DEVANT DEUX CORBEILLES. I I I
Sacré-Cœur^ et nous traitions dans nos compositions des sujets édifians et pieux.
— Je n'ai lu que l'Évangile, moi, dit simplement Résignée ; je n'ai point voulu vous faire de sermon , j'ai parlé comme mon cœur me disait.
En ce moment entra madame Ganeville , sœur de M. de Chanuzac, et mariée depuis plusieurs mois à un banquier. Elle était laide et déjà vieille. Ainsi le banquier avait spéculé sur l'affection ridicule de cette riche douairière ; et c'est en vain quç M. de Chanuzac avait combattu ce mariage de toute la vigueur de ses poumons ministériels. Sa voix, si exercée à demander la clôture et à lutter par le bruit contre les raisonnemens de l'opposition, s'était brisée contre l'amour obstiné d'une vieille dévote.
En entendant le bruit de ses pas et de sa toux sèche , les fiancées posèrent vivement les corbeilles sur des meubles , ouvrirent la porte , baissèrent les yeux , et prirent un air recueilli. Elle entra, jeta autour d'elle un regard obser-
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v<iteur, et dit : — Mesdemoiselles, la voiture est prête , allons à l'église. Mademoiselle d'Estanoeley voudra bien nous excuser. Kotre ^aint directeur nous attend; vous allez recevoir l'absolution afin de communier demain matin , avant la célébration de vos mariage^-
Une Boivée aprh MXavia^e.
Huit jours après, Constance de Nelvoisy et la baronne de Livrange se trouvaient dans le même appartement avec Résignée; une soirée allait clorre les solennités du mariage. Le duc d'Alvida et lord Donald y étaient invités. Résignée devait partir le lendemain pour Estance- I. 8