J T O TROIS JEUNES FILLES
— Je lis les journaux à mon oncle , je me promène , je veille aux soins domestiques , je dicte les comptes à Baptiéret, le secrétaire de l'homme d'affaires ; je joue du piano , je chante , et si ma musique le fatigue, je me tais.
— Oh ! que tu es bien Résignée !
— Oui; mais non pas au malheur d'un mauvais mariage. Résignée ! c'est un surnom que je me laisse donner : mais je ne suis pas toujours volontairement résignée aux chagrins; seulement j'ai peur que la résignation ne soit le devoir de toute femme qui souffre d'une fausse position dans le monde, ou de chagrins cachés, et je crois qu'il y en a beaucoup.... Mais, ditesmoi, ajouta-t-elle avec son ingénuité de dixsept ans , vos fiancés ont-ils de la religion ?
— Il faudra bien que Charles en ait , puisqu'il m'aime.
— Il m'a bien promis d'écouter mes conseils, et d'aller à l'église; mais, Résignée, ton sermon est bien inutile : nous en savons plus que toi sur la religion, nous avions des conférences au