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C'est ainsi qu'il arrivait de punir l'innocent, même l'animal (1). Par exemple, celui qui sans faute avait causé la mort d'autrui, subissait la peine du talion, jusqu'à ce qu'une loi plus douce attribuée à Numa, eût permis de racheter celte peine au moyen d’un bélier, « le bouc émissaire » des anciens. Le recéleur, même de bonne foi, était condamné au triple (2). En cas d’éviction, le vendeur répondait du double du prix de la chose, même encore s’il était de bonne foi (3).
Mais peu à peu le droit se perfectionne. Il se « spiritualise », en ce sens qu'à l’idée matérielle de lésion se substitue l’idée psychologique de faute. — La responsabilité prend possession de sa base rationnelle et vraiment juridique. « Consilium uniuscujusque, non factum puniendum est. » (4).
Cicéron nous offre la preuve de cette évolution, lorsque dans le Pro Tullio il s'élève contre les errements de l’ancienne jurisprudence, et proclame comme un principe de droit naturel qu'il faut punir non le fait, mais l'intention : « Hæc enim tacita lex est humanitatis, ut ab homine consili non fortunæ pœn« repetatur » (5).
Une deuxième particularité de l’ancien droit romain est que l’idée de réparation pécuniaire n’est pas distincte de l’idée de peine. La respon-
(1) Ihering, Esp. du D. rom., t&. I, p. 129.
(2) Gaïus, III, $ 186-187.
(3) Paul, S. R. IL., 17, $ 8.
(4) Paul, id:, V,:93, $ 9.
(5) Cicéron, Pro Tullio, $ 51.