UN AN APRÈS. I
s'en félicitait. — Comme elle m'aime ! — pensait-il. Donald s'applaudissait de ce mouvement d'effroi , si tôt suivi d'un repentir qu'il avait deviné.
Il ne dansa qu'une fois avec madame de Nelvoisy, qui, distraite, mécontente d'elle-même, affectait de la gaîté et se composait des sourires. Il ne lui adressait la parole qu'avec une circonspection dont elle lui savait gré. Les femmes penchaient leurs tètes ornées de fleurs pour regarder furtivement Donald. — Il est fort bien , disait l'une. — Sa tête est irrégulière mais expressive. — Il a l'air souffrant , malade. — Sa toilette est d'une élégante sévérité ; il est.... — bien dangereux, — ajouta une vieille dame. Le groupe se prit à sourire ; madame de Nelvoisy, silencieuse , riait aussi ; mais elle était pâle en riant.
A onze heures et demie , au moment le plus animé du bal, son mari s'approche d'elle, et lui dit qu'il est obligé d'aller à la soirée du ministre , qu'il n'y ferait qu'un acte de comparution , dont son Excellence serait charmée ; et toutes ces