JE N Y SUIS POUR PERSONNE
paroles, n'échappèrent pas à madame de Nelvoisy.
— Qu'avez- vous donc ce soir, milord ? lui disait-elle ; étes-vous indisposé ? Vous êtes sombre à effrayer.
— Rien, rien, madame; je suis comme
d'habitude.
— O mon Dieu , quel ton glacial !
— Avec vous? Oh, jamais!.... Seulement, je vous obéis.
Et la conversation , renouée vingt fois, se brisait toujours : littérature, théâtre, anecdote, musique, amitié, rien n'y faisait; l'entretien retombait, à chaque minute, pesant et glacé. Enfin , Donald prit assez brusquement congé. Madame de Nelvoisy pensa que sa sévérité obstinée à repousser toute expansion dangereuse lui aliénait le cœur de Donald ; elle ne vit dans cette froideur qu'un amour dépité, et, dans le chagrin qui l'accablait, elle lui écrivit :
"Donald, vous ne m'aimez plus, ou vous ce voulez me punir de ma résistance. Avez- vous
JE n'y suis pour persokne. 281
a résolu de vous éloigner de moi ? Au nom du « ciel , dites-moi la vérité! quelque amère qu'elle « soit, jç l'aime mieux que l'incertitude. Vos airs « contraints et froids m'ont appris, hier au soir, « que vous cessez de m'aimer ou que vous sou- « haitez de vous défaire d'une amitié qui vous « importune.... Vous vous êtes fait un jeu de me « rendre folle pour m'abandonner à ma folie , « quitte à moi d'y laisser ma vie ou ma raison.
« Pendant quatre mois vous m'avez poursuivie « des obsessions les plus tendres ; vous m'avez « fait une habitude d'émotions qui me rend « presque insupportable toute autre présence (f que la votre; je ne sais comment vous concilier « avec vous-même. Je suis presque aussi insensée « que vous voulez que je sois; mais cela ne vous « suffit pas , vous ne vous croirez pas aimé, si je « ne vous fais le sacrifice de moi-même.
a Vous m'avez dit : — Je t'aime, — et ce n'est « pas dans mon cœur que cette parole pouvait « tomber stérile. En vous repoussant, va, je la « recueillais bien ; elle n'a pas cessé de fermenter
a82 lE n'y suis pour personne.
« en moi et de rainer cette force que j'ai crue « si imployable. Faut-il l'avouer? il y a des mort mens où je me sens bien forte, et d'autres où « je me sens défaillir au son de votre voix seule. « Oh! laissez-moi essayer tout ce qui est pos- « sible, épuiser toutes les ressources du courage « et de la raison.... Pardonnez-moi de prolonger « cette lutte où tout un passé expire, où je ne « vois d'avenir qu'un jour brûlant dont je ne
« supporterais pas le lendemain Laissez-moi
« tout prévoir, afin que si je me perds il soit « bien dit entre nous que c'est bien librement , « bien pour l'amour, et que je n'ai point trop « de reproches à vous faire.
a Songez à tout ce qu'il m'en coûte pour écrire
« ces lignes; voyez la honte que j'ai au front
« Mais il n'y a pas de supplice au monde plus (f cruel que celui de vous voir froid et distrait à «mes côtés. Si c'est une feinte, elle a atteint « son but , j'en ai été bien malheureuse ; mes « pleurs ont coulé ; réjouissez-vous de ces pleurs, « ils témoignent de ma faiblesse. Mais non ,
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« voyez-y de l'amour, et que cette tendresse si « vraie vous désarme et vous persuade de me (( garantir de moi-inême. »
Son premier mouvement fut un mouvement de joie ; ses remords disparaissaient devant une espérance prochaine et enivrante. Enfin , il la tenait à ses pieds, cette jeune femme ! Le monde lui avait apparu comme un contraste à ses idées de jeunesse ; elle avait compris tous les mensonges d'une éducation qui n'a plus de rapports avec ce qui est; mais elle conservait cet instinct de pudeur et de dignité d'elle-même, qui est la sauvegarde de bien des femmes encore.... Elle était près de l'oublier.
Joyeux de son succès , il répondit :
a Vous rae demandez si je vous aime. Oh ! je a vous aime au-delà de toute expression , et cette «affection est telle, que je retiens mes désirs, « parce que vous les craignez. Vous êtes bien « ingénieuse à me tourmenter ! Vous me pres- " crivez une amitié insuffisante et froide , je m'y
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«condamne; et quand je me torture à vous « obéir, vous m'en faites un crime !
« Eh ! ne voulez-vous pas détruire cette inti- «mité délicieuse qui naissait entre nous! Si je « me présente chez vous , votre appartement est «comme une place publique; on y entre, on « en sort à chaque instant. Vous ne pouvez pas « vous résoudre à rester seule avec moi; vous « sonnez vos gens sur le moindre prétexte : « alors l'étiquette me chasse, et je pars le dés- « espoir dans l'âme.
«Ecoute, si tu m'aimes, consens, quand je « serai chez toi , consens quelquefois à n'y être « plus pour personne.... on en trouve des pré- « textes quand on veut.... Oh! si j'entendais ces « paroles sortir de ta bouche à mon arrivée : — « Je n'y suis pour personne ! »
Il envoya ce billet par leur messager ordinaire , puis il en eut regret ; il se reprochait de l'avoir écrit, il n'avait plus d'amour pour elle. Résignée seule l'occupait.... Il ne sortit pas; il était mécontent de lui-même. Le temps était
JE n'y suis pour personne. 285
lourd, pluvieux; sa tête s'embrasait d'images.... Et quel frein avait-il à leur ojDposer? aucun : son amour pour Résignée , il le craignait ; il l'ajournait comme un esclavage.
Quelques heures après, son domestique entra suivi d'un chasseur.
— Deux lettres, milord, dit-il.
La première était de madame de Nelvoisy ; il brise le cachet , et lit ces mots à peine lisibles : « J'ai la fièvre ; M. de Nelvoisy dîne au ministère « des finances, je ne sortirai pas. »
Il leva la tête vers le chasseur, immobile à la porte : — Présentez, dit-il, mes hommages à madame de Nelvoisy; je suis désolé de son indisposition. J'aurai l'honneur de la saluer ce soir. — Il demeura seul , et tout tressaillant d'une joie fébrile ; son amour-propre était en délire. Il marchait, ou plutôt il glissait sur le parquet, oublieux de tout, hors d'une idée qui le plongeait dans un enivrement maladif.
Et la seconde lettre était là , blanche , d'un beau papier vélin, scellée d'un cachet de cire
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rouge parfumée , posé avec soin. Il ne la regardait seulement pas, et pourtant cette lettre était si bien pliée! L'adresse en avait été tracée lentement avec tous ses détails.... une jeune fille seule avait pu s'y complaire, et s'y arrêter en rêvant, en soupirant peut-être.... Enfin, il y porte les yeux.... ce cachet est aux armes de la maison d'Estanceley.... il ouvre, et lit :
Paris, hôtel d'Estanceley, octobre 1822.
« Le comte d'Estanceley a l'honneur de saluer « lord Donald , et de lui adresser une lettre du « pauvre Baptiéret, leur protégé. «
La goutte roidissant les doigts du vieux comte, il ne pouvait écrire lui-même; son secrétaire le plus liabituel, c'était Résignée. Le billet était tracé d'une écriture élégante , menue , et avec le soin recherché que j'ai dit.... Tout décelait Résignée, la netteté des caractères, reflets de sa candeur posée ; le léger parfum qui s'exhalait du vélin doré , émanation de sa coquetterie
JE n'y suis pour personne. 287
suave; et ces mots : « du pauvre Baptiéret, leur protégé » , révélateurs de sa compassion , et peut-être d'un amour chaste, chrétien, plein de béatitude, indicible, inaltérable et profond comme l'amour incalculé du christianisme, qui espère aimer dans l'éternité même
Il se passa quelques instans avant qu'il lui fût possible de prendre connaissance de la lettre du pauvre Baptiéret , leur protégé.
« Milord , écrivait-il , j'ai reçu avec bien de la « reconnaissance la grammaire, les dictionnaires « et les autres livres anglais que vous avez eu « l'extrême bonté de m'envoyer. La lettre qui « accompagnait cet envoi m'a pénétré le coeur. « Non , milord , la protection de monsieur le « comte et de mademoiselle d'Estanceley ne « m'empêche pas d'accepter la vôtre ; ils me le a permettent. Elle m'est fort honorable ; mais je a ne vois pas (excusez ma franchise), je ne vois « pas ce qu'elle changera a mon sort. Vous me « demandez pourquoi je ne songe pas à venir à
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« Paris, où M. le comte d'Estanceley m'obtieii- « drait si aisément une place. A vrai dire, je ne a m'en suis jamais soucié; la ville m'ennuie, « j'aime le village et le château d'Estanceley. Je « ne crois pas ensuite avoir le talent qu'il faut a pour remplir une place ; je serais obligé de a faire des études. Et qui nourrirait mon vieux « père ? Il n'accepterait pas des aumônes dite rectes; il est trop fier, et moi aussi, pour cela. « Si vous saviez, Milord, combien mademoiselle « d'Estanceley est adroite à nous faire accepter « ses bienfaits , à nous les cacher !... Oh ! je n'en « devrais parler qu'à genoux!... Voyez-vous, ma a reconnaissance.... je ne saurais bien vous l'ex- « primer.
« Et puis, mon père est attaché à son école, ce à son curé, à son clocher, à la place où il « s'assied tous les dimanches au lutrin , au sa- « cristain , son vieil et fidèle ami. Il mourrait « de chagrin à Paris ; il a besoin de moi pour « l'aider à instruire les petits garçons du village. a Le tombeau de ma bonne mère est là aussi.
JE n'y surs Povn personne. aSq
« dans le cimetière, où nous passons pour aller fc à l'église ; mon père y prie avec moi : sa vie « comme la mienne, ses souvenirs comme les «miens, ne sortent pas d'Estanceley. J'aime le «village, le château, et jusqu'aux pommiers et « aux treilles plantés devant la porte de notre «maisonnette, réparée par les soins de made- « moiselle d'Estanceley. Ici, je suis aussi heureux « que je puis l'être dans mon humble position ; « un peu moins de pauvreté n'y ajouterait pas « plus de bonheur; au contraire, j'y perdrais de « n'être plus au village.
« Mademoiselle d'Estanceley m'a dit que le « Ficar of TVakefield est un bon livre ; elle l'aime « beaucoup , car elle en lit toujours une traduccc tion depuis. Je vais bien travailler , afin de « pouvoir me le traduire.
«Je vous renouvelle mes remercîmens, mi- « lord.... Oh! vous pouvez compter toute la vie « sur la reconnaissance empressée de votre très « humble et tout dévoué serviteur
« BaPTIÉRET. ))
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Elle en lit toujours une traduction depuis l II ne voyait que ces mots dans la lettre.... Et ces mots réveillaient des souvenirs tout puissans à combattre, de voluptueuses impressions.... Deux principes luttaient en lui, l'âme et les sens!...
— James , faites atteler ma calèche , — dit-il aussitôt après son dîner.
La calèche s'arrêta dans la cour de l'hôtel d'Estanceley ; on l'introduit au salon. Résignée s y tenait, préparant sur un guéridon une théière en bronze. Elle s'avança modestement , mais avec une vivacité douce, où l'on devinait la joie d'un bonheur inattendu. Il comprit tout ; et elle croyait ce sentiment si bien en sûreté au fond de son âme ! Elle ne savait pas que , pour un œil exercé, son sein était diaphane comme un cristal pur.
— Comment se porte M. le comte? — dit-il d'un ton qui annonçait aussi que sa préoccupation ne reposait pas sur ce vieillard ?
— Il s'est trouvé un peu fatigué du voyage, milord ; il vient de se retirer dans son appartement.
TE NY SUIS POUR PERSONNE. iqi
— Notre protégé, mademoiselle, m'a adressé ime lettre d'une simplicité charmante.
— Notre protégé! dit-elle.... — Elle feignait de ne pas comprendre , peut-être afin qu'il insistât.
— Oui, mademoiselle, notre protégé, le pauvre Baptiéret.
— Je ne le protège pas, milord; je tâche seulement de lui faire un peu de bien , à lui ainsi qu'à son père.... Ah ! mon oncle , à la bonne heure.... C'est mon oncle qui m'a dicté le billet que vous avez reçu.
— Mais vous l'avez écrit ?
— Oui , dit-elle avec un sourire qu'elle savait fort bien être en harmonie avec ses traits ; oui , en ma qualité de secrétaire privé du cabinet de M. le comte d'Estanceley.
— Et cela ne vous ennuie pas ?
— Un peu, reprit-elle en agitant avec finesse sa tète ravissante ; un peu , maintenant.
— Maintenant !
Ces airs coquets lui allaient à ravir ; elle
2g2 JE N Y SUIS POUR PERSONNE.
voyait qu'ils plaisaient à Donald , qui suivait avec délices tous ses mouvemens , et elle s'y livrait confiante , heureuse. Cette gaîté confidentielle, c'était presque un aveu. Il en étudiait, il en goûtait le charme inouï et neuf pour lui ; l'air lui semblait plus léger , plus épuré ; il n'avait plus dans la poitrine ce resserrement douloureux qui l'oppressait. Il sentait , pour ainsi dire, son existence se dilater. Il s'enfonça dans son fauteuil comme un homme qui est chez lui , s'y appuya plus négligemment , et , s'inclinant avec un abandon riant vers Résignée, il répéta : — Maintenant !
— Quoi ! milord !
— Vous avez dit : — Maintenant !
— J'entendais par-là depuis un mois de-
puis deux mois.... Mais qu'y a-t-il donc d'étonnant, ajouta-t-elle avec un air à demi sérieux, si, à mon âge, on désire jeter un peu plus de variété dans sa vie ?
— Rien, mademoiselle; oh! rien.... Cependant, je vous ai entendu dire que vous n'aimiez
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pas le monde; qu'il vous importunait, qu'il vous effrayait même.
— Je n'étais que l'écho des conseils de mon oncle, et des épigrammes de mon frère.... Et, d'après ce que j'en ai pu voir, une jeune personne doit être en quelque défiance du monde. Il y a si peu de vérité sur les bouches et sur les fronts! On sourit, un sourire vous répond.... Sait-on si ce sourire-là ne ment pas ?
Donald tressaillit , et baissa la tête en étouffant un soupir qui resta douloureusement dans sa poitrine comme une pointe de poignard. Elle s'en aperçut, et craignit de l'avoir blessé, lui qui venait de sourire.
— Je sais,railord, continua-t-elle, qu'il est dans cette comédie sociale des coeurs honnêtes, droits, sincères , candides même , qui ne pourraient mentir ainsi. Mais comment les connaître au sein de cette foule qui porte le même costume , le même langage, les mêmes attitudes, et presque la même physionomie ? Comment, lorsqu'on n'a pas un long usage du monde, y dis-
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cerner ce qui est imposture et ce qui est vérité? Faut-il , à mon âge , n'y point penser par soimême, n'avoir d'autre intelligence que celle de quelques parens et amis, quand on a le bonheur d'en posséder ? Que faire ? Et lorsqu'une jeune personne s'est trompée , c'est pour toute la vie , il n'y a pas à y revenir ; il faut qu'elle tire de son malheur tout le parti possible ; il faut qu'elle se résigne à s'en faire un bonheur avec l'aide de la religion.... Tenez, voyez cette pauvre madame de Nelvoisy.
Donald s'affaissait de plus en plus dans son fauteuil, abîmé de repentir, et surpris de rencontrer dans une jeune fille des notions aussi nettes du monde. On ne sait pas ce que la solitude et l'habitude de réfléchir sur une idée juste et toujours présente donnent de perspicacité pour apprécier les autres faits de sociabilité.
— Voyez cette pauvre madame de Nelvoisy ! Elle se croyait bien aimée de son mari, et il paraît que ce sont de tristes considérations de
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fortune qui l'ont déterminé à ce mariage.... J'ai vu à Livrange combien elle en souffre.... Oh! si pareil malheur m'arrivait , je ne serais pas aussi résignée qu'on veut bien le dire.... Et pourtant que faire ?.... La résignation est une vertu de nécessité chez toute femme qui est malheureuse dans son ménage.
— Vous dites vrai, mademoiselle; le mariage est toute ia destinée d'une femme, et la moitié de celle d'un homme.
— Comme vous exprimez bien ce que je pensais !
— Un homme a tant de distractions sous la main ! S'il s'ennuie du mariage , il allonge sa chaîne ; il voyage.
Cette idée-là ne me serait jamais venue , pensa Résignée , et les opinions si antipathiques , si prononcées de lord Donald , sur le mariage , se réveillèrent en son esprit. Le docteur les lui avait plus d'une fois malignement expliquées, en écartant avec soin toute image qui pût altérer la pudicité de son imagination. On écoute le
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mal qu'on vous dit de la personne aimée ; on en souffre d'abord ; mais à force d'y revenir avec des préventions favorables ^ l'amour use la vérité , et y met à la place son illusion chérie. Ce mot peignait trop bien le caractère de lord Donald , qui , dans son besoin de bien-être , ne s'imposait aucun sacrifice, aucune gène ; ce mot lui fit mal; mais l'œil de Donald reprit tant de douceur et de tendresse , elle était si puissamment dominée par sa présence , qui lui composait tout un bonheur, qu'elle ne s'arrêta pas à cette impression. Elle voulait le pénétrer, car elle s'apercevait qu'elle était subjuguée par cet homme , dont la voix seule, vibrant en elle, la portait à la confiance ; par cet homme qui l'enlaçait habilement dans une conversation dont elle voulait sortir, où il la ramenait pour jouir de tous les incidens des troubles et des émotions donnés à volonté. Mais lui-même, vaincu par cet enchantement d'une causerie d'âme à âme ; étonné du plaisir calme qu'elle lui communiquait, il oubliait tout; il prolongeait sa visite bien au-