‹ RésignéeChapitre 15 sur 16 · FllÀGfllENS · texte numérisé non relu

FllÀGfllENS

« La morale , comme le levier d'Archimède , « soulèverait le monde et l'attirerait à elle.... si « elle trouvait un point d'appui. '

« En France, on cherche aujourd'hui à tout « amoindrir, de sorte que les gens vulgaires « disent qu'il n'y a plus d'élémens pour les « grandes choses : erreur ! A ne regarder que le « mouvement industriel , un homme extraordi- « naire pourrait être le Napoléon de l'industrie. « La découverte des forces de la vapeur sera fête conde ; mais il n'y a pas encore eu un homme « à la hauteur de la découverte de Watt et de « Fulton.

' La morale de l'athée est coraw» un sable mouvant, qui se dérobe sous lui à chaque pas.

Dieu et l'âme sont les points d'appui de la morale du croyant.

« Quand un homme de génie a des idées qui « heurtent les intérêts et les opinions de son « siècle, il faut que cet homme en meure pour « qu'on y croie.

« Y aurait-il une jouissance dans cette con- « trainte que les hommes religieux s'imposent, «et qu'ils nomment vertu? Mais si c'est une «jouissance, ce n'est plus une vertu.... Les rê- « veurs disent que c'est une joie sublime..... « Bavardage !... Au reste, je n'en sais rien....

«Le catholicisme se meurt, depuis qu'on ne « croit plus aux revenans.... Bouffonnerie qui « n'est peut-être pas dénuée de sens.

« 11 y a dans une seule des importantes jour- « nées de Napoléon , ou même du poète Byron ,

« de quoi tailler mille existences de marguilliers... « Moi , j'ai rempli la mienne de sensations ex- « trêmes ; j'ai eu la stupidité de m'arrêter aux « supplications , aux menaces d'une jeune fille.... «Je ne m'en repens pas.... En vérité, le cœur « humain est un étrange composé d'inexplicables « misères! J'éprouve parfois des terreurs puériles « qui, dans la nuit, me figent le sang dans les « veines.... Je me rassure en me disant que rien « n'est certain , sinon l'incertitude

« La vie des hommes ordinaires n'a qu'un « cercle de sensations et d'idées.

« Les hommes mieux organisés changent à « chaque instant de centres et de circonférence ces , jusqu'à ce qu'ils aient parcouru le monde « connu de nos sensations et de nos idées.

« Les uns broutent stupidement l'existence cf jusqu'aux dernières feuilles, sans saveur, ari- « des, desséchées ;

«Les autres la repoussent : parfois, à trente « ans, leur vie n'est plus qu'une étrange curio- « site de la mort.

« J'avais tout calculé dans ma vie : millionce naire , honoré , admiré, j'allais à tout ; mais il « faut qu'une jolie fille de couleur se trouve là, « et qu'un instant d'oubli compromette cet ave- «nir!... Voir souffrir ma ravissante Résignée, « c'était trop !... J'en meurs.... J'ai la bêtise d'en

« mourir J'acquitte une dette. .... Je vais

« au-devant de cet inconnu Si je m'étais

«trompé!... il n'est plus temps!... J'ai écrémé « les joies de la vie, le reste m'est insipide : je « le jette

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