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CHAPITRE VII

Ce qui nous reste d'aristocratie, et à quoi on la reconnaît.

Notre aristocratie se compose encore en ce moment, d’abord du Clergé, avec ses ordres religieux et ses essaims bénis de sœurs de charité; ensuite, des membres de la noblesse restés fidèles à la Foi, aux principes d’honneur, aux sentiments de charité; enfin, des membres de la bourgeoisie vertueuse qui, dans l’armée, la magistrature, le commerce, refoulant le scepticisme et la cupidité, ont continué la vraie tradition de la France, conservé la religion, les principes et les grands sentiments.

l’aristocratie.

A cette heure, leHe est la force qui édifie : ici par la lumière, et là par les exemples et par la charité. Cette force a contre elle le reste des hommes, victimes du scepticisme, abusés par les lois, traînés par toutes, les erreurs attelées à l’orgueil de la Révolution. Une telle aristocratie, brisée dans presque tous ses droits et livrée à la malveillance, est cependant la seule puissance aujourd’hui qui travaille pour l’ordre. Tout le reste travaille et s’organise pour le désordre.

Voici à quoi se reconnaît parmi nous l’aristocratie :

En premier lieu, elle n’est pas ambitieuse des biens et des honneurs d’autrui, mais de son honneur seulement.

En second lieu, elle n’est pas égoïste. Les âmes à sanctifier, la patrie à défendre, la justice à rendre, une église à relever, le bien public à seconder, des mœurs délicates à répandre , en un mot , l’accomplissement des hauts devoirs, la voient accourir la première.

En troisième lieu, elle est brave; brave et non industrielle, spéculative ou marchande. Avec peu ou beaucoup, son caractère est aussi large, son ambition aussi légère, son cœur aussi souvent ouvert au vrai malheur.

Enfin , elle se rapproche de la Sainteté. La haute noblesse se reconnaît à l’absence réelle de l’orgueil. L’orgueil de celui qui s’élève vient de faiblesse d’esprit , comme la dureté, de faiblesse de cœur.

Le noble est un défenseur de la Foi. Protecteur né des familles, il est l’objet du respect des mères et le contentement des vieillards. A moins que son Roi ne l’appelle, il cultive son champ; il acquiert l’honorabilité et non la popularité.

Bref, il consacre sa vie à la glorification de ses prin-

cipes, à I élévation de la France, et non à son élévation propre.

Avant la corruption de la Cour, la noblesse vivait militairement, patriarcalemenl et agricolement, soumettant à la culture le sol conquis par ses pères. Avant la corruption de la Noblesse, la bourgeoisie vivait modestement, commercialement et honnêtement, servant d’union entre l’ordre agricole et l’ordre industriel. Avant la corruption de la Bourgeoisie, le peuple vivait joyeusement, laborieusement et économiquement, recueillant du capital pour pénétrer par ses services dans la classe bourgeoise, et de là dans la classe plus élevée.

Tout bourgeois n'est qu’un homme du peuple qui a économisé; tout noble n’est qu’un bourgeois qui s’est honoré. Oui, tout s’élève par la vertu, et tout retombe par le vice. Soyons ce que nous étions, le peuple redeviendra ce qu’il était. L’orgueil nous a renversés ; descendu dans le peuple, il entraînera la nation.

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