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466. Conséquence des expériences précédentes. — Les résultats consignés dans ce tableau donnent pour la
1" série E = 21 970 000 000^"
2" série E = 20 566 000 000
3« série E = 20 263 000 000
Moyenne E = 20 933 000 000^.
L'on voit donc que, malgré llaltération de TélasticUé dans chacune de ces expériences, et le redressement qui les a suivies, le coefficient d'élasticité n'a pas varié de plus de i^, et que, dans les deux dernières expériences, il est resté presque identiquement le même.
Il suit de là que si l'élasticité , et par suite la résistance du fer qui a subi des flexions de ^ de sa portée et des allongements proportionnels égaux à 0m.0021, a été altérée, cette altération est très-peu sensible, et qu'elle ne diminue pas d'une manière notable la résistance que le métal peut encore offrir à de nouveaux efforts.
467. CoNDinoNS spéciales auxquelles doivent satisfaire les essieux de l'artillerie. — Outre les effets brusques du recul occasionnés par le tir, les essieux des voitures de l'artillerie sont exposés à parcourir les plus mauvais chemins et souvent à être versés, culbutés de la manière la plus violente. Il est donc, pour ce service, de toute nécessité que le fer dont ils sont fabriqués soit aussi doux et aussi ductile que possible, plutôt même que très-rigide. Des épreuves par le choc sont donc, dans ce but, très-rationnelles, parce que les fers durs et peu ductiles ne peuvent les supporter, et l'énergie de ces épreuves met de suite en évidence si les fers employés à la fabrication des essieux qui y sont soumis possèdent ou non les qualités voulues. Elles permettent ainsi d'éliminer les fers médiocres, et de n'admettre dans le service que ceux qui sont réellement de qualité supé*^ rieure.
C'est ce que montrent fort bien les épreuves comparatives suivantes, qui ont été exécutées à Nevers par Tinspecleur des forges.
Les essieux soumis à ces expérience» étafent ies n*" 2 bis et 3 bis, destinés au matériel noureau des canons rayés.
Ils formaient quatre groupes difiérents par la qualité du métal:
1° Deux essieux en fer corroyé aux cylindres n®* 2 6w et 3 Ws, et deux essieux en acier puddlé corroyé aux cylindres n*** 2 bis et 3 6(5, provenant des forges^de Fourchambaull ;
^ Essieux en fer corroyé au marteau , des forges de Salbres (Loir-et-Cher) ;
3« Essieux en fer martelé, provenant directement de la loupe, des mêmes forges que le précédent ;
4'' Essieux, en fer corroyé au mairieaa, et pour la iabrieation desquels Ton avait employé- du fer de qualité médiocra.
Les essieux du premier groupe ont reçu d*abord seize coups de mouton tombant de hauteurs q^i ont été progressivement augmentées de O'.IO en 0».10, depuis la hauieur règlement taire, qui, pour ces numéros d'essieux, a été fixée à 0™.90 pour le n« 2 bvsy et à 0-.68 pour ite^n*» 3* dis, jusîpi'à cellfe de 1™. 65; et après chaque série dte deux coups , Féssifeu était retourné et redressé au moyen d'un ttoiiaffëme coup à même hauteur.
Cette première épreuve n'ayant produit aucune altération, elîe a été suivie d'une nouvelle série de seize coups de mouton tombant de hauteurs variables comme précédemment; puis enfin resrâai a* reçu: dix coups de mouton , élevé chaque fois
Après avoir reçu ce nombre toM de quarante-deux coups de mouton et avoir été redressé dix fois, les essieux ne présentaient ni altération ni commencement de rupture.
Les deux essieux en acier puddlë ont subi Ies]méfmes épreuves sans présenter la moîndi'e altération. Le second a été ensuite soumis h quatre ehocs de mouton tombant successivement dtes hauteurs de O-'.QO, 1"».10, l».30 et l-.SO, sans que cet essièuail été, eemme précédemment, retourné pour être redressé, et sans que la flèche de courbure ait été ffmitée par Fenchime.
Cette dernière épreuve , qui est analogue à beaucoup d'kutres
ÉPREUVES DES ESSIEUX. ï^5
exécutées sar des essieux en acier pudlé corroyé, confirme cfe que Ton sait de la grande ductilité de ce produit nouveau de là métallurgie.
Un essieu du deuxième groupe, en fer corroyé au marteau, a supporté neuf coups de mouton , tombant de hauteurs croissant, depuis 0".65, de 0'».20 en 0«.20, jusqu'à 1^.65. Il a été retourné et redressé trois fois pendant ces épreuves, et s'est eassé au dixième coup, où la hauteur de chute avait été portée à 1-^.75.
Un esdeu du troisième groupe, en fer martelé, provenant directement de la loupe, a supporté d'abord un premier coup de mouton avec la hauteur de chute de 0".65, puis deux coups avec la chute de 0".85. Après avoir été redressé une fois, il a eassé sous la chute dû mouton tombant de l'".65.
Enfin , sur dix essieux du quatrième groupe, fabriqué en fer corroyé , mais de qualité médiocre , quatre ont cassé au premier coup de mouton tombant de la hauteur réglementaire de O^.es.
468. Conséquences de ces épreuves. — La première conséquence de ces expériences, c'est que les épreuves éliminent de suite les fers de qualité médiocre.
L'on voit aussi combien un corroyage énergique améliore la qualité et augmente surtout la ductilité des fers. Les essieux du troisième groupe, obtenus directement de la loupe, mais sans corroyage, se sont montrés très-inférieurs à ceux des deux premiers. Ceux du second groupe , quoique corroyés au marteau , sefon l'ancien procédé de ètbrication , bien que fort bons et éminemment propres au service, .se sont cependant montrés moins ductiles que ceux du premier, qui avaient été corroyés au laminoir, *ont la rapidité et Tunlformifé d'action assurent le soudage de toutes les mises chauffées au rouge blanc.
469. Conclusions. — Hn. i:ésumé ,r les expériences qui précèdent ont mis en évidence que Tes fers qui les supportent sans avaries sont de première qualité, à la fois résistants et ductiles , et que l'épreuve ne les altère pas, au moins d*une manière notable, puisque après Tavoir subie et avoir été rechressés plusieurs
fois, ils peuvent en supporter encore avec succès d'autres beaucoup plus énergiques.
Il n'y a donc pas, je pense, lieu de renoncer à ce mode d'épreuves, et il convient seulement d'en coordonner les conditions de manière que, pour tous les numéros d'essieux, la fatigue des fibres qui subissent la plus grande déformation et supportent, par conséquent, les plus grands efforts, soit la même , ainsi que nous l'avons dit au n"" 463.
Mais il ne serait ni prudent ni rationnel, comme cela a été proposé, d'augmenter encore ces épreuves; cette aggravation produirait non-seulement de plus grandes déformations dans le fer et serait sans aucun avantage pour le service, mais elle aurait en outre des inconvénients graves.
Car si l'on augmentait la flexion que l'essieu peut prendre avant de rencontrer la plaque de fonte, l'on accroîtrait les allongements déjà excessifs des fibres de sa face inférieure, et les compressions et déformations de sa face supérieure. L'on s'exposerait ainsi & produire quelques ruptures non apparentes. Si au contraire la flexion restait la même, l'augmentation de bauteur de chute ne servirait qu'à produire sur les bons fers un écrouissage qui altérerait d'une manière permanente la liaison des molécules , tendrait à séparer les fibres et nuirait évidemment à la résistance ultérieure. L'on peut reconnaître ce genre d'effets en les exagérant par le battage à froid d'un morceau de fer sous le marteau.
En résumé , de l'ensemble de la discussion précédente , nous croyons pouvoir conclure qu'il y a lieu de proportionner convenablement les flexions maxima auxquelles les essieux peuvent être exposés, en adoptant la marche suivante.
470. Règle proposée pour les épreuves des essieux de l'artillerie. — A la condition que l'allongement proportionnel
des fibres qui subissent la plus grande déformation soit le même pour tous les numéros d'essieux, il est nécessaire d'ajouter que
cet allongement V ne devra pas dépasser une valeur déterminée.
La discussion à laquelle nous nous sommes livré au n*" 462 nous a montré que, pour les essieux de campagne n"* 2 et 3 des canons lisses, qui subissaient à peu près autrefois, par le tir et par les accidents divers auxquels ils étaient exposés, les plus grands efforts auxquels des essieux puissent avoir à résister, la valeur de i' était d'environ O'-.OOaib à 0"*.00318. L'on pourrait donc admettre , pour cet allongement , une valeur uniforme
avec d'autant plus de motifs que les procédés actuels de fabrication fournissent en général, à qualité égale des minerais, des fers beaucoup plus ductiles que les anciens.
Cette limite des allongements proportionnels correspondrait d'ailleurs à une valeur de E = 8250 par millimètre carré et à un
effort
Ei' = 8250 X 0.0032 = 26>^«.40,
ce qui, pour de bons fers, est assez éloigné de la limite de la rupture pour qu'il soit possible de l'atteindre sans inconvénients.
Cette base étant admise, et la portée 2C de l'essieu pendant répreuve et la hauteur h du corps étant connue, l'on pourrait calculer pour chaque numéro d'essieu la valeur de la flexion maximum que Tépreuve lui permettrait de prendre, et fixer ainsi pour chaque numéro d'essieu la hauteur des cales à employer ou la distance du dessous du corps à l'enclume ou aux cales 4'arrèt.
En appliquant cette base aux divers essieux en service, l'on aurait : •
LIMITE de
XA FLEXION
oa haotear des cales.
2CV S h
f Jt O l
2 6is.
3 bû.
138 QUATRlèïffi PARTIB.