‹ Restauration des montagnes, correction des torrents, reboisementChapitre 17 sur 94 · TRANSPORT ET DÉPÔT · texte numérisé non relu

TRANSPORT ET DÉPÔT

Enfin il est clair que si un galet est calé à l'amont, il sera plus facilement entraîné que s'il est calé à Taval.

Cela étant, supposons qu^un liquide soit animé d'une vitesse plus grande que la vitesse-limite d*entrninement d'un caillou plongé dans son sein ; celui-ci commencera à se mouvoir. Pendant les premiers instants sa vitesse sera accélérée ; mais le filet d'eau, en poussant le caillou, lui cède une certaine quantité de mouvement et a, par conséquent, perdu de sa vitesse; une fois que la quantité de mouvement gagnée par le caillou sera égale k celle perdue par le liquide, Téquilibre s'établira entre la force d'impulsion et la résistance; et alors le mouvement du caillou deviendra sensiblement uniforme.

11 est évident d'ailleurs que ce mouvement sera d'autant plus rapide que l'excès de la vitesse du fluide sur la vitesse-limite d'entraînement sera plus considérable. 11 en résulte que si des matières de grosseur, de forme et de pesanteur spécifique différentes sont emportées [)ar le courant, leurs vitesses ne seront pas égales. Les plus volumineuses et les plus denses se mouvront avec plus de lenteur que les autres ^

ts. Sataration. — Je vii^ns de dire que le cboc du filet liquide contre le caillou qu'il tend à entraîner lui fait perdre une certaine quantité de mouvement, et par conséquent une partie de sa vitesse. On en conclut que plus les galets entraînés seront nombreux, plus sera ralentie la marche de la masse fluide qui les entraine. Il en résulte également que le poids total des galets susceptibles d'ùlre charriés par un courant d'une force d'entraînement déterminée, est limité.

Ce fait, que j'ai démontré dans l'article 5, a été, d'autre part, parfaitement mis en lumière par M. Scipion Gras :

" Considérons, dit-il, un cours d'eau exempt de matières étran- « gères, ayant un régime constant pendant un certain temps, V « étant la vitesse de ce régime.

« Imaginons ([ne, sur un point de son cours, on verse d'une « manière oonlinne, et <»n proportion toujours croissante, des

1. Dans lu tln-orie <^ui précède, nous avoos néjLrli^cé la composante P sin a. qui vient ajouter son elTft à ia l'onze d'entraînemont due au choc ; mais elle est très faible en eoni[»;iraisMn de cette derni«'Te.

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« galets différents do forme et de densité, et répartis uniformé- « ment sur toute la largeur du cours. En admettant qu'après une « certaine addition de matières, la vitesse reste au fond plus € grande que la vitesse-limite d'entraînement v correspondant à a celui des cailloux qui a le plus de résistance, il est clair que « ceux-ci seront tous emportés. Mais comme ils sont supposés (( versés d'une manière croissante, et que la vitesse V diminue « en même temps que la proportion des galets augmente, il arri- (( vera nécessairement un moment où la vitesse du courant sera « tellement près de devenir égale à V^ que la moindre addition de « matières fera disparaître la différence. Dès cet instant, le maxi- (( muni de cailloux susceptible d'être entraîné sera atteint, et on « dira que le cours d'eau est saturé de matières de transport. « En effet, toute nouvelle addition de graviers ayant pour ré- « sultat de rendre la vitesse V égale ou inférieure k r, celui des u galels dont l'équilibre au fond de l'eau correspondra h cette « limite s'arrêtera forcément.

« Ainsi, l'on peut définir ia saturation des matières de trans- « port : un état tel que la moindre addition de matière entraîne « un dépôt. »

Pour mieux faire ressortir encore cette définition de la saturation, qui est si importante dans l'étude des torrents, je vais prendre un exemple, en m'appuyant sur la tliéorie que j'ai développée précédemment.

Je considère, dans un torrent, une section normale dont le rayon moyen est égal à l'unité, et la pente par mètre égale à 0,06. Si l'on suppose que le courant qui passe dans cette section est absolument exempt de matières étrangères, le facteur de la vitesse est égal à 39,80 (voir la table numérique 1) et, si Ton désigne par u cette vitesse, on aura :

ti = 39,80 X v^l X 0,06 = 9 m. 75.

J'admets maintenant que le courant se charge progressivement de matériaux et que la vitesse limite d'entraînement des pierres les plus grosses soit égale à 4 m. La saturation existera quand la valeur de la vitesse moyenne aura passé de 9 m, 75 à 4 m. Or, si je désigne par rflo poids d'un mètre cube de pierres, et par y. le rapport qui do'^ Anlro le volume des matériaux et celui

do l'eau o> "^ vitesse diminue de 9 m, 75

kir 1(40):

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