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dans lesquelles des vétérinaires virent leur réputation sérieusement compromise à la suite de poursuites intentées contre eux par des clients mécontents.
Le 8 juillet 1879, M. D..., se trouvant en tournée, fut sollicité par un propriétaire pour qu'il pratiquât la castration à son cheval. M. D... lui fit remarquer qu'il y avait lieu d'attendre la fin de l'été. Le 12 août, ce même propriétaire renouvelle sa demande. M. D... en présence de cette impatience gagna encore du temps et l'opération fut pratiquée le 29 août. Le 30, les testicules furent excisés, et le 2 septembre les casseaux détachés. Du cinquième au sixième jour, des phénomènes de gangrène traumatique se déclarèrent et tout fut impuissant à enrayer la marche de cette complication. La mort suivit le septième jour. Le propriétaire mécontent récrimina. M. D... l’engagea à soumettre à deux de ses confrères la question de savoir si sa responsabilité pouvait être mise en cause par le fait d’une faute commise. Les vétérinaires consultés déclarèrent que tout avait été correct dans l'opération, dans les soins donnés ultérieurement et dans le traitement appliqué pour conjurer la marche de la gangrène. A leurs yeux, la seule imprudence commise était d’avoir pratiqué l'opération par une saison encore trop chaude. Cette dernière considération suffit pour déterminer le propriétaire à intenter à D... une action en dommages et intérêts parce que « l'opérateur, connaissant son art, ne pouvait, alors que le requérant l’eût exigé, ce qui n’est pas, se livrer sous une chaleur excessive à une pareille opération ; qu'il est donc responsable de la perte d’un Jeune
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cheval, dont la valeur est de sept cents francs, qu'il est dû aussi quelques dommages et intérêts au requérant ».
Devant le tribunal, D... fut déchargé de toute responsabilité. (T. de Villefranche (Aveyron), 24 fév. 1880.)
Lors de castrations un grand nombre d'accidents sont possibles, les plus communs sont le tétanos, la hernie et la gangrène. Dans des cas semblables peuton mettre en cause l'impéritie de l'opérateur ? La plupart du temps : non ! Cependant ce dernier devra toujours s’entourer de précautions minutieuses, et donner des indications très précises aux propriétaires, devant témoins si possible. Après une castration, il . ne faudra jamais oublier de conseiller au propriétaire l'application d’un collier à chapelet (l’arrachement des casseaux par l’opéré lui-même se produisant de temps en temps). Dans un cas analogue, un vétérinaire, qui avait omis de faire cette recommandation, fut sérieusement inquiété. De même, on pratiquera toujours une injection de sérum antitétanique. Au cas où le propriétaire s’y refuserait (cela se produit quelquefois par raison d’économie), on lui ferait envisager tous les risques auxquels il expose son animal et on se dégagerait ainsi de toute responsabilité.
Le vétérinaire qui serait appelé à soigner un animal atteint d’une plaie ayant par sa nature et sa situation beaucoup de chances de se compliquer de tétanos, et qui, en négligeant de pratiquer une ou deux injections de sérum antitétanique, aurait permis ainsi à la maladie d’apparaître et d'évoluer, pourrait être accusé de négligence coupable.