CHAPITRE XXXIII
On ne remplacera l’autorité que par la vertu.
Ce qu’il y aura d’avantageux pour le moment, c’est que les lois tendront à remplacer la classe dominante.
Personne à cette heure ne nous tient plus en société ; nous n’avons l’Ordre que par nous- mêmes-.
Ici la Société ne repose plus sur l’État ; mais l'État reposera sur les lois, et les lois sur les mœurs, puisqu’elles sont le flux de la volonté générale.
Or il est difficile que les exemples soient mauvais et que les mœurs soient bonnes ; ou que de mauvaises mœurs sortent de bonnes lois. La Société est donc pour le moment confiée à chacun de nous.
11 n’y a rien sous une monarchie que les lois prescrivent plus vivement que l’obéissance au prince; il n’y a rien sous une république que l'intérêt prescrive plus fermement que la soumission au bien. Il n’y avait rien que l’honneur prescrivit autant à la noblesse que de défendre le pays en danger; il n’y aura rien que l'honneur lui prescrive autant aujourd’hui que de le sauver par la vertu !
, Sous l’autotilé, tout homme est bon citoyen pourvu qu’il obéisse à la loi ; et ici, pourvu qu’il ait la vertu. Le vice n’est plus seulement vice, il est tout le danger.
Prenons donc garde que l’exemple ne se retourne contre nous. Le peuple se forgera des armes avec les sentiments de nos cœurs ! si le mal s’en échappe, ce sera pour nous exterminer... En attendant qu’une aristocratie reparaisse, la république vous conduira! Elle nous obligera à rentrer dans la morale ou à périr..
Vous avez aboli l’autorité; la Société repose désormais sur l’état de notre âme I Vous en plaindriez-vous?