‹ Restauration des montagnes, correction des torrents, reboisementChapitre 41 sur 94 · XV · texte numérisé non relu

XV

: ou à 0,40 environ.

CLASSIFICATION DliS BARRAGES IW

Si nous voulions que des pierres de 0,10 et de même nalure tombassent sur le radier sans louchui- le parement, il faudrait d'abord calculer la vitesse-l imite d'eiilrainemcnl de ces pierres qui est ;

./0.76 X iiOO X 0.10 X Om V 0,076 X 1000

Cela donnerait, pour la valeur limite du fruit k admettre:

Dans les barrages en maçonnerie construits jusqu'à présent, on a généralement admis le fniil do 0,20. Le dernier exemple que nous venons do citer montre que, pour des barrages d'une hauteur supérieure à 3 m., il peut devenir nécessaire de diminuer encore ce chiffre.

Il y a un autre intérêt à ne pas exagérer l'inclinaison du parement d'aval ; c'est que l'eaUj en coulant le long de ce parement, ne perdrait pas sa vitesse comme dans le cas où il se produit un choc au pied d'une chute.

Att. Forme du cuupouuenicnl tlev l»arrn|teM. — Si la face

suptîrieure d'un bari'age était plane iH liorizonlale, les niasses en mouvement, en surmontant l'ouvrage, se trouveraient directement en contact avec les berges, généralement peu stables; elles les rongeraient et le barrage serait tourné el rapidement détruit. Pour empêcher ces accidents de se produire, on surmonte chaque barrage d'une cuvette creuse dont les parois latérales sont appelées les ailes du barrage. Les dimensions de cette cuvette sont calculées de telle façon qu'elle puisse contenirles eaux des plus fortes crues. De celle manière, celles-ci, passant par la cuvelle, n'ont plus de contact avec les berges, et même en cas de débordement modéré, n'auraient pas d'action sur elles.

Cette disposition tend aussi à. ramener les eaux vers le milieu du torrent, ce qui est, comme on le sait, une circonstance très favorable au point de vue de l'atlénuationdel'ftiTouillement latéral.

Fig. 64.

m CHAPITRE DÛUZIKMIi

Ces principes généraux posés, voici quelles pcnrront fttre les règles à suivru pour délcrminer ht forme du couronnement (voir l'arliclo (li^jii cilB lîo M. Vaullrin).

Dans Itis parUos supérieures du bassin de réceplion el dans les ravins secondaires, la largeur du fond du iil est Irës faible, el la largeur du radier, qui lui est proportionnelle, est tpÈs réduite. Dans ces coaditioiis, pour que ce radior ne soiL pas affouiilé au pied des berges, il faut coacenlrcr tes eaux au contre de la cuvetle, pour diminuer le plus possible la largeur de la lame d'eau. La cuvette devra donc élrecreuao.ot l'on pourraadoptor un arc de cercle de rayon égal a la corde CD (Hg. 64), le demi-angle au centre étant de 30".

Lorsque l'écarlemenl dfs beiges dépasse une douzaine de mètres, c'est-àdire dans la partie inférieure du bassin dp réception et dans la gorge, cette forme de cuvette donnerait un débouché liors do proportion avec le volume des matériaux affluant do l'amont ; elle donnerait eu outre à lu llècbe nue bauteur trop fLilL ce qui augmeiitorail le cube de maçonnerie el diminuerait la solidité de l'ouvrage. Ce cube peut iMre réduit en augmentant le rayon de courbure, et nii le faisant varier depuis la valeur OC = CD (lig-Gi). jusqu'à la valeur 0C^2CD (fig. 63). En outre, au-delà de 12 à 13 m^t^es d'écartement des berges, le radier a un plus grand développement et peut recevoir une lame d'eau plus large. Dans lo cas de la figure 6S, le demi-angle au contre est égal à 14"30'.

Si, enfln, le ravin est très large, et qu'on puisse craindre que, lors d'une crue, d'énormes blocs ou des arbres n'encombrent le centre du barrage, on donnera à la cuvette une forme tout à fait plalo, celle d'un trapèze inscrit dans un des deux segments circulaires décrits précédemment (iig. 66).

Dans la construction de ci- Irapfeze, il faudra satisfaire à la double condition que la base BC sort plus petite que la largeur du fond du raviu et que l'inclinaison des ailes XB et CD soit égale

CLASSIFICATIOK DES ilARRAGES

Tangle du talus naturel que prendraient les matériaux ctiarriés. La premiiirc coudilion s'e.\plique d'olle-mi^mo ; quant k la deuxième, elle cslj'ustîfiée par es fait que si rîncliaaisoii des ailoe était infiirii.urc à l'angle du talus nalurcl des matériaux cliarriés> ceux-ci ne pourraient pas rester en équilibre; il se produirait des dboulements, tandis que si elle était plus [orte, une partie des ailes resterait directement exposée à l'acLion des eaux. Uno fois le trapèze construit, il ne reste plus qu'à arrondir les angles.

Fie- (w.

Les cuvettes plates sont plus avantageuses que les cuvettes creuses, parce qu'elles entraînent une diminution dansTépaïssour do la lame d'eau, ce qui réduit l'intensité du frottement sur le couronnement, et que, do plus, elles produisent sur le radier une mcilieuro répartition des e(Torts provenant de la chute des matériaux.

Un pourrait objecter que la lame s'élargissant sur les cuvettos platps. l'eau sf rappriirlio des hirges et peut les affouiller. On remédie à celincoiivéaienl en produisant un appel au moyen d'uD évaseraentde (/lO de l'amont vers l'aval.

Eti résumé, il y a lieu d'adopter des cuvoUes aussi plau possible, pourvu qu'elles satisfassent aux condilîons de déboi ché et qu'elles aieut une largeur inférieure à celle du fond i lit.

Lorsque l'une des berges est rociieuse, on peut incliner le c runnement de façon à contraindre le torrent k la suivre {tig. 6j Ce système a été employé avec succès en Suisse.

BAKRAGES EN BOIS

On n'a pas construit de grands barrages en bois dans les Ain françaises ; mais en Suisse, on fait un très grand usage du I pour la construction des ouvrages de défense contre les torrenti

Nous citerons deux de ces ouvrages :

Le premier a été établi dans le torrent de Rœlzligrttnd.

Cet ouvrages a 10 m. de hauteur cl 40 ra.de longueur ; < plus grand barrage de ce genre que l'on ail encore exécuté (fl 68). Il est formé d'arbres posés les uns sur les autres, dans lo a

Flg. 1».

du ravin, les bouts formaul le parement extérieur, tandis i les brancbes sont h l'intérieur, emprltéos dans les atluvions.l que couche est maintenue par une ou deux pièces transversi dont les eslrémités sont engagées dans les berges. Tantôt on e

CLASSICATION DES BARRAGES 177

laiWu i'exlrémités des arbres couchés de TaçoQ h les emboîter sur la charpente, taiilôt on les fixe par des chevilles en fer.

On a construil en Suisse plusieurs ouvrages de ce genre ; ils durent très longtemps dans les ruisseaux limoneux, dont te lit est creusé dans les terrains argileux, c'est-à-dire à peu prits partout où il est difficilo do se procurer des pierres, Ils offrent, en effet, l'avantage de résister très bien aux intempéries, car les arbres, Piifoncés dans la terre, ne présentent à l'air que l'extrémité do leurs troncs, et, d'autre part, les branches, enfoncées dans les ailuvions, forment un massif Ires solide.

Dans le torrent de la petite Simmen, on a adopté un autre type formé d'une série de troncs d'arbres A rangés les uns au-dessus des autres et espacés horizontalement de ( m. 50 & 2 m. ; les intervalles sont remplis de fascines. Entre les assises de poutres se trouvent des Iraverses B fixées par des pieux (fig. 69} ; il y a deux on trois de ces traverses, suivant la largeur du lit. Le pied de l'ouvrage est protégé contre l'a (Touille ment par une couche de fascines reposant sur une poutre transversale et dépassant le parement de 1 m. 50 à 3 m.

Les fascines résistent mal, et, d'autre part, un simple assemblage de poutres n'aura jamais la ténacité de masses de limoos toutes farcies de branchages.

Le premier type est donc, de l'avis général, préférable au second.

Nous n'avons vu, dans les Alpes françaises, qu'un seul grand barrage de ce genre, celui du Labottret,el encore rentre-t-il plut&t

fi .

dians la catégorie des cIayonnages;nous y reviendrons plus tard faut dire qu'en France les travaux de correction sont exécutés d{ des contrées peu forestières, où le prix du bois est très élevé. Dans CCS conditions, comme le dit M. Demontzey, il Vi mieux s'en tenir à la conslruclion d*une série de petits ouvraj dont l'ensemble puisse produire un ciïet analogue à celui d*un plusieurs grands barrages, et qui, construits avec des végéti reprenant par boutures, aient de plus Tavantage de se perpéti et de former ainsi dans le fond dos ravins de véritables barra vivants.

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