‹ Résections orthopédiques du coude dans les luxations anciennes et irréductiblesChapitre 6 sur 13 · DID · texte numérisé non relu

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osseuses Se développent. Raccourcis d’abord par le fait du chevauchement (les os, les muscles se rétractent et se sclérosent. De même si après la luxation l’article a été immobi-

lisé. L’ankylose survient rapidement et la nécessité d’intervenir est formelle.

Marangos, dans sa thèse, cite trois cas de résection ayant donné, chez des enfants, d'excellents résultats.

I. — A. M., huit ans. Opéré par M. Fochier pour une luxation irréductible du coude avec ankylose presque rectiligne, deux mois après l'accident. Luxation du coude en arrière. Résection humérale du coude de 5 centimètres le 5 septembre 1881. Le 13 mars 1882, le malade sort avec une flexion presque normale du membre, une extension limitée à 150° à cause de la saillie du bec olécranien, des mouvements de pronation £t de supination normaux.

II. — D. F., dix ans. Luxation du coude avec fracture de l’épicondyle. Après trois mois, résection de la portion humérale du coude: Mouvements actifs de flexion et d'extension à peine limités. Mouvements de pronation et supination intacts. Pas de mouvements de latéralité. Coude très docile.

III. — G. F , quinze ans. Luxation incomplète en dehors, de Malgaigne, avec fracture de l’extrémité inférieure de l’humérus. Résection humérale comprenant les deux cavités olécranienne et coronoïdienne : l’épitrochlée et l’épicondyle. Mouvements normaux de flexion et d'extension ainsi que de pronation et de supination. Articulation très solide sans traces de mobilité latérale.

Voici donc des résultats on ne peut plus satisfaisants. Notons en passant que si, seule, l'extrémité humérale avait

MAN Ne été réséquée, il y avait intégrité parfaite des têtes radiale et cubitale dont les rapports n'étaient pas détruits. Les mouvements de pronation et de supination n'avaient pas été intéressés.

Nous pouvons donc conclure avec Ollier : «On doit débuter, chez les jeunes enfants, par la flexion progressive du membre et la mobilisation patiente et soutenue. L'opération sera justifiée plus tard s’il reste une trop grande difformité et si les mouvements ne se rétablissent pas. Au cas où des adhérences osseuses se seraient formées après la luxation, la résection est plus nettement indiquée.» (1)

Il ne faut cependant pas perdre de vue la responsabilité que l’on assume. On reste toujours exposé aux surprises que peut réserver une perturbation dans l'accroissement. « Bien que les épiphyses du coude ne prennent qu’une faible part à l'accroissement du membre supérieur, le retranchement des extrémités articulaires chez les jzunes enfants, peut amener un arrêt de développement très sensible, en ajoutant à la suppression du cartilage de conjugaison le trouble que produit toute mutilation de l’os. À peu près nulle dans le cas de néarthrose solidement constituée, cette perturbation serait bien plus sensible siles os étaient flottants ou seulement irrégulièrement articulés ».

Nous pensons que le danger connu est plutôt l’ankylose que le bras en fléau. Aussi chez les jeunes enfants doit-on faire la résection large et complète des surfaces articulaires. Comme nous le verrons plus loin, l’os à une tendance plutôt à s’accroître qu’à être arrêté dans son développement.

CHEZ L'ADULTE il n'en est pas de même, et nous pouvons

(1) Ollier, Des Résections, t. T, p. 86.

Vs

| “+ dire aussi chez les sujets âgés de plus de quinze ans. A cet âge la croissance est terminée, ou à peu près, et les surprises contre lesquelles Ollier nous met en garde ne peuvent se produire. Et, du moins, si elles surviennent, sont-elles bien atténuées ?

La mobilité des articulations luxées s'améliore aussi, graduellement, mais dans une certaine mesure. Il ne faut pas songer à obtenir un degré de flexion et d'extension très accentué. Pourtant il est des cas heureux, où l’ankylose survient dans un degré de flexion voisin de l’angle droit. Dans ces conditions, et avec une mobilité de 20 à 25°, un bras peut rendre de grands services, d'autant plus que, malgré la luxation, la force conservée est assez considérable. Ainsi certains sujets, dont la profession n'implique ni des travaux de force, ni une grande mobilité de l'articulation, sont-ils peu portés à se faire opérer. Les services qu’ils retirent de leur membre, même en cet état, sont réels. Dans ces cas Jà, la résection orthopédique est une opération presque de complaisance et il est bon d'envisager les résultats possibles, surtout les résultats éloignéz, en n’oubliant pas qu'on n’est toujours pas assuré d'obtenir par la résection une force du membre comparable à celle qu'il aurait conservé sans intervention.

Autres sont les conditions dans lesquelles se trouvera, par exemple, un manouvrier incapable de tout autre travail que celui auquel son bras luxé devient inapte. La résection s'impose dans ce cas et les résultats obtenus plaident pour l'intervention. Le raccourcissement post-opératoire du bras est insignifiant, les mouvements de flexion et d'extension sont bien près de la normale, de même que les mouvements de pronation et de supination. La méthode sous périostée d'Ollier, en supprimant la section du triceps, en conservant toutes les insertions musculaires et ligamenteuses, permet

d'obtenir une articulation qui ne présente pas de mouvements de latéralité. L'intégralité du triceps permet la conservation des mouvements antéro-postérieurs et laisse loin des bras ballants en fléau, obtenus primitivement. De plus, un traitement post-opératoire bien dirigé et une gymnastique appropriée, permettront au membre opéré de recouvrer sa force et d’être sinon comme avant toute intervention, au moins aussi utile.

Donc, chez l'adulte, où la flexion forcée, ou progressive et soutenue ne permettent pas d'espérer le modelage régulier des surfaces luxées et la formation d’une néarthrose utile, la résection s'impose. Il va sans dire qu'on ne s’y résoudra qu'après que les autres moyens de résection non sanglanis auront échoué.

Nous nous demandons si alors, en plus du mouvement utilitaire à obtenir, on ne doit pas envisager un peu l’esthétique. Bien que secondaire, en effet, on ne doit pas la considérer comme quantité tout à fait négligeable, surtout sil s'agit d’une jeune fille ou d’une jeune femme qui n'auront pas encore fait, et à bon droit, le sacrifice des charmes inhérents à leur sexe.

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