quais.

Régularisation du Parana. — Fourniture du train de dragage au complet ainsi que des bouées de balisage et d'amarrage.

Dragage et remblai. — Dragage du chenal devant les quais jusqu'à concurrence de 3 millions de mètres cubes de déblai et mise en remblai en arrière des quais d'une quantité équivalente.

Exécution de tous les travaux de fascinages pour rectification des rives du Parana.

Voies charretières. — Exécution d'environ moitié des routes pavées et macadamisées, et de 20 kilomètres de voies ferrées; fourniture de 3 locomotives et de 2 ponts-bascules.

Grilles de clôtures. — Mise en place de 6120 mètres de grilles de clôtures avec les portes nécessaires.

Assainissement et égouts. — Prolongation des égouts anciens et assainissement des terre-pleins créés.

Magasins, entrepôts et hangars. — Construction d'environ un tiers de la surface couverte qui était prévue pour l'ensemble des magasins, soit 16000 mètres carrés.

Elévateur à grai?is. — Construction complète des silos pour une capacité totale de 30 000 mètres cultes, des passerelles et bâtiments annexes. Fourniture •de toute la machinerie et mise en service de l'installation de l'élévateur.

Outillage du port. — Fourniture de 17 grues électriques de 1 500 kilogrammes, d'une grue de 30 tonnes, de 10 cabestans et de 2 chariots transbordeurs.

Usine de force motrice. — Construction de tous les bâtiments et installations. Fourniture de trois groupes électrogènes d'une puissance totale de 900 chevaux.

Bâtiments et installations diverses. — Bureau central de la direction du port et bureaux annexes de perception des taxes, service d'eau, d'incendie et de salubrité déport.

La deuxième section comprend tout le complément des installations telles qu'elles ont été prévues et définies dans le présent chapitre.

Le délai d'exécution de la première section est de six années, y compris une année pour le parachèvement, et celui de la deuxième section de quatre ans.

Ces délais ne s'ajouteront pas vraisemblablement, car les recettes actuelles de l'exploitation font présumer que l'on commencera les travaux de la deuxième section bien avant l'achèvement des premiers.

Les différents travaux du port ont été répartis entre MM. Hersent pour environ les 3/i de l'importance totale et MM. Schneider et 0e pour environ 1 '^-

MM. Hersent construisent les quais, font les dragages et les remblais ainsi que la fourniture du matériel de dragage, toutes les maçonneries îles bâtiments, des hangars et de l'élévateur, les voies ferrées, chaussées, installations diverses, etc.

MM. Schneider et Cic fournissent de leur côté les parties métalliques et mécaniques, les 'charpentes en fer des bâtiments, des hangars et de l'élévateur, les grues électriques, toutes les machines de la station génératrice, etc., etc.

Le contrôle technique de la construction est placé en Argentine sous la haute direction de M. Lange, directeur général des Travaux Hydrauliques et de M. A. Piaggio, ingénieur très distingué du Ministère des Travaux Publics, tandis que le contrôle des fournitures étrangères est effectué pai M. Busl"-. Moron, sous-secrétaire d'Etat, chargé de l'inspection technique et financière de la Société en Europe.

La direction générale des travaux en Argentine a été confiée par les entrepreneurs à M. Pagnard, ingénieur des Arts et Manufactures.

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