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CHAPITRE IX

La loi des nations n'est que la loi de' la formation des &rues.

Pour satisfaire à la loi des Cieux, lame s’élève sur deux étages, la personnalité et l’amour. L’homme monte au premier de ces degrés, qui est la force, pour arriver au second, qui est l’amour, et qui introduit dans la sainteté. Les nations, et les classes au sein des nations, font comme les âmes.

Les vertus de la bourgeoisie sont plus particulièrement les vertus de la personnalité : le travail, la prévoyance et la frugalité. Ici lame acquiert la force. Aussi , ce qui distingue la bourgeoisie, c’est la création du capital.

Les vertus de la noblesse sont plus particulièrement les vertus de l’amour. Ici lame épanche ses dons : la justice, la bravoure et le désintéressement. Aussi, ce qui distingue la noblesse, c’est le désintéressement ou l’honneur.

Le peuple monte à la bourgeoisie ; la bourgeoisie monte à la noblesse ; la noblesse monte ensuite à la Sainteté, car il ne lui reste qu’un pas à faire. L’expérience a montré que la noblesse s’est alimentée des familles distinguées produites par la bourgeoisie ; et que, proportionnellement, le plus grand nombre des religieux, des saints et des héros sortait des âmes produites par la noblesse. Du moins, Dieu les tient là plus près pour les soulever et les cueillir.

Enfin, les vertus du peuple participent des vertus des deux autres classes : mais on les voit se restreindre à mesure qu’elles sont d’un ordre plus élevé. De manière que la vertu que le peuple possède le mieux, est celle du travail, tandis qu’il a un peu moins de tempérance, et un peu moins encore de désintéressement ou d’honneur.

A mesure que le peuple arrive aux premières vertus, qui tiennent à la personnalité, l’ordre économique, répondant par ses lois, l’introduit dans la classe bourgeoise.

Et à mesure que la bourgeoisie arrive aux vertus supérieures, qui tiennent à l’amour, la considération, l’élevant dans l’estime des hommes, la place parmi la noblesse.

Ici la lige a traversé les obstacles, elle peut s’élever plus librement dans le sublime. Les grandes familles s’étei-

l’akistocratie. 309

gnent ordinairement dans la sainteté; la fleur a 'passé dans les Cieux.

Une nation est ainsi toute vivante. Sans cesse il se fait des bourgeois et des nobles; sans cesse il s’en défait, qui retombent dans le peuple1, par le seul accomplissement des lois économiques, autrement dit des lois de la vertu.

Quelquefois, du sein du peuple, surgit tout à coup un noble ou un saint, une âme qui d’un seul trait franchira les vertus de la personnalité et celles de l’amour. Et ceci prouve ce que l’homme peut faire. Mais la masse va par degrés : la Société n’est que celle marche de l’ensemble.

Ceux qui sont au-dessus attirent les rangs au-dessous. Toutes les classes s’étayent et s’entraident les unes les autres. Dés que celle du haut vient à chanceler, le mouvement d’ascension cesse , tout penche et tombe vers le bas.

. Les âmes étant personnellement libres, toujours il en est qui s’élèvent, toujours il en est qui retombent. La Société n’est que le moyen de les aider toutes à la fois. Là, chacune trouve son niveau et son levier à côté d’elle; là, chacune monte par sa vertu, et l’on voit ainsi tout un peuple gravir la magnifique échelle de la Hiérarchie.

Si tout le peuple se croit noble, il est perdu, parce qu’il a manqué l'échelon. C’est ce qu’on appelle la Démocratie.

(1) Le peuple n'etl qu’une abstraction : ceux qui aujourd’hui le composent, demain seront montés plus haut. Et une part de ceux qui forment aujourd'hui l'aristocratie, demain retomberont dans le peuple.

Dans ce tourbillon des mérites qui constitue la Société, les Immuns changent, et les classes restent.

K. FSSIIÿ.

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