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CHAPITRE LXV

Liberté limitée de l’Eglise ! 1

Donner la liberté de la presse, c’est donner sur le peuple un droit de propriété. Il ne faut donner de liberté illimitée qu’à la vérité divine. Et la grande liberté qui importe à l’homme, c’est celle de la pouvoir toute accomplir.

Pour bien comprendre ce que vous faites en politique, observez que pendant soixante ans vous avez proclamé le contraire.

Sous ces mots : Empiétement du Clergé, vous retiriez

(1) « L'a homme est impuissant à se frayer une carrière, fait mal ses affaires, compromet celles d'autrui : il se fait conspirateur. Un autre a un tempérament indompté, des passions dramatiques : il se fait conspirateur. Un troisième, bercé par l'orgueil , s'endort des années sur un livre dans lequel il distille l'envie, mais auquel le monde ne prend pas garde ; il se fait conspirateur. D'autres, enfin, voyant en tout la tyrannie, au lieu de refaire leur caractère, veulent refaire la Société ; au lieu de supprimer leurs défauts, veulent supprimer la morale : ils se fon t conspirateurs. • — Par la liberté illimitée de la Presse, vous confiez le peuple & ces gens-lè.

la liberté à l’Eglise, c’est-à-dire à la vérité. Sous ceuxci : Liberté de conscience, vous donniez toute liberté à l’homme, c’est-à-dire à l’orgueil...

Puis, on se plaint du renversement de l’ordre moral, et, à sa suite, de l’ordre social. On cherche dans le pouvoir le moyen de les rétablir, oubliant que le pouvoir tient lui-mème toute sa racine dans le premier. Maintenant que la Société croule avec le pouvoir, le reconnaîtra-t-on1 ?

Lorsqu’on voudra sérieusement rétablir la Société en France, on rendra à la vérité, à l’Eglise, une liberté qui n’est, après tout, que celle de faire le bien. Nous lui restituerons une puissance qui n’est, en fin de compte, que celle de nous civiliser.

La loi. qui a civilisé le monde semble digne d etre conservée dans le monde, et d’être placée avant l’ensemble de ses lois, puisqu’elle est la source et la vie de ces lois! Apportez-vous une plus grande loi, une plus puissante doctrine ?

11 est inconcevable de voir le siècle traiter avec l’Eglise de puissance^ puissance, et la considérer comme un corps étranger, bon tôt ou tard à extirper d’une nation. De là, des concordats très-sérieux sur ses empiétements en matière de Foi, d’enseignement ou de toute juridiction pos-

(1) On disait 4 la Restauration que nous étions émancipés, qu'elle nous devait la liberté illimitée de la Presse. Elle avait la bonté de le croire. C'était persuader & une citadelle qu'il faut laisser entrer les ennemis pourvu qu'ils cachent leurs armes I

On voudrait faire entendre 4 la République, aujourd’hui, qu'elle doit bien autre chose : le droit au capital, à l'assistance, 4 la retraite, 4 l'instruction gratuite et & toull II est 4 croire que l’Etat finira par reconnaître qu'il ne ne doit que soutenir la vérité, puis donner la justice et la paix.

l’ordre social. 243

sible ! C’est triste : car le pouvoir laissé à l’Eglise est tout juste la vie qui nous reste.

Si l’on ne veut pas suspendre la Civilisation moderne, il faut rendre à la religion son cours. Tant que les avocats dont vous faites des hommes d’Etat, auront pour philosophie de découvrir les empiétements de l’Eglise, ils bâtiront des .gouvernements de mort. Tant que les peuples auront le fâcheux instinct de les croire, ils descendront plus avant dans leurs maux.

Il faut fixer au bien la liberté de l’homme, conséquemment, ici, la rendre à la lumière de l’Eglise!

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