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CHAPITRE III

Ds l’Aristocratie.

Quand un peuple ne peut plus fournir d’aristocratie, c’est qu’il est épuisé.

Et c’est un signe de décadence quand le peuple porte envie à son aristocratie; car son aristocratie, c’est luimême. Elle sort de lui, et forme comme son cerveau, le centre de sa force, la source de son innervation.

Dans l’organisme en perfection, tout se porte vers l’unité cérébrale. Les artères ascendantes grossissent, les conduits descendants se resserrent, le sang le plus pur est porte vers les parties nobles. Dans l’organisme en décadence, le contraire a lieu. La tête n’est plus abondamment nourrie, tout s’affaisse et se dirige en bas. L’ignoble précède la ruine.

l’aristocratie. 2Î17

Empêcher un peuple de produire son aristocratie serait l'empêcher de croître et de se former.

On ne saurait pas plus faire qu’il n’y ait point d’arislo- ' cratie, de classe moyenne, et de peuple au sein d'une nation, qu’on ne saurait empêcher, dans l’atmosphère, l’oxigène de s’élever, et les miasmes carboniques de rester dans le bas. Il en est des diverses classes de la Société comme des diverses couches de l’air, qui se superposent suivant leur pesanteur spécifique.

On peut comparer une nation à l’état du vin qui se fait. Continuellement la partie pure prend le haut; l’alcool viènt au sommet, et la lie reste au fond. Chaque couche se place en raison de son poids, bien qu’ici s’établisse une unité et ressemblance de nature comme au sein d’une même nation.

Ainsi circulent tous les hommes dans une nationalité, opérant de la sorte le perfectionnement de l’ensemble. Si le vin tourne, la lie monte et trouble tout. Alors il faut recommencer.

Comme on se fait rarement une idée de ce que c’est qu’une nation, maintenons cette vive image pour qu’on l’observe avec soin.

L’aristocratie se dégage continuellement du sein d'une nation. C’est pourquoi nous avons dit qu’un peuple qui ne peut plus fournir d’aristocratie est un peuple épuisé. Et continuellement, aussi, les portions que le vice dissout dans l’aristocratie retombent dans le peuple. C’est pourquoi nous avons dit que la Société est le tourbillon des mérites.

Quand ce mouvement de décomposition dépasse le mouvement de recomposition, la mort vient.

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