‹ Restauration des montagnes, correction des torrents, reboisementChapitre 89 sur 94 · EMPLOYÉES · texte numérisé non relu

EMPLOYÉES

tOO. Tracé des périmètres. — La première questioi présente est celle du tracé du périmètre des terrains à Ou ne peut le limiter aux berges des torrents et des ra ces berges constamment affouillées tendraient par leurs ments à agrandir sans cesse le bassin de réception, si Is voisines n'étaient elles-mêmes fixées par la végétation;! indiquait dès 1841 les règles à suivre, règles dont la jasi été confirmée par Texpérience :

« On commencerail, dil-il, par tracer sur Tune et iaul*^ « deux rives du torrentunc ligne continue qui suivrait'.')^ « inflexions de son cours, depuis son origino la pliisélfr « qu'à la sortie de sa iiorgo. La bande comprise enlrt' citf « de ces Hirnes et le sonnnct des berges formerait ceqUfjE « lerai une zone de défcMise. Les zones des deux rive> y^'] « draiont dans le baul eu suivant le contour du bassin ei: « raient ainsi le sommet dans toute son étendue» ainsh- '( ceinture. Leur lari^eur, variable avec les pontes et avock « sistancc du terrain, serait d'environ 40 mètres dansi- (( mais elle croîtrait rapidement à mesure que la zùne S'^i' « dans la montagne, et elle finirait par embrasser desesf*^ «( 400 à iiOO mètres. (!e tracé s'appliquerait non seulem^ '< branche principale du torrent, mais encore aux diversi « secondaires qui s'y déversent. 11 s'appliquerait encore « vins que reçoit chacun des torrents secondaires, et, pouni « ainsi une branche apri's l'autre, il ne s^arrètenûlf t( naissance du dernier filet d'eau. » Comme ces zones Â

MKTHimES liliNKltAIJCS HK HlillOlSKMKM M:\

fense îraiciil conlinuellemeiil on s'élargissnnl de bas on liaul, elles convergeraient vers les sommels el tt-ndruicnl i\ se confondre, de Façon à former une bande coiilinue dans la partie supérieure, eLii (l'y laisser aucune place vide.

toi . lulcrili«(ion ilu pùlumg;G. — Une fuis le périmélre dos terrains à reboiser délerminé, la première mesure à prendre est l'inlerdiction absolue du pAlurage. (^-elle iuLcrdiclion, qu'il élail très difficile d assurer et de maintenir sous lu législation de 18&0, devient la chose la plus simple avec la loi de 1882, les habitants ne pensant même pas à réclamer le pilturage sur des terrains qui ne leur appartiennent plus. Elle a pour but de raffermir le sol déchiré par les sabots des moutons (voir article H), pois de couserver et même d'étendre la végétation primitivcmenl livrée à la denl des bestiaux.

Le but a été généralement alleioLen ce qui concerne le rafl'ermîssement du sol, et le résultat que l'on obtient est d'autantmeilleur que les pentes sont moins roidea.

En ce qui regarde le maintien et l'extension de la vtîgélation, la mise en défends dçs terrains stables a presque toujours produit d'excellents résultats dans les régions basses. Sur les versants élevés, elle peut encore avoir une réelle eflicacilé dans les contrées oîi le climat est humide comme dans l'Isère et la Savoie; c'est ainsi que dans le périmètre du bourg d'Oisans (Isère), cette mesure sauva de la ruine 36 hectares de taillis d'aunes et de saules que les chèvres abroutissaient journellement ; ces taillis, coraplélés par quelques plantations, opposèrent bientàl aus déjections du torrent de St-Antoine une barrière presque infranchissable. Mais dans la vallée de la Haule-Durance, la mine des montagnes est tollemenl avaucée, le sol est si aride et le climat si dissolvant, qu'il faudrait de nombreuses années de mise en défends pour n'arriver encore qu'à de très faibles résultats. Il faut surtout attribuer ce fait au.\ ulternalives de gel et de dégel qui, comme nous l'avons dit précédemment, détruisent très rapidement la végétation.

Ajoutons que l'interdiction du p&turage ne pourrait avoir aucun effet dans les terrains instables, pas plus que dans ceux qui sont complètement dépourvus de végétation. Peut-être dans l'avenir pOurra-1-on obtenir quelques résultais sur ces terrains par de simples mesures de protection en s'appuyaul sur la loi du 4

avril 1882, aux termes de laquelle ainsi que nous Tavons fail remarquer dans Tarticle précédent, Fadministralion a le droit, pendant dix ans, d'exécuter tous les travaux accessoires ayant pour but de liàlcr la consolidation du sol, à la condition toutefois de ne pas changer la nature de la superficie.

En suivant les règles tracées par cette loi, on pourrait constituer dans chaque torrent deux périmètres, Tun de mise en défends comprenant la plus grande partie du bassin de réception, l'autre (/eres/aiera^ton renfermant les terrains les plus dégradés do ce bassin et les berges situées en aval du goulot. Ces derniers seraient immédiatement achetés et soumis aux travaux de correction et de reboisement; les autres, sur lesquels on se contenterait de faire quelques travaux de consolidation, se raiTermiraienl d'autant plus vite que l'accès en serait complètement interdit aux bestiaux. De cette manière la dépense immédiate serait atténuée, et dans dix ans il serait temps d*acquérir le périmètre de mise en défends.

tôt. Reboisement des terrains stables- — Semis. —

Quand le terrain a été préparé à l'avance, les semis se font tantôt par lignes^ et tantôt en plein sur toute la largeur de la partie cultivée. Ce dernier procédé est préférable dans les terrains où Ton redoute la sécheresse ou les alternatives de gel et de dégel. Quand les gelées printanières sont très à craindre on mélange, dans le cas du semis en plein, aux semences résineuses de la graine de sainfoin^ plante fourragère très rustique, pouvant croître sur les pentes roides,etpeu exigeante en matière de sol ; d'une croissance très rapide au débuts elle dépasse bien vite en hauteur les jeunes plants ligneux, et, comblant les vides qu*ils laissent entre eux, les protège contre les agents extérieurs, pluie, grêle, gel, dégel, etc.

On a exécuté quelquefois, notamment sur les terrains siliceux des Cévennes, des s(?mis à la volée après extraction préalable des genêts. Cotte opération est généralement très coûteuse, et elle n'est employée que dans le cas où Ton trouve des concessionnaires consentant à arracher les plantes encombrantes moyennant délivrance des produits.

Si le terrain n'a pas été préparé à Tavance, on peut employer les semis à la volée (m les semis "ptiv petits potets.

Les semis à la volée sur torrrain non préparé n'ont jamais

MftTHOPES GÉM':HAU:S DE REUOISEMEM

iussi dans les Alpes que sur les sols siliceux, et ils ont un inconvi^nienl, celui d'absorber une grande quantité de fraines.

On fail quelquefois, aux grandes altitudes, des semis sur la lei^e ; mais on nu peut gut>re les pratiquer que sur des terrains léjà gazounés où les jeunes brins doivent trouver un abri immé- [ïat contre le déchaussement provoqué par le dégel.

On nous,a cité à cet égard uu exemple très curieux : Dans la orét de BarcelonnetLe existait, en 1844, un grand vide de 175 lectares produit par l'abus du pflturage. Le brigadier Allard, «reposé aussi méritant que modeste, faisait alors les fonctions le chef de cantonnement à fiarcelonnelle. Ayant obtenu l'acquieslement de la commune, il acheta à très bon marclié des graines le pin el de mélèze qu'il mélangea avec du sable de rivière; puis fant embauché quelques ouvriers, il lit esécuter des semis suria leige.L'opérationduraOjours et réussit parfaitement. L'année suivante les habitants cherchèrent à détruire le peuplement naissant, nais le brigadier parvint k le sauver, el un semis complet couonna l'œuvre qu'il avait entreprise avec tant de dévouement et î peu de ressources.

Sur les clappes, où toute culture est généralement impossible, ID est souvent obligé de recourir k ce procédé. Mais il ne r<^uBsit [ue si les ébouHs, par suite d'une mise en défends sévère, ont ris leur penle naturelle, et se sont recouverts d'un peu de terre égélale, grAce au développement de quelques plantes herbacées elles que la petite oseille des rochers qu'un solide enracinement end très précieuse, le groseiller épineux, le cytise à feuilles seailes, l'amélauchier, etc.

On peut aussi, sur les clappes, semer à la volée apri^s la fonle les neiges ; il faut dans ce cas faire pénétrer les graines le plus irofondémenl possible entre les amas pierreux, afin de les préerver contre la sécheresse et renlraineraenl par les eaux; on obienl ce résultai eu les lançant fortement par un mouvement de as en haut.

Le semis par pelils potels consiste à creuser des trous d'une limension 1res resireinle, puis à répandre sur la terre émieLtée e la surface une pincée de graines que l'on reconvrp Uès légèrelent. Il est do rïjgle conslanle que ce procédé ne doit âlrué que dans les parcelles présentant encore quelques t égétation, que Ion peut compléter au bo-^oin par des

graines fourragères. On eniploie quelquefois une autre iiiélhode pour les semis de hèlre et de sapin, dont la tigelle est sensible : on ouvre des rigoles étroites dont on rejette la terre sur les bords, de façon à leur donner O"*!© à 0™12 de profondeur. On sème au fond de ces rigoles et, au fur et à mesure que les plants grandissent, on rabat la terre autour d'eux, jusqu'à ce que le terrain soit complètement nivelé.

Plantations, — Que le terrain soit préparé ou non à Tavance, la plantation se fait par petits potets.

Dans les Alpes et dans les Pyrénées on emploie beaucoup la plantation 'par touffes qui consiste à mettre plusieurs plants, de deux à quatre, dans le même trou. On a beaucoup critiqué cette méthode tant au point de vue cultural qu'on point de vue économique. On a prétendu d'abord que les plants d'une même toufie se gênent mutuellement et qu'aucun d'eux ne peut prendre qq tempérament robuste faute d'une nourriture suffisante. Ces critiques pourraient être fondées si la même touffe renfermait un grand nombre de plants, mais on ne dépasse jamais le chiffre de quatre et l'on peut, du reste, proportionner ce chiffre à la fertilité du terrain. Ajoutons que généralement l'un des jeunes sujets prend le dessus et reste seul au momentde la formation du massif.

Quant au reproche que l'on a fait à ce mode de coûter plus cher que la plantation par pieds isolés, il ne paraît pas plus fondé ; car s'il nécessite un plus grand nombre de plants, il permet d'employer des sujets plus jeunes et il évite les regarnissages, qui non seulement sont très dispendieux, mais qui peuvent nuire, à cause du passage des ouvriers, aux sujets bien portants.

Il nous paraît néanmoins qu'il y a lieu de faire une réserve au sujet des essences de lumière, telles que le mélèze et le pin. Si Tun des brins prend le dessus, les autres, ne pouvant supporter d'être dominés, végètent mal et sont dès lors exposés aux dégâts des champignons. C'est ce que nous avons constaté en 1888 dans le périmètre de Curusquet (Basses-Alpes), où une plantation par touffes de pins sylvestres n'avait pas donné de très bons résultats. On pourrait, dans une certaine mesure, obvier à cet inconvénient, en faisant un dëgagcmenl aussitôt qu'on constate le moindre état de gêne ; car, si Ton attend trop longtemps, Topération devient très difficile.

Quand la plantation est terminée, on protège les jeunes plants

MKTirODKS (il-.NI>RAU;S Dr REBOfSEHENT 377

avec les plus grosses pierres que l'on renconirc dans le voisinage. Si le sol est garni de gazon ou de broussailles, on dispose les potels de façon que les jeunes sujets soient le mieux abrilés possible par ces débris de végétalion. Dans les terrains où l'on ne rencontre ni pierres, ni végélalion herbacée ou arbustive, on remplace ces abris naturels par un semis de sainfoin(voir article m pour l'eséculion).

II est un autre proctîdé que l'on emploie très rarement parce qu'il est très coùleui, c'est la plantation par mottes; dans ce système, les racines des brins d'une mfme loufTe ne sonlpas séparées les unes des autres, comme dans le système précédent ; la motte de terre qui les réunit reste udbérenle et est mise dans les Irous avec les plants eux-mômes.

La plantation par mottes est employée dans les pierrailles, et dans les terrains rocailleux di^pourvus de terre végétale; elle a quelquefois réussi dans les clappes, et nous en indiquerons dans l'article suivant une application aux terrains instables.

Etûierbemml préalable . — Dans les terrains stables complètement dénudés, il serait souvent impossible d'introduire la végétation ligneuse, si l'on n'avait la précaution d'onberber préalablement le sol. Cet enberbement se fait avec de la graine de sainfoin, mélangée à des semences de graminées, telles que le calamagroslis arge?ité désigné vulgairement sous le nom de baucfie, et H fe?msse qui n'est autre chose qu'un mélange âe /ronie7ilhal, de pimprenelle. de brome des prés, de hougue molle, etc. Ce mélange est des plus heureux ; le sainfoin pousse vite, mais, s'il ne peut se régénérer, son rôle tulélaire ne dure pas plus de trois ou quatre ans. Les graminées, au contraire, sont très vivaces, mais elles ne procurent d'abri que la deuxième année au plus lot. Celles-ci commencent donc leur rôle de protection avant que le sainfoin ait cessé le sien.

Ces enberbemenls formés de sainfoin et de graminées sont très utiles dans les hautes régions, où la végétation forestière est très lente.

.. Choir des essences. Pour le choix des essences h employer 'dans les reboisements des terrains stables, on a généralement suivi les enseignements de la nature. On s'est servi surtout des essences indigènes, à l'exception d'un très petit nombre, telles

que le pin laricio do Corse, le pin noir d'Autriche et lecèdrequi, à ccrlains points de vue, n'avaient pas leur équivalent dans le pays. Ou a, du reste, étudié avec le plus grand soin leurs exigences en matière de sol, de climat, d'exposition, etc., et Ton a cherché à les mettre dans les meilleures conditions de végétation.

Le pin d*Alep est Tarbre le plus précieux des régions basses: il est très répandu en Algérie ; en France on le rencontre surtout en Provence ; il s*élève jusqu'à 700 mètres aux expositions chaudes, mais il ne monte qu'à 400 mètres dans les autres. Il pousse sur les sols calcaires les plus arides, sur la roche nue même pourvu qu'il y trouve des tissures dans lesquelles il puisse insérer ses racines. Il forme la base de tous les travaux de repeuplement dans le Var et les Alpes maritimes.

Le chêne vert, comme le pin d'Alep, montre des préférences très marquées pour les terrains calcaires; on le trouve quelquefois en mélange avec ce dernier, mais il s'élève plus haut que lui, et on le rencontre parfois à J200 mètres aux expositions chaudes.

Le chêne rouvre s^élève jusqu'à 1200 mètres dans les Alpes comme dans les Cévennes, et jusqu'à iSOO mètres dans les Pyrénées ; il s'accommode de toutes les natures de sol, toutenpréférant les expositions fraîches et les terrains d'une certaine profondeur.

Le chalaîgner n'est abondant que dans les Cévennes ; dans cette dernière région il monte jusqu'à 900 mètres; franchement calcifuge il se plaît surtout dans les terrains siliceux et il est indifférent sous le rapport de l'exposition.

Le chêne liège est pour ainsi dire spécial au littoral méditerranéen et ne pénètre pas profondément dans l'intérieur des terres; il ne s'élève que jusqu'à 700 mètres. Il est exigeant sous le rapport des qualités physiques du sol et ne vient en massif que dans les terrains fertiles; aussi son emploi est-il très restreint dans les reboisements. Néanmoins il faudra l'utiliser chaquefois qu'on le pourra, car s(3s produits sont très recherchés. Il n'aime pas beaucoup les terrains calcaires.

Le pin maritime se plaît surtout sur les terrains siliceux; si on le ronconlro (luoicjuefois sur des terrains calcaires, c'est sans doute parce que ses racines ont pu s'enfoncer dans des fissures où elles Irouvoiit de la terre renfermant une faible quantité de chaux. C(^ pin s'élrve jusqu'à 800 mètres dans les Pyrénées orientales et jusqu'à 1000 mètres dans les Cévennes et dans

MÉTHODES OÉMilUI-ES DK R KROISEMFNT

les Alpes ; il rectoule les terrains compaclos el marécagiîux ; il vient bien en mélange avec le cliêno lit-ge.

Voilà le» essences qui, dans los régions basses, peuvent croître eo massif ; citons-en doux autres que Tonne rencotitre que par pieds isol(ïs, mais qu'il ne faut pas néanmoins négliger dans to reboisement des terrains dénudés : ce sont le caroubier, qiiî vient dans tous les sois, même les plus arides, pourvu que des crevasses lui permellent d'enfoncer ses racines, et le pin pinier qui s'accommode des terrains secs et sablonneux. Ces deux arbres, dont te couvert épais maintient la fraîcheur du sol, viennent bien en mélange avec It^ pin d'Alep.

Citons encore, comme végétation arbuslive des régions inférieures : la corroyfere k feuilles de myrte, arbrisseau drageoimant très propre à fixer les terres argileuses et marneuses; leïylise à feuilles sessilcs, le sumac des corroyeurs et le sumac fustet. qui croissent trës bien sur les sols secs et pierreux, enfm le genêt d'Espagne, espèce des sols cale-aires.

Les deux essences les plus précieuses de la région moyenne ■ont le pin sylvestre elle pin noir d'.Aulricbe.

Le pin sylvestre, qui commence vers 600 ou 900 mètres, s'élève dans les Cévennes jusqu'à 1200 mètres, dans los Alpes jusqu'à 1800 mètres, et dans les l'yrénées jusqu'à 2000 mètres ; sans être rebelle aux terrains calcaires, il préfère les terrains siliceux. Sa rusticité, sa facilité de vivre à des altitudes très dilTércntes el sur des sols médiocres ou mauvais, son puissant enracinement font de cet arbre un des plus avantageux que l'on puisse utiliser dans les reboisements.

Le pin noir rend, dans les terrains calcaires, los mémesservices que le pin sylvestre dans les terrains siliceux ; mais son aire d'tiabitatiun est moins élenduo ; elle est comprise entre tiOO mètres et 1000 raèlres dans les Cévenncs et entre 1200 et 1600 ou 1700 mètres dans les Alpes et les l'yrénées, IndifTérenl sons le rapport de l'exposition, il réussit dans los lieux les plus secs et mémo dans les pierrailles.

Le sapin et le bétre, que l'on rencontre entre 1000 mètres et 1400 mètres dans les Cévenncs, entre 1200 mètres si 1800 mètres dans les Alpes, el {jui dépassent 2000 mbtriw jftM le» P yrénéea, ne peuvent <Mre employés j nus que dans des cas tout k J plants sont très sensibles nus ï

CIIAIMTRK VINT.TIÈMK

pour végéler réclamenl g-ênéralement, peiidaill un certain no bre li'années, un abri sérieux prodiiil par un coiivcrl assez complet. On ne peut donc, dans la plupart des cas, que les în- IroduirG ullérieurement, comme subslilution d'essences, dans un bois préosislant ; et à ce litre l'emploi de ces arbres doit ëiro plulôl consid(5ré comme amélioration de peuplement plutôt qu'œuvre do reboisement. Nous citerons cependant des plantations do sapin faites en sol nu sur le mont Lozère, et qui ont Irës bieu réussi. On fait aussi, un peu partout dans les Cévennas, des semis de hêtre à découvert, mais eu recouvrant successivement les tigelles pEu: une sorte de buttage, comme nous l'avons indiquéprécéderament.

Le cèdre se trouve à. peu prés dans les mêmes conditions que les deux essences dont nous venons de parler ; il a été peu employé jusqu'alors dans les reboisements des montagnes du midi de la France, et n'a pas encore fait preuve d'une grande vitalité ; il est d'une transplantation difficile ; il semble bien venir on mélange avec les pins noir et sylvestre.

Entre 1000 et 1200 mètres on voit apparaître dans les Alpes l'épicéa, le méli^ze et le pin de montagne, qui tous trois s'élèvent jusqu'à 2400 mètres.

L'épicéa, qui est très sensible aux influences atmosphériques dans les premières années, qui réclame du sol u[je certaine fraîcheur, et qui affectionne plus particulièrement les expositions du Nord et de l'Est, n'est, pour ces motifs, que d'un emploi asseî restreint dans le reboisement des montagnes; on l'utilise néanmoins, à cause des qualités de son bois, chaque fois qu'on peut le mettre dans les conditions qui lui conviennent.

Le mélèze, au contraire, est le pivot des travaux de reconstitution des massifs des régions élevées ; c'est le chérie de la montagne. Dès sa Jeunesse, il résiste admirablement aux influences atmosphériques les plus rudes, et ne réclame aucun abri. On cherche îile propager parlout où le permettent ses expositions préférées, celles du Nord et de l'Est. Non seulement il résiste ala dent des moutons en repoussant de souche tant qu'il est jeune, non seulement il répare plus facilement que d'autres résineuxlcs accidents qui lui surviennent de la part des vents et de la neige, en raison de la facilité avec laquelle il se regarnit de branches, mais il est aussi bien l'arbre des pâturages que celui des forêts. Jusqu'à ce jourcependanl il n'a pasdonnéde très bons résultats

\ii:niuiiv;s (if:.M':i{.u.KS lit; ULunisiiMKM .m

ni dans les Cévennes, iii dans los PyTiiuùes, où il est trop loin de sa slalion naturelle.

Le pin de montagne est une essence dos plus précieuses pour le rcboisemenl de certains hauts versants qui présenteraient dos conditions de sol et d'exposition défavorables k l'épicéa on au mélèze. Il est moins en butte que le pin sylvestre et lu pin noir aux dégâts occasionnés par les neiges abondantes, à cause delà dispositionde ses rameaux imitant celle des branches d'un candélabre. Il ri^ussit parfaitement dans les Alpes et il fait merveille dans les Pyrénées.

EnGn le pin cembro est le dernier représentant de la végétation forestière ; d'un tempérament très robuste, il supporte vaillamment les plus rudes climats. Ses branches disposées en forme de candt'Iabre, comme celles du pin de montagne, ne donnent qu'une faible prise aux vents les plus violents, et bravent le poids de la neige et du givre.

Un certain nombre d'essences feuillues méritent, par la qualité et la valeur de leur bois, d'être introduites dans les massifs à créer; citons particulièi-ement ; l'orme champêtre qui peut monter dans les Alpes jusqu'à 1500 mètres aux bonnes expositions. Indiiïérenl à la nature ininéralogique du sol, il préfère les terrains meubles et un peu frais ; sa place est tout indiquée sur les atterrissements des barrages ; son enracinement latéral et oblique lui donne une solide assiette ; son couvert est épais, son feuillage abondant fournit un excellent fourrage ;

Le frènc commun, qui monte dans les Alpes jusqu'à 1800 mètres ; indifférent à la nature minéralogique, il préfère les terrains frais et fertiles ; ses fortes racines et ses branches de grandes dimensions le rendent très propre à l'affermissemenl des terres; il est très bon pour la Fixation des atterrissements ;

L'érable sycomore et l'érable à feuilles d'obier, que l'on rencontre à différentes altitudes et qui s'élèvent jusque dans la région du mélèze, ce qui les rend précieii?: au point de vue du reboisement ; leur bois a une très grande valeur ;

Le tilleul, dont l'enracinement est à la fois pivotant et traçant et qui croit dans les sols les plus secs ; on le rencontre jusqu'à 1500 mbtres ;

Le cerisier-merisier qui va jusqu'à la limite supérieure H hêtre et qui réussit très bien dans les sols secs et graveleux;

Le sorbier des oiseleurs et l'alisier blanc qui montent ■

a82 CUAPITUE VINGTIEME

plus haut que l'érable sycomore ; le premier préfère les terrains siliceux frais el profonds, el le second accepte très bien les calcaires les plus rocheux;

Le peuplier blanc el le peuplier noir, qui s'élèvent jusqu'à 1800 m. el qui^ ayant une préférence marquée pour les terrains frais, sonl très utilisés pour fixer les lils des torrents ;

L'aune blanc et le tremble dont les racines traçantes drageonnent considérablement, et qui s'élèvent aussi très haut; ils végètent dans tous les sols, mais il leur faut un peu de fraîcheur.

Nous nous réservons de donner, dans Tarlicle suivant, la nomenclature des essences de second ordre ou des arbustes employés à la fixation des terres.

t03. Relioiiieiiient des terraiim inniaMes. — Fixation du fo7id desravhis. — Occupons-nous d'abord de la fixation desalterrisscments des barrages.

Une fois que la pente d'équilibre du fond du lit d'un torrent a été obtenue à l'aide des travaux décrits dans le chapitre X, il faut arriver rapidement à l'implantation de la végétation sur les atterrissemenls des barrages. Dans ces conditions, l'emploi des essences feuillues est tout indiqué, car elles sont susceptibles d'être plantées lorsqu'elles ont acquis un développement que ne comporterait pas l'emploi des résineux, et dès lors elles jouent immédiatement un rôle important pour la retenue des matériaux.

Les atterrissements des barrages sont les meilleurs terrains des régions torrentielles ; on y trouve de la.terre, de la fraîcheur, de l'abri ; aussi doit-on y favoriser autant que possible Tintroduction d'essences de rapport telles que les frênes, les ormes, les érables. Mais ces essences, outre qu'elles ne pourront pas être plantées serrées, ne suffiraient pas pour remplir le rôle de protection nécessaire à la fixation des terres ; on introduit alors dans les intervalles des boutures de peupliers ou de saules, qui donnent dès la première année toute la stabilité désirable. Les rejets qui en proviennent sont recépés à courts intervalles, ce qui fournil des matériaux utiles pour roxéculion d'autres travaux.

Nous avons vu, dans le chapitre X, que la correction des ravins peut se faire de plusieurs inanirros. Lorsqu'on emploie le procédé ordinaire, on reboise, coinine il vient d'ùtre dit, les atterrissements des barrages rusli(jues ou vivants. On emploie quelquefois pour ces travaux, l'aune blanc dans les régions moyennes, l'aune vert et le saule daphné dans les régions élevées.

HCTHOUES (iKNlil(Al.i;S Iti; UEItDlSKMKNï 3»3

I La corrficlioii par allerrissemcnls arlificiels (arliclo 48) a élii t souvent employée dans les Alpes. Pour ne parler que des tiaitbx que nous avons visités, nous citerons le torrent du Curuspet [Basses- Alpes), le périmètre de Remollon et celui de Sieirthe (Banles-Alpes). Dans le premier de ces torrents, le lit et f berces d'nn grand nombre de ravins sonl formés de marnes Jcheusos qui. coniplèlement dénudées, se délitaient conlinuelleenl sous l'inllueuce des agents extérieurs ; sur les sommets des irges on exploita les blocs de marne les moins durs, et les dé- |î& servirent it combler les ravins. Cela fait, on établit de diseon distance de petits fasi:inages à une seule fascine, consluant autant de barrages vivants. BienlAt après, on put relîser on feuillus les intervalles des fascinages; en effet, pennl que les matériaux rocbeux de l'allerrissement. soustraits px inlluences atmosphériques, furniaienl une assise inébranlaî.ceux de la surface, en se délitant, fournissaient la terre néceslire à la végétation ligneuse. Dans le périmètre de Remollon, ce n'étaient plus des marnes, mais des terrains de transport dans lesquels l'appauvrissement du sol avait atteint ses dernières limites ; un combla les ravins par l'pcriilomiïnt dL's burg'escl la démolilioii lies demoiselles : puis l'un piaula des robiniers, des érables, des cvtises, des saules, des peupliers, des aunes. Dans le torrent de Ste-MarlUe, on fit un nivellement lransver.sal en émoussant les arêtes aiguës des berges, et en comblant les dépressions voisines à l'aide de leurs débris ; sur les terres rapportées on disposa des rangées de fascines en pin. fixées par des piquets de mélèze enfoncés dans la roche ; cette opération divisa les terres et forera l'eau à se répandre sur toute la surface; un lit alors des semis de graines fourragères, et deux arts après le sol était protégé contre toute érosion.

Lorsqu'on se trouve à proximité d'un peuplement forestier, on peut coucher dans le fond des ravins des arbres munis de leurs branches, que l'on fixe par leurs exlrémilés à des piquets enfoncés dans le roc ; ces arbres sont placés dans le sens de l'axe du ravin, le gros bout en bas ; ils sont enchevêtrés les uns dans les autres et forment nu corps solide et inébranlable. Au bout d'un certain temps les détritus provenant des berges s'infiltrent dans les branches, qui, eu pour^i^sant, se tratisformcnl elles-mêmes en terreau, et il en résulte un sol amendé favorable au développement des plantes ligneuses ou herbacées qui s'y julteuL et que

:H84 chapitre vingtième

Ton y introduit. On voit ainsi la verdure « monter à Tassaut des berges » pour employer l'expression de M. Carrière, inspectear des forêts^ qui a utilisé ce procédé dans le périmètre de Seyne (Basses- Alpes) ; dans ces dernières années il a été reproduit avec succès dans la vallée de TUbaye.

On peut aussi fixer le fond des ravins à Taide de branches de saules couchées, d*uno berge à Tautre, dans des sillons de m. 10 à m. 15 de profondeur; il faut avoir soin de faire sortir ça et là les rameaux qui entourent ces branches ; les racines se développent rapidement, s'enchevêtrent et constituent un lit inaffouillable.

Fixation des berges, — Dans le cas des berges instables il faut, avant de songer à introduire la végétation forestière, créer des obstacles capables de briser l'écoulement des eaux et d'enrayer l'entraînement des terres.

Pour créer ces obstacles, on a employé une foule de moyens qui peuvent cependant être rangés en trois classes : les semis de graines fourragères, les clayonnages et les cordons de feuillus.

Les semis de graines fourragères sont utilisés dans les terrains les moins ravinés, dans ceux où l'on a l'espoir de pouvoir introduire immédiatement les essences définitives ; on emploie le sainfoin mélangé avec de la fenasse et de la bauche ; les semis se font généralement par sillons horizontaux, c'est-à-dire dirigés suivant les courbes de niveau du terrain; deux ou trois ans après, quand l'enherbement a pris un développement suffisant, on fait des plantations par mottes analogues à celles que nous avons décrites au sujet des clappes. Ce système de plantation, qui a été beaucoup employé dans la vallée de l'Ubaye, et notamment dans le torrent de Riou-Bourdoux, a donné d'excellents résultats ; il y a rarement des manquants, et Pon a immédiatement des arbres véritables qui végètent très vite et qui protègent le sol contre les éboulemenls.

Les clayonnages sont d'excellents auxiliaires lorsqu'on a le bois sur place ; aussi sont-ils très employés en Suisse; ils ont sur les fascinages l'avantage d'être filtrants, de ne laisser passer que Teau claire et de retenir les boues à leur amont; mais l'eau claire elle-même est considérablement retardée dans sa marche parles ouvrages inférieurs, et il en résulte que les terres s'imbibent de

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'buuiuliLé nécessaire à la réiissile dcsjciint^s platilsà iiilioduiro urlos atlorrissemcnls. Eu géaéral, ces clayonnag;es sonl paraiblés; leur hauleur csl comprise entre m. 20 et m. 50; leur icartcmcnt, variable suivant la pente, doit ôtre rég\é de façon k irrivcr siiremeot à la consolidation du sol ; c'est aiïaîre d'expéïence. Si l'on ne possédait pas sufllsammcnl l'habitude lie ce ;enro de travaux, on pourrait procéder à dos essais préalables. JuelqueFois les clayonnages sonl disposés en losanges ; cette aaniëre d'opérer, qui est très coûteuse, peut avoir son utilité sur les terrains Ir^s inclinés où les terres sont continuellement en Douvement. Citons encore les clayonnages en forme d'angles dont es sommets sont à l'amont; les côtés de chaque angle n'ont pas tlus de 10 à 13 mètres, et les différents ouvrages sont disposés de Rçon que l'un d'eux recouvre l'intervalle compris entre deux luLres sitvés dans la bande inférieure ; ce système, que l'on peut ((uployer sur les terrains recouverts de pierres mouvantes, offre et avantage que les c^boulements, divisés par des pieux enfoncés lans le sol en lignes inclinées, ne produisent plus des effets aussi lésaslreux et ne peuvent du reste atteindre les jeunes plants inroduils dans los angles.

Ëniin l'on peut disposer les piquets des clayonnages sur une irconférence, de sorte que les branches entrelacées affectent la »rme d'une surface cylindrique fermée; on obtient ainsi des ortcs de corbeilles dans lesquelles on introduit la végétation, près y avoir déposé un panier de terre.

Les cordons de fenilius sont employés sous différentes foraes ; citons les principales :

Tantôt on creuse une succession de petits fossés interrompus lans lesquels on place des fascines, des piaula, ou des boutures s saule et d'aune ; ce système réussit très bien et il donne de tODS résultats partout où il peut être appliqué.

Tantôt on établit de véritables baies horizontales dont les plants e louchent, de manière à produire un effet sûr et rapide; ces Ignés brisées sont établies dans des banquettes préparées à l'aance, ou bien rez-terre, sans saillie apparente, à l'aide d'un proédé très ingénieux imaginé par notre regretté camarade Coutuïcr, alors qu'il était chef d'une commission de reboisement dans ï8 Basses-Alpes, Nous reviendrons; dans le chapitre suivant, sur L construction do ces haies de soutien ; disons seulement ici que es essences les plus avantageuses pour leur confection sont le

robinier, l'érable, le coudrier, l'aubépine, le prunier de BriançoD, puis le saule pourpre et le saule diapré employés sous forme de boutures.

Broiissail/ement, Quand les terrains sont trop mouvants ou trop infertiles pour qu'on puisse avoir l'espoir d*y voir prospérer les essences définitives, même sous la protection des travaux de soutien que nous venons d'énumërer, on emploie des essences feuillues, et Ton choisit celles dont la croissance est la plus rapide, celles qui forment des souches puissantes, celles qui drageonneal le mieux, celles qui sont le plus susceptibles d'être recépées et marcottées, celles en un mot qui sont le plus capables de fiier promplement le sol. Le frêne, le cerisier-mahaleb, l'aune, le robinier, les saules et les peupliers ont donné de bons résultats; puis, parmi les arbustes et les buissons, les cytises, le cornouiller, l'épine-vinette, le buis, le baguenaudier, les bugranes, Thippophaé, le genêt cendré, le genévrier sabine, l'églantier, l'amélanchier, ont été employés avec succès. Ces plantes, introduites autour des cordons et sur leurs atterrissements^ forment de petits taillis que Ton propage ensuite par le recépage et le rna^ cottage.

On emploie quelquefois, sur les terrains lesmoius inclinés, un procédé que l'on appelle la plantation en corbeilles j et qui a été imaginé par M. Carrière. Il consiste à creuser un trou en forme de tronc de cône renversé, autour des parois duquel on plante une série de tiges feuillues, de 3 ou 4 ans, espacées de 0™iO à O'^lo; puis on remplit l'intérieur avec de la terre fertilisée, qui assure la reprise des plants. On forme ainsi des centres de verdure, qui s'étendent bien vite par le marcottage. Quand on craint les gelées, on recouvre la terre par de grosses pierres qui ont, en outre, l'avantage de consolider le sol.

Dans les terres noires il ne faut pas songer à introduire immédiatement les grandes espèces, même en s'en tenant aux essences feuillues. «< En cela, dit M. Boppe, professeur de sylviculture « à l'école forestière, il faut encore suivre les indications delà « nature, c'osl-à-dire commoncor par les espèces inférieures les « plus rustiques ; à mesure que la terre perd son poison, elleac- « ceple des végétaux d'un ordre d'autant plus élevé que la couche « désinfectée est elle-même plus profonde. On peut ainsi mesu- (( rer l'instant où on pourra lui confier des arbres à nourrir *. w

1. Traité de sijlciruUure, par L. Boppe, professeur de sylviculture à l'école nationale forestière. Berger-Levrault, Nancy et Paris.

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Ce qoî réussît lo raifiux au dùbiil , ce soiil les boutures de saule de peuplier, E'atine blauc et l'Iiippupliaé à cause de leur puissance drageonnanle, le tilleul à causo de sa croissance rapide el de son aplitiideà former de nombreux rejets, le prunier de Briançon, les bu^ranes; enfin, parmi It's graminées, le calamagroslis argenté, le chiendenl, le lussilage-pas-d'Ane, et oxccplionnellemcnt la Fétuque bleue.

tO<, Choix lia mode de rcpeuplemenl- — Le choix du mode de repeuplement, semis DU plaiilation, dépend du climat, de la nature minéraloginue et de l'état superficiel du sol, du tempérament et des exigences des essciices adoptées, ainsi que du rdic qui leur est assigné, eiiRn du prix de la main-d'œuvre, des graines et des plants.

Les feuillus étant généralement destinés dans les régions lorreiilielles, ainsi qne nous Tavons vu précédemment, à fiser el à consolider les terres, il est clair que c'est à la plantation surlout qu'il faudra avoir recours pouroblcnir ce résultat le plus sûrement elle plusrapidement.il ne saurait y avoir d'exception que pour les chênes cl le caroubier dont les pivots se développent facilement dbs ta première année, avec peu de chevelu, ce qui rend la reprise des plants moins certaine et la pr^pariition du sol plus coAteuse ; il est vrai que l'on peut éviter cet iaconvénicnl par un rocépage du pivot fait en pépinière ; mais cotte opération a des résultats Bsscz'imparfails el augmente encore les frais de la plantation, de sorte que, tous comptes faits, le semis s'i'xécule plus facilemont et coûte moins cher, quels que soient la nature minéralogique et l'étal superficiel du sol.

Quand le terrain à reboiser présente une couche de terre fertile garnie de quelques plantes herbacées ou ligneuses, le semis et la planlalîon peuvent également réussir ; mais si le sol est complètement nu et sans terre végétale, les semis ne prennent paB, et il est presque toujours préférable d'employer la plantation. Le semis est au contraire préférable dans les terrains couverts de débris de pierres qui, abritant le sol contre le tassement, en maintiennent rameubiissenicnt et en conservent la fraîcheur.

EnRa, en ce qui concerne lus résineux à introduire en montagao, l'expérience de nombreuses iinnées a démontré qne la plaulation réussit mieux que le semis sur les sols exposés au

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dessèchement el au soulèvement produit par les altcrnalives de gel et de dégel.

Faisons application de ces observations à la question spéciale qui nous occupe.

Dans les régions basses, le pin d'Alep et le pin pinicr, généralement utilisés pour le reboisement des terrains secs, réussissent généralement mieux par la plantation que par le semis; il n'y a d'exception que pour les terrains rocailleux. Ajoutons que les oiseaux font une guerre acharnée aux graines de ces pins, et que les sauterelles s*attaquent à leurs pousses herbacées. Le pin maritime, au contraire, ne présente aucune chance de réussite en plantation, à cause du développement exagéré de son pivot et de l'absence presque complète de chevelu.

Dans les régions moyennes, les pins sylvestre et noir, qui sont habituellement employés dans les plus mauvaises conditions de sol et d'exposition et qui ont à redouter, outre les dangers que nous venons de signaler pour les pins d'Alep et pinier, les effets du soulèvement produit par les gelées prinlanières, ne réussissent guère sous forme de semis, malgré leur tempérament robuste. Le sapin reprend également mieux par la plantation ; car son tempérament, très délicat au début, a besoin d'être fortifié en pépinière.

Restent les essences principales des régions supérieures : l'épicéa, le mélèze, le pin de montagne et le pin cembro. Le pin de montagne est exclusivement employé par voie de plantation; sa graine est d*un prix élevé, et de plus c'est l'essence des expositions relativement chaudes, des sols les plus arides et les plus ingrats. Quant aux trois autres essences, on les reproduit tantôt par semis el tantôt par plantations ; à ces hautes altitudes où le temps pendant lequel s'opère la végétation est considérablement réduit, il faut employer les deux modes pour aller plus vite.

Ici la sécheresse n'est plus à craindre, les nuits, étant plus fraîches et les plmcs plus fréquentes ; d'autre part on rencontre par ci par là quelques gazons ruinés, quelques restes de pelouses; on sèmera à l'abri de ces végétaux el l'on plantera dans les terrains nus.

Les jeunes plants feuillus devant, à cause du rôle qu'ils ont k remplir, posséder une certaine taille au moment où on les intro-

MfiTn'lUliS iiK.NKHAI.KS liK HKIHHSl'MRM.

lit dans les périmètres, ol flovanl tMie surloul d'une reprise fubîle, il esl nécessaire de provoquer en pflpinière )a venue d'un hevclu abondant, condition que l'on obtient par le n'i/o/ai//- fin le te/>i^(M^fî, qui n'est autre chose qu'une IriiEispIanlalion dans la nème pépinière.

Les essences résineuses, ne devant genéraienient être plantes que sur les sols préalablement consolidés, u'onl pas besoin rétrc repiquées' l'expérience île nombreuses années a démontré Elue dans les montagnes du midi, cette opération coûteuse appliquée anx conifères ne produit pas, dans l'ensemble des résultats Bbtenus, une plus-value comparable à l'élévalion des frais qu'elle nécessite. En second lieu, l'obligation de rigoler tons les plants k employer dans une aussi vaste entreprise entraînerait des dé- Benses énormes pour l'acquisition des terrains. Ënlin, les racines ■élicates des résineux supportant difficilement le transport, il vaut mieux les cultiver sur de petites places disséminées pans les périmètres, et présentant des conditions climatérîqucs ;ue5 à celles qu'auront à subir plus tard les jeunes tujets.

De là, deux genres de pépinières.

1' Les pépinières permanentes ou centrales destinées ^ fournir t toute une région des plants de tout Age et de toutes dimensions, L devant être disposées de façon à ce que l'on puisse y pratiquer loua les soins culturauiï en usage ; 2° Les pépinières locales ou volantes, qui n'c.\igcnt aucun Ëe ces soins, et dont les emplacements doivent être cboisis de inanière à diminuer le plus possible la durée des Iransports. Les feuillus en général sont élevés dans les premières, et les lifères dans les autres. On peut être amené cependant h cultiver des résineux dans les pépinières centrales, si l'on veut lonstituer une réserve destinée à entrer en ligne en cas de non réussite, ou de travaux coniplémejitaires.

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