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CHAPITRE LUI

Le mal est en lias, mois il est venu d'en liant.

Il faut montrer où est le mal, pour que nous puissions le guérir.

Le mal est dans le peuple. Et le mal ne vient pas du peuple, il vient de la classe élevée.

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Le peuple est toujours comme la partie la plus basse du bassin géographique. C’est là que descend et s’amasse l’eau des fontaines ou celle que l’orage envoie. Le fleuve coule pur ou troublé, arrosant ou entraînant ses rives. Le mal est arrivé dans le peuple.

Le mal découle de l’aristocratie ; et cependant le peuple ne peut être sauve que par elle! Compter sur le peuple, c’est compter que le lit du fleuve va remonter par-dessus les monts autrement que par le rayon distillateur du soleil.

Oui, le mal est en bas, mais il est descendu d’en haut. C’est cette double distinction que ce livre tenait à faire.

Il faut que la classe bourgeoise sauve la France, comme c’est elle qui l’a perdue. Le peuple ne peut rien par luimême, que remonter par des vertus dans la classe bourgeoise. C’est à peine en ce moment si la classe bourgeoise elle-même se soutient, puisqua tout instant le luxe, la banqueroute et le vice en font crouler de notables fragments. Comment le peuple, qui est plus bas, se relèverait-il ?

La Bourgeoisie, maîtresse de toutes les positions à partir de 89, depuis celles du Pouvoir jusqu’à celles de l’enseignement, de la presse ou de l’opinion, entend la vérité pour la première fois. Qu’au lieu de se croire offensée, elle fasse un retour sérieux sur ses fautes. Car elles forment autant de plaies qui la dévorent et qui consumeront la France.

Avec un tel état de choses, comment cette nation pourra-t-elle un jour se relever? Cela se passera comme au commencement des Empires, alors qu’aucune classe n’est encore constituée. Çà et là, de la surface du pays, toujours si Dieu veut nous sauver, le clergé tirera des

l’ordre social. 263

hommes dont la vertu, les actions et les exemples rétabliront peu à peu le peuple dans son cours.

Toutefois alors, l’aristocratie en fournira proportionnellement plus que le peuple : et c’est là son devoir! Car la dépravation de l’aristocratie, bien que plus blâmable, est une dépravation relative et tout individuelle, que les lumières, les aptitudes, les traditions, le vrai bon ton, la race acquise doivent promptement réparer. Mais la dépravation du peuple, moins blâmable, est une dépravation tenace et désolante au point de vue social. Pour relever le peuple il faut du temps, pour que la classe bourgeoise se relève, il faut de la bonne volonté.

De cette race commencée et interrompue, doivent sortir les hommes qu’attend la France.

Pour ceux qui attaquent la classe moyenne comme classe moyenne, comme rompant légalité, ce sont des ignorants, des méchants ou des fous. Ils ne veulent plus d’aristocratie : c’est comme s’ils ne voulaient plus de progrès, plus de vertu, plus de grandeur, plus de nation.

N’en déplaise à l’orgueil du moment, rappelons bien que la loi de l’homme, la loi de la Société, c’est le mérite, c’est l’ascension , et non légalité. Le mérite seul élève à la Charité, laquelle sait tout accomplir.

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