TRAVAUX DE COURECTION DANS LE LIT DE DEJECTION
Nous avons indiqué, dans le chapitre précédonl, rinsuffisancc de l'endiguement pour empêcher le déversement des matériaux dans les parties cultivées du lit de déjeclion. Mais on peut remplacer cet ondiguement parle curage du lit celte opération consiste à provoquer rencaissement du torrent dans ses déjections, en rangeant, sur les bonis du cours d'eau, les plus gros blocs mis à jour par les crues moyennes.
50. Curage du lit et McuiU. — M. Culmann constate, dans son rapport au Conseil fédéral suisse, qu'à la suite des travaux de curage, le lit d*un torrent s'est tellement approfondi à Yisco-
CORRECTION DES TOHRENTS A AFFOUILI.EMENT
soprano, que les plus ferles crues u'alleigQeut plus les murs el que la place du Marchi^ae Irouvc beaucoup mieux protégée qu'elle ne Tétait jadis parles digues.
Ce procédé est, du reste, très économique ; dans le torrent do la Maïra, oii les crues sont très brusques et fort dangereuses, les dépenses ne s'élèvent pas à plus de :iOO fr. par an. On ne saurait trop le recommander partout où il est applicable. Quand les propriétaires riverains verront le torrent s'encaisser dans ses déjections, ils reprendront confiance et sans crainte lis se mettront à l'œuvre pour défricher les anciens apports. Ainsi tandis que dans la montagne, par les soins de l'administration, les berges se recouvriront d'un manteau de verdure, les cultures des particuliers viendront pou a peu recouvrir les graviers précédemment déposés par le courant.
Il est clair que le curage doit se faire de l'aval vers l'amont.
Il peut arriver, quand dans certains torrents la source des alluvions est tarie, que le lit de déjection soit affouillé à son tour. Chaque fois que ce cas se présentera, il faudra placer des seuils de distance en distance, pour régulariser l'écoulement de l'eau comme dans la gorge du torrent. Câltû régulArisAliofl sera soumise aux lois énoncées précédemment.
Dans chaque sectionnement on ira de l'aval vers l'amonl, en ayant soiti do ne construire de nonveuu.\ seuils qu'au fur et à mesure de la formation complète de rattorrisscmenl des précédents.
ourmE n itTIME GDEUU H (lULCmS KS
A CLâPPCS ET ttSS JOKMESTS GLAOAIBE^
J'ai 4éfcrflw tofffrwU fc rfapf M llMlôn-eoUg c l wfitfg IV>. La J Mtr e a e * ^ le* atpên 4e» bmeols â ■ mml», e'*^ ({oc «Isi» eeax-d od p«sl urirer fc tapprîoKr la prodoelion il«* malMaux. ce qai n'arrive pas éans lu prcmîcxs. II bul «l6n eb«ttbAr k retenir eu auléfiiitz éui* U moDlagna^ pr^iir préveuir de» <)%its <Uos la plaine.
Il Ml clair tfap In lr>rrenlii à clappM el les torrents »larii peuvent pnÇ*enter. dans la partie moyenne et dans les régioi inff^ricureu, une le^ande atialojeie av«« les torrents k affioaîll ninnls, et exiger l'eniploi de Iravaos identiques en %'ue de la c sotidation deH bergi-s. Mais, une fois qu'on sera arrivé à l'état d permanence du lit, cela n'emptVcbera pas le charriage des mal riaus provi^iiant des ré^ioito .lup^^Heures ; de là la nécessité a créer lU-n DhntacleM pour l'arrêt de ces malières.
I/;n [>Iun imp'irtnntH sont les barrages de retenue.
«t. U»rrmgmm di> r«<canc. — Ces ouvrages devront toi na1iin!l)<-m«rit Mrtf établi» en aval el le plus près \ sources de prudiictioti.
NouH reviendronH plus turd Hur le choix de leur emplacement^ Ln Hitulc question que nous ayons u Irailcr en ce moment est ] ilélcrniiniitinii du volume i\e matériaux que l'on peut relcnir dei rl'<rii un dos ouvrages, dans dos conditions parfaitement détsj ininâes.
TORRENTS A CLAPniîS ET TORRENTS GLACIAIRES 163
Pour résoudre ce prohlfemo, projolnus, cd un poini A tin profil eu long AE d'un Ifirreul, un barrage AC de liauteur h ; appelons tgt la peiilo de lu ligne- AE. Les matériaux proveimnl des rdgious supérieures rormeronl. à l'amont de cet ouvrage, un atlerrîsscment qui ne a'anêlera que lorsque le profil supérieur CB sera dirig<^ suivant la ligne de compensation; nommons tg a la penli! de cette ligne. Supposons ensuite que le profil en travers de la région AB soit Irapàîuïdal et caractérisé (fig. 58j par une
KIg, DS.
largi'ur de fond / et des inclinaisons de berges y et S, et appelons e la dislance horizontale BD ijui sépare le barrage do l'extrémité de l'allerrissement.
Enfin désignons par V le volume de col atterrissement et par lia largeur par laquelle il faut multiplier la surface ACB pour avoir le volume V; ce sera la largeur moyenne de l'atterrissement.
La surface ABC est dgale à ■ A? ; e en fonction do h ; car on a :
or il est facile de déterminer
d'une part :
d"aulre part :
et en retrancliatil:
d'où
et par suite :
AD = e Ig E CD ^ fi tg a
-e(lgt- tga)
CtUnTRE ONZtËtlE
2lg.
-lB«
Celle formule moolre que, pour une hauteur doQuée ( rage, le volume des atlerrissemenls aug^mentira doublement avec la largeur moyenne a. car (ilu» grande sera la valeur allribuil-c à celte largeur, plus grande aussi sera celle de 1^ x, et plus petite celle du dénominaleur. Elle montre, en outre, que plus tg t. sera faible, plus grand sera le volume de la reienae.
Voici comment on pourra déterminer la largeur )■ : Considérons, dans rallcrrissemenl. une section droile GF située à une dislance IB ;=^ de l'estrémilé B; prenons, à parlir de GF, une trancbe infiniment mince d'épaisseur d-r ; menons, dans le profil en travers, une horizontale f/f distante du fond d'une quantité égale à GF ; le volume v de la petite trancbe considérée sera ég à : surface abfy X <^-
Etég^
Or la hauteur FG de la surface abfy est égale à —, et la demisomme des bases du trapèze à '• -[l-i- i~\ (colgY-f-coIgSJl
On a donc :
i; ^ if |Z -t- - — (cotg Y H- cotg i)] dx
ou v^^~ xdx + ^ - (cotg Y -f- cotg S) x'dx
I — xdx H- - - (cotg Y -t- colg S) «'difl = - X - 4- g - (colg Y + colg 8) c»
S^~he [/+ i h (cotg Y + cotg l)]
Celle dernière formule peut aussi être obtenue en s'appnv) sur le ibéorëmc de géométrie suivant :
Le volume de tout polyèdre ayant pour bases deuspolygi quelconques situés dans des plans parallèles et pour faces IbII
TORRENTS A, CLAPPES l'T TORRENTS GI.ACIAmES (65
ralos lies Irapbzus ou dus triangles, csl cxpiliné pai' la rormiile :
dans laquelle H désigne la dislaiice des deux plans parallidos, B la base inférioum du polyijdre, B' la base supérieure et B" la section équidislantc des deux bases (Bouché ol Combcrousse, livre VI, page 89 de la 2" édition).
Dans le cas particulier, ou a :
B ^A j / H- ^ (colg Y 4- cotg S, !
B"=^|/+ J(cotKy + colg8)|
donc Vi=MA/+'^(colË:Y-l-cotgX) + 2Ai + -^(colg:Y + colgS)|
= ^/<fj /+^A{colgY+-cot;,'S)j
Di-s lors, la largeur moyenne étant, par Él^finlLinn, In quoliont du volume V par la surface ACIt, qui est égale i"i -he, on a :
Remarque, — Cette largeur moyenne n'est autre chose que la longueur de la ligue transversale passant par le centre de gravité G du triangle ACB (fip. B'J).
d'oûGF = -Al = 5/(.
Des lora Ifi li^ne horizonlali; ik nto égale à - A esl égale à / H- - A (colg •( -
lée h une dîslance du fon ■ cotg S). c'csl-â-(iire à >..
S%. Défenses contre les avalAncliew. Tournes- —
avalanches ne se forment jamais dans los contrées boisées. Suisse, on a cherché à les prévenir en plantant, de 'A en 3 mfelret despieus qui fournisBent un point d'appui aux neifiiesstipérîeun loi-sque celles du fond du cirque sont fondues. Ces pieux agid sont comme la furël et ont emp<^ché quelquefois la formation dfj avalanches.
Ce proCL'dé ne peut être employé que dans les endroits où | existe une couche de lerre dans laquelle on puisse enfoncer l pietix. Dans les cirques de rocliors on ])oiii'niit remplacer \tik pieux par dos terrasses horizontales; mais ce moyen serait oxtrfc memcnt dispendieux.
Il ne faut pas songer non plus à barrer le couloir, comme < barre le canal d'écoulement d'un torrent, car les neiges ne s pas contenues dans uu Ut déterminé; et tout obstacle arlificis| serait immédiatement surmonté.
M. Viollet-le-Duc (massif du Mont-Blanc) indique le nioyei suivant pour se garantir contre les avalanches : " Au-dessus ( l'exuloirc B [lig. fiO) on peut, dit-il, it l'aide des pieri'es ab dantes sur ces lits, former une série do barrages perpendiculai aux directions des pentes. Ces bourrelets T de roches el piei railles arrêtent les neiges, et les obligent à fondre sur place ou 1 se diviser pour couler ». Les bourrelets font, pour ainsi dire, ! môme office que les pieux ou los terrasses dont nous venons t parler.
Ces petits barrages, qui sont représentés sur la ligure 61 i que les montagnards de la Savoie désignent sons le nom i Tournes, présentent en secliorj horizontale une soi'le de triangia isociïle obtusangle légèrement tronqué aux e.vtrémités de la b A la pointe de l'angle obtus, li-s parements s'éliïvent de 2 j