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CHAPITRE XI

Ce qu’annonce la Démocratie.

Ce n est point, comme le disent avec résignation de fortes tètes, la marche inévitable du Temps qui a conduit

(1) Il n'y a précisément qu'un péril à éviter, c’est la démocratie.

La civilisation est une tour qui s'élève sur le bord d’un gouffre. Elle enlève avec elle les natures rebelles, qui emploient pour le mal \a, science et le capital qu'elle recueille pour exister. Chez les méchants , le levier de la perversité peut croitre en raison du levier de la perfection chez les bons.

Le peuple est lé plus particulièrement en témoignage de notre chute.

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à la démocratie. C’est la marche de notre orgueil, que le xvin® siècle a rallumé , qu’il a nourri et rendu maître de nous.

Le mal n’a rien d’inévitable, ou ce monde ne serait pas à Dieu. Le temps est le domaine du révocable ; dans sa marche, les sociétés s’élèvent avec gloire, ou redescendent à leur démocratie, selon que la vertu élève les classes ou que le vice les laisse retomber ; selon que |la conscience ou que le moi conduit l’homme.

La démocratie est si peu la marche inévitable des temps, que si les aristocraties rentraient dans la vertu, on verrait la foule baisser de nouveau le front sous le baptême de l’exemple, et la démocratie disparaître comme un souffle.

Mais nous ne voulons pas nous sauver par la vertu. Nous voulons qu’on trouve un gouvernement tout exprès pour cela, ou telle chose qui ne coûte que de l’argent. Quant à nous couler nous-mêmes, à coûter le sacrifice du moi, on verrait la vertu porter notre salut qu’on détournerait les yeux pour le chercher ailleurs! Voilà pourquoi nous périssons.. L’homme ne se perd que parce qu’il ne veut pas se sauver.

Remarquerons-nous que la progression de toutes nos causes de décadence va en raison du progrès démocratique ? D’abord, par cette simple raison, que toute augmentation de fausse liberté n’est qu'une augmentation du mal. Attendons-nous à trouver, dans l’homme de la chute, les deux , tiers au mal, un seul au bien. Etendre le pouvoir de l’homme sans étendre celui de la Foi, c’est envoyer l’homme à sa ruine.

croissant ou se restreignant félon que la morale accroît ou restreint sur lui sou empire* ; cl menaçant de tout envahir quand une société ne mérite plus d'exister.

Mous en portons la preuve écrite sur nous: sous l’Empire, un budget de huit cents millions; sous la Restauration, de sept; sous Louis-Philippe, de quatorze; sous Février, de dix-sept ! C’est plus de trois cents millions par révolution , qui nous prouvent qu a chaque élan démocratique il faut trois cents millions de plus pour maintenir les hommes en Société.

Le budget d’une nation , c’est juste ce que le vice lui coûte ; ce qu’il en coule de police pour le surveiller, de tribunaux pour le punir, et d’armée pour s’en garantir. Et le jour où le vice coûte à une nation autant que produit sa vertu, elle est une proie pour ses ennemis..

La démocratie, c’est le retour de l’homme. Dès qu’il entre dans sa théorie des droits, la terre ne le peut contenir: Adam voulut le droit d’ètrc semblable à Dieu ! Pour s’établir, la Civilisation n’a été occupée qu’à substituer sans cesse le devoir au moi.

S’il est vrai que les droits puissent l’emporter sur les devoirs, que la loi divine doive succomber sous l'homme, que l’étal de nature finisse par étouffer la civilisation, la démocratie lious annonce la fin des temps., en tous cas celui de la nation...

Voici ce qui fit illusion : parce que le christianisme est venu racheter tous les hommes, on a cru qu’ils étaient tous uniformément réparés. On a cru que tous, également bons, étaient arrivés au meme niveau social ! C’est la thèse , funeste des esprits abusés par un christianisme démocratique et social.

Il est clair qu’une société de chrétiens parfaits apparait comme une démocratie. Mais alors, précisément, il n’v aurait plus de démocratie, puisqu’il n’y aurait plus de

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peuple : la vertu placerait du capital sous toutes les familles1.

A cette heure, les hommes qui sont en quelque sorte enfoncés dans la Chute, veulent commettre contre la Société le péché d’Adam contre Dieu. S’ils sont plus forts que vous, ils vous dévoreront, et voilà toute la démocratie !

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