‹ Restauration des thermes d'Antonin Carecalla à RomeChapitre 11 sur 21 · EXPLICATION DE CHACUNE DES PARTIES DU MONUMENT · texte numérisé non relu

EXPLICATION DE CHACUNE DES PARTIES DU MONUMENT

pour en couvrir leurs adversaires , afin de pouvoir les saisir plus aisénlfent

DD. Salles destinées à la conversation' ; le pavement est en mosaïques3, et le revêtement, dont on a trouvé des fragments en place , était en albâtre oriental rose.

d. Escaliers pour monter sur les terrasses supérieures : un de ces escaliers existe encore et sert maintenant à monter sur les ruines. EE. FRIGIDARIUM, bain froid, ou piscine. Originairement c’étaient des pièces destinées à contenir les poissons ; ensuite on a appelé piscines tous les bassins dans lesquels on pouvait se baigner , et se livrer à l’exercice de la natation '. Les découvertes faites par les dernières fouilles5 ont levé tous les doutes sur l’usage positif de cette partie, qui était destinée à prendre le bain froid. Comme on y a trouvé des fragments de barrière ai marbre, je suppose qu’elles étaient placées aux extrémités du bassin, et quelles servaient aux spectateurs pour s’y appuyer , et voir les exercices de la natation 6. Cette piscine était découverte et ornée à ses extrémités de colonnes d’albâtre oriental , dont on a trouvé des fragments. Huit grandes colonnes, que je suppose avoir été de granit, et dont on retrouve encore les attaches des entablements qui les couronnaient, servaient à la décorer. Le mur de face à l’intérieur était orné de deux ordres de niches et de colonnes , qui ensemble formaient la hauteur du grand ordre : l’ensemble était revêtu de marbre. Le fond du bassin est construit suivant la méthode qu’employaient les anciens pour les lieux destinés à contenir de l’eau 7 ; les bords étaient revêtus de marbres posés sur une double couche de ciment. Il est probable que les auteurs modernes qui ont désigné cette piscine comme étant la Cella Solearis , se sont trompés; car , comme on peut s’en convaincre, en examinant les coupes passant par les deux axes de cette piscine, on ne remarque aucunes traces des scellements qu’on devrait encore y trouver , s’il y avait existé une couverture en bronze comme l’indique Spartien s. On acquiert la certitude que cette partie était découverte, en examinant d’abord sa construction , et ensuite en comparant le plan avec ceux des Thermes de Titus et de Dioclétien. Dans ces derniers Thermes les lieux destinés à l’usage dont nous parlons , étaient d’une telle dimension , qu’on ne peut concevoir le moyen qu’on eût employé pour les couvrir.

FF. CELLA TEPIDARIA, ou sphéristère. Après s’être déshabillé et oint le corps dans Xapodytère , on entrait dans le sphéristère, qui lui était contigu, et dans lequel, à cause des différents cercles qu’il contenait , on pouvait s’exercer à différentes sortes de jeux 9. Quand la situation du lieu le permettait, le sphéristère recevait la chaleur du soleil , autrement il était échauffé par 1 'hypocauste , qui était pratiqué au-dessous ,0. Lucien en parlant du sphéristère, qu’il cite comme la plus belle de toutes les salles, dit qu’il était situé entre le bain froid et le bain chaud ". Le tépidaire , selon les histo-

' Auprès de la salle dans laquelle on s’habillait on doit placer le conistère, où se garde le sable à l'usage des lutteurs. Vitruve, lib. v et xi.

* Suivant Cameron.

3 Voyez les fouilles , planche IV.

4 Suivant Choul.

s Voyez le plan et les coupes de ces fouilles, planche IV.

6 Vitruve, liv. v, chap. 10.

7 Voyez l’article Construction.

8 Je pense qu'il a voulu parler de la couverture en bronze, ainsi que l'ont suppose' certains auteurs modernes, malgré que d’autres aient cru qu'il a voulu indiquer par-là non la couverture de la salle , mais bien le pavement qui couvrait l’ hypocauste.

9 Non longius apodyterio superpositum est sphceristerium, quod plura généra exercitationis pluresque circulos capit. Plin., lib. i, epist. toi.

10 Nec procul sphceristerium , quod calidissimo soli, inclinato jam die, occurrit. Plin., lib. i, epist. 4t.

" Cette salle est plus belle qu'aucune de celles dont j'ai déjà fait mention, caron

riens , joignait le frigidaire au cellulaire; c’est pour cela que Pline l’appelle cella media. Galien lui donne le même nom , et prétend qu elle devait être appelée ainsi , à cause de sa chaleur modérée ; «car, dit-il, la chaleur de cette salle tenait le terme moyen entre « celle du frigidaire et celle du calidaire » '.

D’après toutes ces autorités, j’ai été porté à conclure que le sphéristère était aussi le tépidaire, et que la salle du milieu des Thermes réunissait toutes les conditions exigées par les différents auteurs.EUe estla plusbelle et la plus grande, et par conséquent propre à tous les exercices elle se trouve entre le frigidaire et la salle ronde, qui est le calidaire3 (comme on le verra par la suite) par sa disposition ; elle est susceptible de recevoir la chaleur du soleil , comme aussi des hypocaustes 4, qui existaient sous les salles des extrémités. Elle était décorée de huit grandes colonnes de porphyre5; les plaques de porphyre qu’on retrouva encore en place , démontrent que son revêtement était en partie de cette matière. Les' parties supérieures ainsi que les voûtes étaient ornées de stucs et de mosaïques 6 ; son pavement était formé de compartiments de marbres de diverses couleurs, qui posaient sur un blocage en maçonnerie 7 et !.

GG. TEPIDARIUM, bains d’eau tiède9: sur le devant de ces bains se trouvent des barrières contre lesquelles s’appuyaient les spectateurs.

HH. Salles pour les spectateurs et les lutteurs ” ; au-dessous de chacune de ces salles était un hypocauste ", dont l’effet était d’échauffer l’air de ces salles et du sphéristère , quand la chaleur du soleil n’y suffisait pas. Je suppose que les deux grandes baignoires de granit qui sont actuellement sur la place Farnèse étaient placées au milieu, pour la commodité de ceux qui ne voulaient pas se baigner en commun, dans les bains tièdes du sphéristère. Les murs de ces salles étaient revêtus de marbre jusqu’à la naissance des voûtes. On remarque sur les enduits qui recevaient le revêtement , l’empreinte de petits pilastres qui en formaient la décoration , et dont il reste des fragments : on retrouve aussi en place des restes de mosaïques de verre qui ornaient les parties supérieures: le pavement était en mosaïques.

y voit briller, même à son plafond, le marbre de Phrygie. On y trouve des bancs pour se reposer , et sa dimension est assez spacieuse pour qu'on puisse s’y promener et y prendre de l’exercice. (Extrait de la description des bains d’Hippias, faite par Lucien et rapportée par Cameron.)

' Cameron.

’ Lucien.

3 Pline et Galen.

4 Pline.

s Voyez les fouilles, planche IV.

6 Voyez les coupes générales, planches VIII et XL

7 Voyez les fouilles, planche IV.

8 Comme les grandes ouvertures par lesquelles ces salles recevaient la lumière ne semblent pas admettre la possibilité apparente d'y conserver la chaleur, il n'est pas inutile de rappeler que Pline, dans sa description du Laurentum, prouve que les anciens connaissaient l'emploi des vitraux; car il dit que l'atrium de sa maison était clos par un vitrage. La peinture antique représentant les bains de Faustina , rapportée par Vinkelman, dans ses Monuments inédits, en est une seconde preuve. J'ajouterai de plus qu’en 1824, me trouvant à Pompeïa, lorsqu’on y découvrit les bains , j’ai vu en place à une croisée d’une assez grande dimension , et dont le châssis était en bronze, de grands morceaux de vitraux en verre coulé comme sont aujourd’hui nos glaces.

9 II est incontestable que ces parties étaient des bains, ce dont on peut s'assurer par l'inspection du plan et des coupes des fouilles.

"* Suivant Cameron.

" Voyez les fouilles, planche IV. L’hypocauste était une construction de petits piliers en brique qui supportaient les planchers inférieurs des salles; il était ainsi construit pour que la chaleur du feu qu’on y faisait dans les intervalles des petits piliers, pût se communiquer à la salle en passant par des tuyaux de chaleur placés le long des murs. Vitruve, liv. v, ch. 10. Voyez une peinture des bains de Titus, rapportée par Cameron , ainsi qu'un hypocauste romain tiré de Piranesi. Voyez aussi le détail de ces constructions sur la feuille des mosaïques , planche XIII .

Page 1