EXPLICATION DE CHACUNE
II. TEPIDARIUM, par lequel on passait pour aller au calidaire. Il devait exister dans cette salle deux baignoires assez spacieuses • pour qu’on pût y nager Au-dessous il y avait un hypocauste ’. Comme cette salle est presque entièrement ruinée , on ne peut se former aucune idée de sa décoration. Toutefois on retrouve la place et la hauteur des colonnes d’angle qui portaient les voûtes d’arête, ainsi que l’arrachement de cette même voûte : cette partie, et ce qui reste en place, prouve clairement qu’elle ne peut pas avoir existé comme Palladio l’a indiqué \
JJ. CALDARIUM, bain chaud. Après avoir pris dans 1 esphéristère autant d’exercice qu’on le jugeait à propos, on passait dans le bain chaud qui était contigu1 * 3 4, on s’y asseyait sur un gradin qui était sous l’eau, et l’on se lavait5. Selon Pline, cette salle sortait de l’alignement des autres; elle était divisée en bains chauffés à différents degrés. Comme celle-ci par sa disposition se trouvait exposée au soleil pendant une grande partie de la journée, elle en recevait beaucoup de chaleur par le moyen des grandes ouvertures vitrées dont elle était environnée; l 'hypocauste qui était au-dessous servait à l’échauffer encore davantage, et à augmenter la température au degré convenable à sa destination Il y avait aussi un laconique ou fourneau en forme de poêle, au milieu duquel était suspendue une espèce 7 de bouclier qu’on haussait ou baissait, afin de laisser échapper de V hypocauste plus ou moins de chaleur suivant le besoin qu’on en avait 8 * ; on y trouvait aussi des gradins sur lesquels se plaçaient ceux qui prenaient le bain de vapeur5: le bain commun était entouré d’une barrière contre laquelle on s’appuyait "*. A la suite d’une fouille ordonnée par l’Académie royale de France, on a découvert un troisième pilier de cette salle , ainsi que les attaches, quoique très-informes, de la salle qui la précédait. Le long de ce troisième pilier, et à l’intérieur de la salle ronde, étaient adossés des conduits de chaleur venant de l’ hypocauste , ainsi qu’on le remarque dans tous les bains chauds des Romains Bien que cette salle soit entièrement ruinée, et qu’il n’existe plus aucune partie de son revêtement, cependant on retrouve encore les arrachements des grandes ouvertures, dont j’ai parlé plus haut, et la naissance de la voûte supérieure '*.
j. Escaliers pour monter aux tribunes de la salle ci-dessus décrite , et sur les terrasses qui couvraient une grande partie de l’édifice. KK. TEPIDARIUM. j Ceux qui en sortant du bain chaud
LL. CELLA FRIGIDARIA, j ne voulaient pas retourner par le sphéristère passaient par ces deux salles , arrivaient insensiblement à la température de l’air extérieur , et se rendaient à Vapodytère ,J , en passant sous les portiques du péristyle. Je suppose que ces
1 Pline le jeune, liv. n , ép. 17.
1 Voyez le plan des fouilles , planche IV.
3 Voyez le plan des fouilles, planche IV, et la coupe générale, planche VIII.
4 Came ion.
5 Tum in solio desidendum est. Celsus, cap. 17.
sVitruye, liv. v, chap. 10.
' Voyez la peinture des bains de Titus, rapportée par Cameron.
8 Vitruve, liv. v, chap. 10. Cette salle étant d’une très-grande dimension , on peut présumer qu’il devait y avoir plusieurs de ces fourneaux.
s Peinture des bains de Titus.
Vitruve.
■' D’après l’existence de ces tuyaux de chaleur, on doit conclure que cette salle était le bain chaud, et que les grandes ouvertures devaient être nécessairement fermées par des vitraux; autrement il eût été impossible d'y conserver la chaleur.
” Voyez la coupe, planche VIII. Quelques auteurs modernes ont désigné cette salle comme étant la Cel/a Solearis, dont parle Spartien. Si ces mêmes auteurs ne se trompent pas dans leur désignation, il est clair que la description de l'auteur latin ne peut s’appliquer à sa couverture , puisqu’on y trouve les preuves quelle était voûtée en blocage de pierre-ponce..
13 «Après avoir pris le bain chaud, il n'est pas nécessaire de repasser par où l'on est venu : on peut retourner au bain froid par un chemin plus court». Lucien, cité par Cameron.