NOTIONS THEORIQUES SUR LA RESPIRATION
Avant d’aborder le côté expérimental de ce travail, rappelons que la capacité vitale (C. V.) des poumons, est la somme de trois facteurs :
1° — Air courant, en moyenne 500 cc.
2° — Air complémentaire, en moyenne 1.500 ec. (inspiration forcée)
3° — Air de réserve, en moyenne 1.600 cc.
(expiration forcée)
Au total 3.500 cc.
L'air résiduel est normalement immuable.
Aussi, la capacité pulmonaire représente-t-elle une donnée volumétrique égale à la somme des capacités de toutes les alvéoles.
Pour mieux apprécier sa signification, il faut essayer de mettre en relief la situation qu’elle occupe au milieu des phénomènes de la respiration. Trois sortes d’éléments rentrent en jeu pour produire l’absorption indispensable d'oxygène et le rejet aussi nécessaire de gaz carbonique et de vapeur d’eau.
1° — Un milieu gazeux, l’air :
Son volume | Sa répartition dans le poumon
Son débit
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2 __ Le poumon à travers lequel s’effectuent les échanges.
La surface de ce milieu absorbant qui est baignée par lair Son état anatomique.
Son état physiologique.
La force et la vigueur de son amplitude.
3° — Le sang véhiculant les produits échangés. Son état.
Sa masse.
Sa circulation.
I] serait illusoire de vouloir analyser séparément chacun de ces facteurs, pour en refaire ensuite la synthèse. Les opérations biologiques ne se réduisent pas en inconnues que l’on peut faire varier à sa guise et en termes constants. Le complexe en entier se modifie dans des rapports
NS
et des relations souvent difficiles à préciser.
La première constatation qui s’impose est que la capacité totale du poumon dépend de l’état du parenchyme et des voies aériennes, de l’expansibilité du thorax et de l’épithélium alvéolaire.
DAUTREBANDE démontre que « la profondeur et la vigueur des mouvements, dans les conditions physiologiques ordinaires, sont sous la dépendance de l’excitant chimique ». En outre « lorsque l’air traverse une canalisation, le mouvement axial de la colonne gazeuse est beaucoup plus rapide que le flot périphérique (HENDERSON, CHiLLINGWoRTH et Wyirney). Donc, pour que le renouvellement de l’air soit complet, il faudra une quantité plus considérable que la capacité d’air inspiré. Le gaz expiré est un mélange d’air resté dans les conduits bronchiques, sorte d’espaces morts et d’air voisin des parois, sorte d’espaces nuisibles. Par conséquent, à la simple notion de volume global, s'ajoute pour les échanges gazeux la ven-
tips
tilation pulmonaire, c’est-à-dire l’aération des territoires alvéolaires proprement dits. Une plus grande dilatabilité thoracique, une excellente intégrité anatomique et physiologique des sacs alvéolaires, augmentent la composition en air frais, mais l’espace nuisible est d’autant plus considérable. Il résulte de ces notions que la surface de tissu en contact avec le milieu gazeux, est un élément très important de la ventilation. « Le volume des poumons, dit Dav- TREBANDE, est certes loin d’être négligeable, puisque est subordonnée à lui, la seule réserve d’oxygène dont dispose l’organisme, mais la condition principale d’une bonne ventilation est beaucoup plus tributaire du nombre d’alvéoles participant régulièrement au jeu respiratoire que leur capacité totale ». La répartition de l’air a aussi une influence sensible. « Le poumon ne se dilate pas à l’inspiration normale comme une vessie qu’on gonfle, il se déplisse comme un éventail que l’on développe, de sorte que certaines zones sous-pleurales et diaphragmatiques sont beaucoup mieux aérées que certaines régions des hiles et des sommets. » (DAUTREBANDE, Keita). Cette circulation gazeuse peut se produire dans un temps variable, elle indique alors le débit, l’intensité de la ventilation. « Le rendement d’une pompe aspirante et foulante est régi par la capacité du corps de pompe et le débit du robinet. » (Débit respiratoire, capacité vitale - Annales de Médecine 1923, Prery et BorssEAU).
Enfin, les échanges gazeux peuvent être bouleversés. L’extrême diffusibilité du gaz carbonique suit en général la courbe de ventilation. L’oxygène, au contraire, présente des propriétés physiques différentes qui en rendent la diffusion beaucoup plus lente.
D'ailleurs, les divers aspects du problème respiratoire supposent un mouvement sanguin qui ne soit pas troublé. Une congestion intense avec obstruction alvéolaire ou une atélectasie, supprime toute respiration.