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EXÉCUTION DES TRAVAUX DE REBOISEMENT

fOft. Tracé des eliemins. — Il est rare que l'on rencontre, dans les périmî'lrcs, un nombre de chemins ou de sentiers suffisant pour donner accès h toutes les parcelles à reboiser. On profite de cette circonstance pour tracer, au début des travaux, toutes les voies, larges ou étroites, qui seront nécessaires plus tard à la conservation et à Texploitation de la forêt que Ton va créer. Ces voies sont de trois sortes : les routes forestières, les chemins muletiers et les sentiers. On n'ouvre les premières que sur une largeur de 3 m.t ^e manière à faciliter seulement la circulation des qharrcttes ; on leur donne 12 °/o de pente au maximum ; chaque fois qu'elles traversent un ravin, on les fait passer sur un mur ayant la forme d'un barrage ordinaire, avec un aqueduc pour Técoulement des eaux des crues modérées, et un couronnement horizontal à flèche réduite construit de façon à éviter le danger de détournement des eaux. On donne aux chemins muletiers l"'oO à 2'" de largeur, et on fait aller les pentes jusqu'à 18 p. Vo ; enfin les sentiers n'ont qu'une largeur de 0'"60 à 1"20, et leurs pentes sont les mômes que celles des chemins muletiers.

Presque toutes ces voies devant être établies à mi-côte, on se contente généralement d'en tracer le profil en long; et le devis des dépenses est tout simplement basé sur le prix du mètre courant.

Pour tracer ce profil en long, on peut se servir avec avantage du ciisimètre Goulier modifié par M. Bellieni, opticien à Nancv.

Cet instrument se compose essentiellement d'une boîte en bois ABCD (fig. 1G9) fermée par un verre dans lequel se trouve un

EXÉCUTION RKS HliUOISEME.VTS,

Fig. )fl9.

porpi'nilicrilo P inobilo auloui' d'un axo, et porLanl un index qai parcourt un arc divisé, dounanL les pentes de deus en deux pour cent. La division est double, el i'oi'igitio coramune dits deux graduations est k- point battu par l'iadux lorsque le cûté supéneur do la buitc est horizontal.

La visée se fait à l'aide d'un œilleton et d'une pointe F. On ,. ^ incline lég;ëre ment la main

k diverses reprises pour , laisser prendre au perpendicule sa position d'équilibre, en ayant soin d'agir avec un doigl sur un bouton placé derrière labolle, de manière à neutraliser l'action d'un ressort dont la pression empùcbe le perpendicule do se mouvoir librement.

Enfin, le constructeur a adapté à l'inslrumcnl un couvercle à charniiire DltlG muni d'tmc glaco M, et dans lequel il a pratiqué une fcnèlre R et un petit Irou cylindrique S destiné k servir de logement à la pointe F quand on ferme l'appareil.

r,"osl grâce à l'addition de celte glace, permettant à l'opérateur du faire directement la lecture, que l'on peut utiliser le clisimêlre Goulier pour le tracé d'une droite ayant une punie détermiiiée. Celle lecture se fait trbs facilement, à la condition du donner au couvercle une inclinaison convenable, grâce d laquelle en outre se trouve dégagée la fenôtre R qui pernu'l la visée.

Il est commode, pour faire celle visi'e, d'appuyer l'angle D du (.■ôlé inférieur de la boite sur un bùlon que l'on fait reposer tout simplement sur le sol; on s alTranchil ainsi des erreurs inévitables provenant dos tremblements dont on ne peut se défendre lorsque l'observation est un peu longue, l'our faire l'opération simplement, on se procurera deux bâtons d'égale longueur, puis l'on fïsera sur la léle de l'un d'eux un morceau de carton sur lequel on tracera une ligne de foi dont la hauteur correspondra ii cfillc de la ligne de visée obtenue quand l'instrument reposera sur i" antre.

<I92 ClfAPITRK VINGT-IJNIKME

Le clisimètrcGoulicr peut aussi servir à mesurer la haulear d'un arbre, à déterminer une horizontale et à mesurer la peate d'un talus ou le fruit d'un mur ; cette pente ou ce fruit est indiqué par rindcx quand, le perpendicule étant libre, le côté BC de la boite repose sur le talus ou sur le mur.

toe. Préparation du sol. — Nous avons indiqué, dans le chapitre précédent, les circonstances dans lesquelles la préparation du sol est nécessaire ; il nous reste à énumérer les procédés employés pour cette opération.

Nous ne parlerons que pour mémoire de la culture en plein, qui n'est applicable que dans les sols profonds et peu inclinés. Les terrains des régions torrentielles étant généralement arides, pierreux et à pentes rapides, c'est au bras de Tbomme qu'il Eaut avoir recours pour les défoncer. Cette culture se pratique par bandes alternes^ dont la largeur, diminuant quand la déclivité augmente, peut varier de 0'"30à 0'"60. En principe, l'axe longitudinal de ces bandes doit être horizontal, le profil en travers ayant une inclinaison contraire à celle du terrain. L'expérience a démontré qu'il suffit, pour accorder les raisons cultundes avec les principes d'économie, de pratiquer le défoncement sur une profondeur de O'^iO à 0"50. Quant à l'écarlement des bandes, on le fait varier de 1'" à 3°" suivant la nature des essences à employer pour le reboisement.

Les bandes peuvent être continues ou bien interrompues de distance en distance.

Les bandes continues, outre qu'elles procurent au sol une culture plus complète et plus uniforme, ont Tavantage de s'opposer àTenlèvement des terres ainsi qu'au ravinement produit par les eaux qui, venant, au contraire, se déposer lentement sur un terrain nouvellement travaillé, lui apportent toujours quelque fraîcheur. Elles se comportent évidemment comme les barrages des ravins et provoquent une sorte de colmatage éminemment propice à la réussite dos jeunes plants. Mais elles sont difficiles à tracer ; si Ton veut maintenir leur axe horizontal, cela ne peut èlro qu'au détriment de la régularité, car il faut nécessairement que cet axe suive toutes les inllexions des courbes de niveau ; d'un autre côté, si, dans le but d'obtenir plus lard un massif plus régulier, on tient à maintenir un écartemont à peu près constant entre deux bandes '^ — "'-^utives, elles no peuvent plus rester ho-

EXicf;iiTUi\ riEs ni:ijnisi:>iK.\Ts. nm

Hzpntiilcs, el alors les eaux, ayaiil des toiidaiiccs à n'accumuler [ur les points bas, petiveul à un mouioiit donné produire une rup- ;ure et un commencement de ravinement.

Les bandes interrompues ne présentent pas ces încon virulents, ïar on pourra toujours calculer quelle devra être la longueur ii donner à la partie cultivée pour que leur axe longitudinal puisse itre parfaitement horizontal, avec écartenienl constant. Elles ont •n outre l'avantage d'ôlre plus économiques, et nous allons chercher à lo démontrer : Les plants dans leur jeunesse doivent, si l'on veut qu'ils puissent se soutenir mutuelleraenl, n'être pas très éloignés les uns des autres ; mais il n'est pas nécessaire qu'ils soient régulièrement espacés ; quand ils auront grandi, les branches se rejoindront et le massif sera constitue^, Cela étant, supposons qu'on veuille avoir 6000 plants sur un hectare, et que l'on ait reconnu la nécessité d'admettre dans l'ensemble de la plantation, mais seulement par groupes, un écartement d'un mètre entre deux plants d'un même groupe. Si nous employons le système des bandes continues, il n'y aura pas de raison pour ne pas adopter un espacement régulier dans l'ensemble; et, pour obtenir le résultat que nous cherchons, i! nous Faudra 6000 m. de bandes cultivées. Si, au contraire, nous adoptons des bandes iulerrompues de i m. de longueur, nous pourrons facilement mettre B plants dans chacune d'elles ; par conséquent, pour obtenir 6000 plants, il nous faudra 120t) bandes, soit 4800 mètres de défoncement.

M. Dcmonlzey donne (page 1 88 de la 2' édition) la description de baades, qu'il appelle bandes brisées, ayant une longueur de 3 & 6 métros, séparées l'une de l'autre par une partie non cultivée pouvant varier de 1 m. à 3 m., et disposées de telle façon que 1 ilieu de chacune d'elles coïncide avec le milieu de l'espace non ■défoncé de la ligne inférieure. Avec celte disposition l'on réalise les avantages des deux systèmes précédents : action mécanique des bandes continues, écartement constant et économie des bandes interrompues,

Il a été reconnu que, pour la facilite du travail manuel, il no faut pas défoncer le sol sur une longueur inférieure k un mètre. Dans le cas où les bandes interrompues n'ont guère que cotte dimension, elles sont plus connues sous le nom de trous ou de potets.

Les Irons sont très économiques, et il est facile de le voir en

rcpronanl notre cxoniplo de tout à Theiire ; si FonadmeUt puisse mettre deux plants dans chaque polet, il ne faudra que 3000 mètres de défoncement pour obtenir GOOOplauU^ hectare. Ils otTrent en outre un avantage cultural qui nesifi dédaigner : avec le système des bandes on est souvent ob:!£< sacrifier des débris de végétation dont la conservatiou [t: être utile à la bonne venue des jeunes plants; tandis (pr trous, à cause de leur faible longueur, peuvent être creusai lement dans les parties vides.

Il résulte de celte discussion que les potets devront pre^^tk. jours être adoptés, chaque fois que Ton n'aura pas kcwû ravinement des terrains à reboiser.

Ce n'est pas ici le lieu de donner la description des oq;L< Ton emploie dans les travaux de reboisement ; je veux «lire moins un mol de la pioche a pic, qui a été presque jrti ment adoptée dans les contrées torrentielles, et qui est le? lat final d'études comparatives faites sur les difTérentsinst de ces contrées.

Cette pioche pèse i kilogr. ; sa douille est ovale. D'unt^ cette douille se trouve un taillant dont la largeur, qui ï^' O'^O? à l'extrémité, va en diminuant vers le centre où ell-J plus (jue de 0,04."> ; de l'iiutre côté se présente un pic tii^ > Les deux brancin's sont siMisihlemenl r»gales et f<)nn'r l«'ur ciiseiuhh', un arc d»' coirhi donl la corde a O'"o"i «l ;£ ()'"08. (!el iiislruincnl ne ralii:ih' pas lnNiuccnip Touvri''! : .: snii poids, les conln^-coups sont évilés, el le travail uliloinn'iilé.

(Vcsl ;iv('c cpI iiislrnmenl (lucTon ouvre les haiidcs: :•>. rpn* l'on y Ironvr sont L'ulevécs cl juisées sur It* boni iiit'-; fani avoir \\'w\\ soin tle les placer à la main suivant 1' ■■' naturel ; si on les disséminait sans ordre, elles seraii-r.' danperens(»s cprutiles.

L(* sol est pi'é|)ai'('' (|n«»l(|ues mois à ravanci\ dans l-j de IT'té on aux approcln's di» l'hiver. s\iiva!it qui» !♦'< : ments doivent ètn» etleelués à Tantomne ou au priiilini;- ' de laisser aux a^ents extérieurs le temps d'auir iW i racité.

r^orsqn'on emploie le système (le< potets dans Irvi (li;r:Vsecs, on prati<|ne snnveni de petites riiiides, en fonno * vrons, disposées de fa(:on à afuener dan> les Ircms 1rs i-a' passent dans leurs intervalles.

lî^i'CHTioN ni:s rkboisiîhknts

Dans les plis do Icrraia oticuimlruil un pistil mur en pierres ftÈchea. de 0"'50 do liaiilaur, que l'oit uUernl arliriciellement avec de la lerre prist! dans le voisirmge; lursqEi'on no rencoutre pas suffisammeiil de piurrcs pour œnslruiit! un mur, on remplace celui-ci par une l'iiacine de saule.

Dans les clappeson ouvre les bandes eL les Iruus apri;^* avoir disposé à la partie inrérieuro loutDS les pierres que l'on a dit enlever pour découvrir la terre.

Dans les marnes schisteuses, qui se dAsagrègenl 1res rapidement sou» rinÛuonee des agents extérieurs, il est bon de ne préparer le Bôl qu'au moment où l'on va introduire la végétation. Au contraire, dans les marnes dures, qui ne se laissent que très peu pénétrer par la pioclie, le travail de défoncomonL doit être fait à plusieurs reprises. Si l'un voulait opérer eu une seule fois, comme pour les Icires ordinaires, on serait enlratiié à des frais énormes, et d'un autre côté les produits do la désagrégation de ta roche, qui sont ii!B seuls matériaux sur lesquels on puisse compter pour le comblement des polela ou des bandes, la terre végétale étant absente, seraient complt'leuient insunisanls. On opère alors do la maniêrB suivante : c On se contentera d'abord d'ouvrir les « trous et les bandes sur la profondeur à laquelle la pioclie ou le u pic pourra pénétrer; la meilleure saison pour cela est la lin de ti l'hiver; quand la roche est bien saturée d'eau, elle est plus « tendre et l'outil péniflre plus Facilement dans les fentes de re- ( trait qui divisent les strates. Un posura avec soiti tous les dé- « bris en talus bien assujettis sur le fond inférieur des trous, qui u seront abandonnés pendant un an aus influences météorologia ques, et l'on recommencera im nouveau creusement k la fin de « l'hiver BuivanI ; généralement deux saisons aufriront pour ob-

■ tenir une profondeur convenable.

B 11 restera alors ii combler les Irons. Pour cola on rAclera a avec soin tous las produits du délitement de la roche dans les « iolervallos des trous, avant les pluies du printemps; c'est le « moment le plus lavorable, car le délitement le plus énergique

■ se manifeste par les gelées de la fin de l'hiver. Ces éléments t> terreux combinés avec ceux fournis par la surface des talus de K déblai serviront à remplir les irons ; s'ils sont insufhsants, "on u répétera ultéiieuremont le même balayage. u (Dcmontzey, page i97 de la à" édition).

396 CHAPITRK VINGT- r MEME.

t07. De« graine*. — Les graines des essences feuillues employées dans le reboisement des montagnes sont généralemenl mûres à l'automne ; il n'y a d'exception, en ce qui concerne les essences forestières, que pour l'orme dont le fruit entre en maturité au mois de mai, le bouleau, le caroubier et le cerisier dont les fruits sont murs dans le courant de l'été, aux mois de juillet ou d'août; dans la série des arbrisseaux et des arbustes, les bugranes et le sumac fustet mûrissent en juillet, la lavande et l'amélanchier en août.

Les semences sont généralement cueillies sur les arbres àTexception des glands^ des châtaignes et des faines ; en ramassant ces dernières graines, il faut avoir soin de laisser de côté les premières tombées, qui sont généralement piquées dés vers. On peut, du reste, apprécier leurs qualités à l'aide d'une simple observation : ainsi un bon gland doit remplir exactement son enveloppe extérieure, coupé il doit être blanc, frais et luisant, la radicule qui pousse vers la pointe doit être saine et fraîche ; une châtaigne est bonne quand sa saveur est agréable, quoiqu'un peu acerbe, quand elle est ferme, bien remplie et son germe intact; la faine, fendue en deux, doit être fraîche, blanche et succulente.

Quant aux semences que Ton récolle directement sur les arbres, on peut aussi en vérifier les qualités par le même procédé; en général la graine doit être bien pleine, posséder une odeur et une consistance fraîches. La couleur des bonnes semences est variable suivant les espèces ; ainsi celles de Térable et du tilleul doivent être verdâtres ; celle du robinier brun foncé, etc.

11 existe d'autres méthodes de vérification, telles que l'immersion dans Teau ou Tapplicalion sur une plaque de fer rougi ; le premier procédé n'est employé que pour les graines lourdes, les bonnes restent au fond cl les autres surnagent ; dans la seconde méthode, les semeuses de bonne qualité éclatent en sautillant, les mauvaises se consument lentement.

La graine de l'orme est très difficile a conserver ; on la sème immédiatement après la l'écolle, ce qui nécessite des travaux particuliers dans les pépinières, comme nous le verrons plus tard. Pour des raisons analogues le noyau de la merise se sème en juilhît et les bugranes en août. Los graines du caroubier, du robinier et du cytise peuvent être sans danger conservées pendant une année au moins ; aussi choisit-on généralement le prin-

Iv.XI'CVTlUN \iES lU^miISI'MlvVïs

pour l'esécution des semis. Les seiiieiicos des autres lltis ne pcuvcnl guère ôlrc conservées que six mois; et comme e les régions méridionales dont nous nous occupons, rien ue • fice que les semis soieiil faits h l'automne, c'est génénenl celle saison que l'on clioisil : ou riialise ainsi une écorieuse sur les frais de eonsûrvation et d'entretien des graines. Si cependant il rcstiiil â la fin de rauu<5e un stock de semences non employées il fauilrait, pendant l'hiver, les mettre à l'aliri contre un comnienceniont do germination et aussi contre tonte cause de détérioration.

A l'exception de la graine du pin d'Alepqui est mure en juin et se dissémÏDC en juillet et aoiil, cl de celle du cèdre dont l'époque de la dissémination est très variable, les semences des essences résineuses mûrissent en automne et se disséminent au printemps.

On demande à l'étranger les graines de pin noir d'Autriche, d'épicéa, de mélèze et do pin sylvestre. La première seule de ces essences n'est pas indigène en France, et l'on est obligé d'avoir recoors au pays d'origine. En ce qui concerne la graine d'épicéa, le commerce français ne pent pas lutter avec le commerce étranger, à cause de la cherté de là main-d'œuvre, des diflicultés d'accéder pendant lliiver dans des massifs généralement situés très haut ou sur des pentes 1res raides, et surtout par suite des habitudes nomades des montagnards pendant la mauvaise saison. Pour extraire la graine du mélèze, il faut employer des machines qui n'existent pas encore en France, On a fait, dans les Alpes, quelques essais de récolle sur la neige : mais ce procédé ne peut évidemment donner qu'une faible quantité de semonces. Enfin le pin sylvestre, que l'on achète en Allemagne, est destiné à venir au secours des sècheries, quand l'approvisionnement n'est pas suffisant.

On ne demande géncralemonl au commerce français que le pin maritime; pour obtenir la graine il suffît d'introduire les c6iies dans des fours ordinaires quelques heures après en avoir rctîréle pain.

Les autres semences peuvent être récoltées directement par les soins do l'administration forestière.

La désarticulation des cônes do sapin s'obtient à l'aide d'une simple torsion faite à la main; on opère de la même manière pour les cônes de cèdre, que l'on a préalablement trempés plusieurs jours dans l'eau ; lesciines du pin cembro sont soumis à

un léger baltagc suivi d'un lavago destiné à séparer des écailles les g-raiues, que Ton soche ensuite.

Pour ouvrir les cônes de pin d*Alep, de pîn pinier, de pin sylvestre et de pin de montagne^ on les expose pendant quelques jours à la chaleur solaire de Tété, dans des endroits exposés aa sud el abrités contre les vents. On peut s(* contenter de les remoer sur des toiles tout simplement posées sur le sol, et de les passer au crible pour en extraire la graine.

Il est très utile de se rendre compte de la faculté germinative des graines résineuses, tant pour reconnaître si les fournisseurs ont satisfait aux conditions de leur cahier des charges, que pour savoir comment effectuer le dosage, au moment de l'exécution du semis. Tous les essais de ce genre ont été, depuis 1872, centralisés au domaine des Barres (Loiret).

On prend à cet eifet, et au hasard^ parmi les graines préalablement nettoyées au tarare, un nombre déterminé de ces graines que Ton place entre deux flanelles arrosées au pulvérisateur deux fois par 24 heures, et exposées dans une serre chaude à une température de 20 à 25 degrés centigrades. Les épreuves sont continuées pendant trois semaines ; les graines qui ont germé sont enlevées au fur et à mesure et le nombre en est inscrit sur un calepin spécial.

On a fait aussi des expériences sur le décroissement qui sV pèrc dans la faculté germinative au fur et à mesure que la graine vieillit. Cette décroissance, assez peu sensible pour le pin maritime et pour le pin d'Alep, conimence à devenir importante pour Tépicéa, le pin sylvestre, le pin noir, le pin de montagne, est très considérable pour le mélèze et énorme pour le pin cembro et le sapin.

Il faut conclure de ces expériences que s'il y a peu d'inconvénients à laisser passer une année entre la dissémination et remploi des graines du pin maritime el du pin d'Alep, il n'en est pas de môme pour les autres semences. Parmi les graines récoltées direclemont par radministralion, le sapin, le pin cembro et le cèdre n'ont pas besoin de la cbalour solaire, comme nous l'avons fait remarquer ci-dessus; mais pour le pin sylvestre et le pin de montagne il serait désirable quti les graines fussent séchées pendant rhiver alin de pouvoir rire employées au printemps qui suit la maturité. (W résullal ne peut (Mrc obtenu qu'à l'aide de sécheries à étuve,donl on trouvera la description dans un excellent ar-

EXÉCUTION DES REBOISEMENTS.

licle de M. Thil, inspecteur des forêts, paru dans la Revue des eauujc et forets, de janvier à août 1884. *

Nous donnons, d'après M. Demontzey, létaux moyen de la valeur germinative exigible pour les principales essences.

Pin d'AIep

Pin maritime

Pin pinier

Pin sylvestre

Pin noir

Cèdre

Sapin

Pin de montagne

Ëpicéa

Mélèze

Pin cembro

9B. Pépinières centrale». — L'emplacement d'une pépinière permanente doit être choisi d'après les conditions suivantes : •

lo Se trouver dans une position aussi centrale que possible par rapport aux différents cantons à reboiser et qu'elle devra approvisionner, en tout ou en partie ;

2* Présenter un accès facile pour le transport des plants ainsi que des engrais et des amendements à y employer;

3° Être à la porlée de la résidence de la personne chargée de diriger l'exploitation ;

4* Posséder un sol d'une fertilité moyenne oumcilleure encore, car elle doit produire des plants vigoureux et bien équilibrés, très aptes à une reprise certaine et prompte ;

5* Ne pas occuper des fonds bas et humides oii les gelées et le déchaussement sont le plus à redouter ; mais, au contraire, des versants en pentes très douces, exposés de préférence à l'Est et an Nord-Est, a6n d'éviter une trop grande précocité au printemps, et un trop grand prolongement de la végétation en automne ;

1. Achat, récolte et préparation des graines résineuses employées par l'Administration des forêts. — Paris, Bévue des eaux ei^^s, janvier à août 1884.

2. Landolt. La forêt, manière de la rajeunir et ae^ soigner ^ 3e édition.

400 CUAPITHE VlNr.T-lMKME

6*^ Klre susceptible d'irrigation à Teau courante, surtout dans les régions à climat sec ;

T Présenter une surface aussi homogène et un périmètre aussi régulier que possible, permettant une bonne division et facilitant les clôtures.

Il n*est rien dit, dans cette nomenclature, de la constitution minôralogiquc du sol ; le mieux, dans cette matière, serait de choisir un terrain présentant une certaine analogie avec les terrains à reboiser. Mais dans les régions torrentielles les plants extraits d'une môme pépinière devront généralement pouvoir végéter sur tous les sols. Dans ces conditions, il faudra préférer un terrain siliceux, terrain neutre qui n'exclut aucune essence, terrain meuble qui donne lieu au minimum de frais de culture et d'extraction, et dans lequel se développe abondamment le chevelu des jeunes plants.

On a cru pendant longtemps qu'une pépinière installée sur un sol trop riche rendrait les plants trop exigeants et en comprontettrait la reprise sur des terrains plus maigres. C'est une erreur généralement reconnue aujourd'hui ; ce que Ton recherche surtout dans les jeunes sujets élevés en pépinière, c'est Tabondance des racines ; et il est bien clair que celles-ci se développent plus abondamment dans un sol fertile que dans un sol maigre.

Il est très rare que Ton rencontre dans un périmètre de reboisement toutes les conditions énumérées ci-dessus ; plutôt que de s'exposer à des mécomptes il vaut mieux louer ou acheter un terrain favorable.

L'emplacement d'une pépinière étant choisi, il faut en déterminer l'étendue. Il y a, à cet égard, une règle empirique qui consiste à donner à la pépinière autant d'ares qu'il y a d'hectares à reboiser annuellement. Cette règle ne s'applique qu'à la surface nécessaire aux semis ; il faut y ajouter l'étendue à réserver pour les repiquages, étendue plus considérable que la première.

La surface totale de la pépinière étant déterminée, on trace d'abord degrandcs divisions séparées par des chemins charretiers de 2 m. 30 h 3 m. de largeur. Chacune de ces divisions est partagée elle-même en carrés de 12 à 15 arcs par des allées de 1 m. pouvant être parcourues par des brouettes. Enfin chaque carré est divisé en planches de 1 m. 20 de larguour séparées par des sentiers de m. 30 permettant de donner aux jeunes semis tous les soins nii'îit; réclament, sans être obligé de pénétrer dans les parties

lîXÈcrTiiiN in;s hkihuskments

Leiiiv'ciiGmenl gciiéral doil èlre dliigé de manière à. favorlsor lirrigalioii des canes, louL on les pi-olégcaiit contre les grands imeiits d'eaux pluviales.

défoncement n'est pas généralcmenl poussé au-delà de

■40; comme un terrain trop récemmenl ameubli ne rctieu-

iVftît pas l'eau et oITrirail aux racines dus interstices qui pour-

leiit en provoquer le dessèchement, on fait la culture principale iDlreIel''novembreetle lîi mars,aprtsavoirrecouvcrtlcsol d'une lonne couche de fumier. Il suflil alors, h l'époque des semis, d'un ùmpte labour, pour que le terrain soit propre à le recevoir. Tout m faisant le défoncement, on enlève les plus grosses pierres, que 'on utilise pour l'empierremetit des chemins.

Nous avons indiqué, dans l'article précédent, la saison la plus avorable pour les semis de chaque essence.

Les graines d'orme, de bouleau et d'aune sont semées en plein mr les planches ; on les recouvre ensuite, sur une épaisseur d'un i deux cenlimètres, d'une couche de terreau préparé, dans des fosses étanches, par assises ailernantes de m. IS de fumier et le m. 03 de sable, puis passé à la claie. Pour empêcher les iaux extérieures de pénétrer dans les fosses, on maçonne leurs [tarois ; il est clair que si le terreau était trop mouillé, les eaux m excès pourraient entraîner dans le sol les éléments nutritifs.

Les autres essences feuillues sont semées par sillons réglés k un écarlcmcnt qui varie de O^iS à 0"20. Les glands sont enfoncés ï O^Oi environ de profondeur ; îl en est de même des graines lourdes et e bar ri nos, telles que celles duprunier de Briancon, du Koisclier, de l'aubépine, du cornouillier sanguin. Les semences demi-lourdes, comme celles du robinier et du cytise sont rntcr- "éos à 0"03, el les graines légères des autres espèces feuillues à 0"02, Dans le système des semis par sillons, le terreau n'est employé que pour les érables, le robinier, le cytise et l'ailanlhe glanduleux ; on se contente de recouvrir de terre émiellée les antres essences. Ce système offre plusieurs avantages ; il permet de suivre plus nettement les progrès que font les semis; il facilite un égal développerheiit, dans les deux sens, des racines el des branches ; il permet de se rendre facilement compte des ressources ofTerles par les pépinières ; enfin il rend plus facile l'enlèvement des mauvaises herbes et plus tard l'extracliou des jeunes plants.

Les opérations nécessaires à la bonne venue et h l'entretien

iOi CHAPITRE VINGT-UNIÈME.

des jeunes planls sont au nombre de trois : le sarclage^ le itnaye el YirrUjation,

Le sarclage consiste dans rcnlëvemeni des mauvaises herbes, qui, se développant plus rapidement que les jeunes plants, pourraient en entraver la végétation soit en les étouffant, soit ei vivant à leurs dépens. Il doit Atre aflfeetué avant la dissémination des semences, afin d'éviter leur propagation dans le sol ; de plus il doit être fait par un temps humide, car si l'on opérait pendaol la sécheresse Therbe pourrait se casser, et ses racines restant en terre donneraient de nouvelles pousses. Cette opération est facilitée par le système des semis par sillons, qui permet à l'ouvrier de mieux distinguer les mauvaises herbes.

Le binage est une légère culture que Ton donne de temps en temps au sol pour lui rendre sa mobilité et pour enlever la croAte superficielle qui se forme surtout lorsqu'une grande chaleur succède rapidement à la pluie, et qui peut provoquer le dessèchement du sol en entravant la circulation de Pair. C'est un travail très utile, économique d'ailleurs, et qu'il ne faut pas craindre de renouveler chaque fois que Ton en reconnaît lanécessité.

On pratique Tirrigation soit par infiltration, soit par asperstmi. Dans le premier cas on creuse dans les sentiers de petites rigoles dans lesquelles on fait pénétrer un léger filet d'eau ; ce filet est maintenu, à Taide de petits barrages ou de petites vannes, asseï longtemps pour que Peau qui pénètre latéralement dans les planches soit remontée à la surface après avoir imbibé le soussol. Par cette opération on lutte non seulement contre le tassement du terrain, mais en maintenant une fraîcheur suffisante près de la surface ou empêche les pivots de s'allonger, ce qui est une condition importante dans la question qui nous occupe.

Ce système d'irrigation doit être installe avant la distribution des planches, car l'aménagement intérieur de la pépinière en dépend. A défaut d'eau courante, on peut se servir d'un réservoir convenablement placé et dans lequel on recueille les eaux pluviales.

Le mode d'irrigaliuu par aspersion repose sur l'établissement d'une distribution souterraine ; sur la conduite, que l'on peut faire on bois, sont disposés des regards munis de petits tuyaui flexiblos terminés par des pommes d'arrosoir. Ce système peut être préféré au précédent dans le cas d'un terrain peu perméable, et si la pression de l'eau est assez considérable.

HXKCLITIUN DIvS HEUOISEMUNTS 103

Il ne suffit pas de [jroti^ger les jeuues plants contre l'eiivabissedos mauvaises herbes et contre lu sécheresse ; il faut aussi ifendre contre les attaques incessantes des animaux. Un se ■asse des groa eu faisant de bonnes clôtures; pour combattre tvages des petits, on emploie ditréreiits procédés : on tend des !pï£ges aux souris et aux taupes ; ou Fait quelquefois fuir lus rats en répandant gur les planches du lan épuisé ; on lutte contre les mulots en trempant les graines dans une substance ayant nnc odeur désagréable ; on protège les semis contre les oiseaux en mélangeant aux .semences un pen de minium qui y reste adhé- ■rent, ouen les elTrayanl soit à l'aide d'un fouet, suit avec les coups souvent répétés d'un pistolet; on prétend que le meilleur moyen de se di^barrasser des courtillères, c'est de les attirer dans (le petits fossés dans lesquels ou répand du fumier chaud; elles recherchent beaucoup cet engrais qui leur procure do la chaleur et des vers. Quand au.\ vers blanc, on a indiqué dilféreats procédés parmi lesquels nous citerons l'irrigation, un binage assez profond pratiqué aussitôt après l'éclosion des iarves, une couverture de feuilles sur les semis, un répaudage de goudron eutre les plants attaqués.

Nous avons dit, dans l'article 104, que certaines essences et notamment les chênes, prennent, di;s la premi(;re année, un pivot très développé au détriment du chevelu. 11 faut, à un certain moment, supprimer une partie de ce pivot, pour favoriser le développement des radicelles. Uu y arrive fi l'aide d'uue bâche dont le fer, bien tranchant et faisant un angle avec le manche, est enfoncé obliquement, à droite et à gauche do chaque sillon, pour atteindre tes racines de tous les plants; les fentes qui se sont produites pendant l'upéralion sont refermées avec le pied. Cette opération ne peut être employée que dans des terrains compl6< tement dépourvus de pierrailles et mi^oie de gravier.

On D'élève qu'exceptionnellement les résineux dans les pépinières centrales. Lorsqu'on a recours à cotte culture , on établît généralement les sillons à U'^12 les uns des autres. Pour protéger les semis contre les ett'ets du vent et du soleil, un établit un rideau formé de boutures de peupliers et do plants de feuillus de 1" de hauteur environ ; la nécessité où l'on se trouve de ménager de chaque cAlé du rideau un petit sentier de U'°30, impose l'obligation de donner aux planches une largeur de l'"80 au lieu de f^SO. Puis, une fois que les Jeunes semis sont levés, ou gar-

;04 CIIAPITHK VJNGT-UMKME

nil les intorvallrs dos sillons avec do la mousse fraiclio. Eq pratiquant ce dernier abri ou s'aiïranchit presque complèloment des travaux d'eulrelieu dont nous avons parlé tout h l'heure ; il nV a plus de mauvaises herbes, plus de croûlement, plus de sécheresse, et par conséquent plus n*est besoin de sarclages, de binages ni d'irrigations.

Pour rigoler ou repiquer les jeunes plants on ouvre, dans des planches préparées comme colles dontnous venons de parler, des rigoles espacées de m. 15 à m. 60 suivant la taille des plants que Ton veut obtenir. Une fois qu'une rigole est ouverte, on y dispose régulièrement les plants en les appuyant contre une de ses parois et on ménageant, entre chacun d*eus, un espacement qui peut varier de Om. 05 à m. 60; puis on remblaie à Taide de terres fournies par le creusementt de la rigole voisine.

Les plants ainsi rigoles portent le nom de basses tigesj de tiges moyennes ou de hautes tiges, suivant qu'ils doivent être employés après un an de repiquage, ou bien après deux ans, ou enfin après trois«ans et plus.

Les plants repiqués devront recevoir tous les soins dont il a été parlé précédemment: sarclages, binages et irrigations, couverture de mousse si c'est nécessaire.

J'ai dit, dans l'article 80^ que Ton pouvait avoir intérêt à se procurer des boutures et des plançons en pépinière. Le meilleur moyen consiste à élever un certain nombre de sujets que Ton eiploite périodiquement.

Il y a avantage, d'après M. Demontzey, à espacer les boutures à m. 50 dans tous lessens ; après les avoir coupées en biseau, aux deux extrémités, sur une longueur de m. 45, on les plante dans des trous deO m. 40 de j)rofondeur ouverts au plantoir, ce qui les fait émerger de m. 05. Il faut avoir soin depresserfortcment la terre près d'elles avec un piquet en bois. On peut ainsi obtenir la première année 1600 boutures par are, à raison de quatre par pied ; ce chiffre est doublé la deuxième année, et quadruplé la troisième. Il faudra sarcler, biner et irriguer chaque fois que cela sera nécessaire.

Ponrfaire l'arrachage des plants on ouvre une petite tranchée parallèle h chaque sillon, et l'on y renverse les plants à l'aide d'une bêche que l'un enfonce du côté opposé.

La taille des pieds bouturés se fait par une section bien nette; les branches doivent être coupées rez-tronc.

EXECL'TION DES IIEUOISEMEMS itOTi

Le transport dos plants feuillus d'uD an cl des plaiils ix'siiiGux

fait dans des corbeilles, les racines étanl placées au conirc ; on 'a pas à craindre réchauffement de ces organes, gT.'icc aux ombreux vides qui e.\islcnt dans le tressage des osiers. Les

uillus peuvent supporter un voyage de cinq h six jouis ; il n'en iftt pas de même pour les résineux, dfint les racines sont très &Iicales.

C'est aussi dans des corbeilles que l'on i:\|)édie les boutures, 'our les plants de moyennes et de iiaulcs liges, on se coiilenle ,e les emballer par paquets ficelés avec des liants ; on les empile lans des charrettes, on les recouvre avecdolapaillcoudes herbes

iches, et l'on étend encore une bàebe par dessus pour éviter le lesséchement.

Quand les plants doivent ëlre recépés au moment de la piaulaion, on peut couper, à m. 10 du collet, les jeunes sujets en lépiniëre, afin de diminuer le prix du transport ; mais il ne faut las faire de recépage délînilif.

I<W. Pépioières TolAutc». — Voici les caractères essentiels ?s pépinières volantes:

Elles ne servent généralement qu'une fois ; à cause de leur iluation un ne peut y faire les fumures indispensables à une pénière pouvant donner plusieurs séries de plants. On ne s'en !rt que pour les résineux et quelques essences feuillues d'un irdre secondaire, telles que le robinier et l'anbépine.

Le seul caractère qu'elles possèdent en commun avec les pépilïëres centrales, c'est le défoncement du sol. On n'y fait pas tous !S travaux d'entretien indiqués pour ces dernières ; mais en re- 'auche, comme on ne peut en général les établir que sur des Trains en pente, il faut soutenir les bandessoitavec des gazons lllus, soit par des murs en pierres sèches ou île petits clayoniges:

Dans les régions inférieures il n'est pas nécessaire d'abriter !s jeunes plants. .\ux expositionschaudesdela région moyetme, m mélange des graines de sainfoinavcc lessemencesderésineux. (ans les régions supérieures, lorsqu'on a à craindre les coups de soleil, la grêle et le soulèvement du sol, et quand on ne rencontre aucune parcelle recouverte de végétation ligneuse, on fait un semis préalable de sainfoin par sillons écartés de m. 12 à m. 15; puis, an printemps suivant, ou exécute les semis de ro-

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