CHAPITRE XLVII
Révolution d’Angleterre. — M. Guizo.
On nous p'arle sans cesse de la révolution d’Angleterre. Mais pourquoi a-t-elle réussi? Parce qu’en Angleterre une aristocratie s’est immédiatement élevée sur tous les principes opposés à cette révolution.
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La révolution renversait l’Eglise : l’aristocratie devint personnellement religieuse. La révolution dispersait le capital : l’aristocratie se mit à en fonder plus que jamais. La révolution ouvrait les portes à l’immoralité : l’aristocratie donna des familles qui, pour le travail, la prévoyance et les mœurs, firent honte plus lard à notre aristocratie. La révolution coupait la tète aux rois : et dès ce moment l’aristocratie leur voua un culte chevaleresque. La révolution anglaise, en un mot, a réussi, parce quelle a substitué des mœurs chrétiennes aux principes de la révolution. Tâchons de faire de la sorte! Votre révolution réussira, pourvu que vous la détruisiez..
La grande idée de M. Guizot est le gouvernement parlementaire, c’est-à-dire l’introduction au pouvoir du principe révolutionnaire. On veut de l’autorité, à la condition de ne pas obéir ! quelle tombe des mains des plus hautes classes, pourvu quelle s’arrête et s’affermisse dans les nôtres !
Individuellement probe, cet autre chef du libéralisme montre un esprit issu de la science de l’orgueil. Il se disait l’homme de l'autorité, et jamais, depuis les hérésiarques, elle ne fut plus grièvement attaquée! Il l’étouffe dans sa source, au sein de l’Ordre spirituel, et il la veut intacte dès qu’elle entre au milieu de l’ordre politique! Elle serait debout dans l’Etat, et détruite dans les consciences! Singulière dialectique! Alors, d’où vient cette autorité? 11 faut donc obéir à l’homme pour le plaisir d’obéir à l’homme ! Vous sentez que le peuple a eu plus de logique que vous1.
(1) La faute est tout autant A l'époque qu'aux hommes. Le célèbre écrivain s'est toujours cru dans le vrai, mais ù la manière protestante, autrement dit, avec une forte dose d'orgueil.
Quand vous voudrez l’autorité , vous commencerez par renoncer an principe du Protestantisme, qui n’est qu’une protestation de l'homme contre l’autorité la plus haute, l’Autorité spirituelle. Ensuite, vous n’enverrez pas devant chaque presbytère de France un mailre qui enseigne b quand le prêtre aura prêché a. Enfin, vous n’insinuerez pas de nouveau, après une défaite que vous êtes seuls à ne pas voir, qu’une société se sauve en perfectionnant le gouvernement parlementaire. On a si bien parlementé qu’on vous a mis dehors.
Ne voyez-vous pas que ces sortes de gouvernements sont pour contenter l’orgueil et faire illusion à la foule? car au fond il faut gouverner. Le gouvernement parlementaire n’a été que le principe de la souveraineté du peuple introduit dans l’Etat et remis à la bourgeoisie : il ne faut donc pas se plaindre! Vous voudriez simplement que le principe s’arrêtât vers vous. Vous dépossédez bien l’Eglise, vous supplantez les Rois, à la condition pourtant que ce ne soit pas le peuple qui les remplace. Ce serait vous alors?. En ce cas, montrez-nous mieux à l’avenir votre sagesse et vos moyens... ’
Rien n’est moins un, rien n’est moins sage et rien n’est moins responsable qu’une Assemblée : rien ne l’est plus, au fond, qu’un Roi. Il est déjà assez difficile de gouverner, sans y apporter encore des obstacles.
Les peuples ont raison d’avoir confiance en un Roi qui choisit son conseil; non en une réunion d’avocats, qui pensent moins à gouverner qu’à contenter leur ambition personnelle. Au bout de tout principe , il faut arriver au fait, et le fait, on vient de l’énoncer.
Trois hommes instruits feront en une semaine plus d’ouvrage que cinq cents représentants en un mois. Pris
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à part, tous seront des hommes capables, pourvu que leur capacité ne soit pas purement littéraire; réunis, les faits le prouvent, ils perdront leur propre génie. L’impuissance des esprits naît des amours-propres croisés. Les Assemblées parlementaires perdront à la fin les Etats, qui, lancés par elles à travers tous les écueils de la Révolution, finiront par se briser.