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CHAPITRE XXXVI

Du véritable désarmement.

Avec l’odieuse production de livres obcènes à laquelle s’est livrée la librairie en France, espère-t-on conserver l’homme et plaire à Dieu?

Le Pouvoir est en vos mains; il faut immédiatement l’employer à extirper le dard que vos mœurs ont planté dans le sein du peuple. Vous ne direz pas que cest le peuple qui est devenu ainsi de lui-même ! C’est bien vous qui avez écrit ces millions de livres que depuis un siècle il a lus, avant de prendre à son tour la plume et la parole.

Les librairies de province sont encore pleines de ces tristes volumes ; les uns, formés de romans licencieux, à l’usage des femmes et de la jeunesse; et les autres, de la politique la plus ridicule , à l’usage des hommes. Nos grandes maisons de librairie de Paris ont croulé sous le poids des éditions multipliées de Voltaire, de Diderot, de Rousseau, minées sur la fin par les petits traités, les chansonniers, les orduriers et les romans de toute force, dont la bourgeoisie faisait ses délices, et dont les masses sont à celte heure empoisonnées.

Un homme d’esprit au pouvoir a deux choses à faire

en ce moment :

\ 0 Opérer une saisie générale en France de tous les mauvais livres. Vider les librairies borgnes et autres, dut-on y consacrer dix millions pour indemnités ! Ecooo-

miquement, on offre de parier que cette suppression tarirait suffisamment le vice, pour que à l’accroissement du travail et au rabais de la folle consommation, on reconnaisse avant deux ans une moyenne en plus de production de 25 francs par individu des deux sexes, sur la moitié inferieure de la population ; soit, de quatre cent vingtcinq millions en revenu sur la production générale en France. Ne voyez-vous pas d’où sort la Révolution? Vendre des livres! est- ce que le premier homme venu a le droit de délivrer des poisous?

Les livres en France ! qu’Augias nettoie rapidement ses écuries, ou un Hercule inattendu balayera tout à la fois l’immondice et ietable...

2° Congédier et employer ailleurs les instituteurs primaires provenant des écoles normales. Qu’ils le sachent ou qu’ils l’ignorent, ils sont socialistes par la doctrine, et quelques-uns par l’intention ; leur laisser une pension de 150 francs, ou plus s’il le faut, pendant dix ans, et les aider de toute manière à se pourvoir. Immédiatement après ce licenciement, procéder, par des jurys ecclésiastiques, à un examen nouveau des congédiés sur les connaissances approfondies de la doctrine chrétienne, attestant les lectures approfondies qu’ils ont dû faire ; puis, à une réception nouvelle, exigeant les formalités religieuses du sacrement de mariage1.

(I) Au pire, pendant deux ans, la France aurait uu tiers de ses écoles primaires suspendues. Est-ee de savoir écrire, chiffrer et répondre en mythologie qui peut faire quelque chose à l'agriculture et à la moralisation?. Le seul inconvénient, c'est que, pendant deux ans, il y aura, pour les curés de ces communes, quelques peines de plus à faire apprendre par cœur la lettre du catéchisme ; ce dont ils ne se plaindront pas 1

Avant cette époque, tout ce qu'il y aura de sérieusement croyant parmi les instituteurs, rentrera dans son poste : et vous aurez éloigné les autres.

l'aristocratie. i>71

Ou si l’on veut éviter les moyens absolus, prenez en toute occurrence une mesure analogue à celle-ci : sou mettre directement l’Ecole à la Cure. Que celle-ci exerce un droit, d’abord de direction, et ensuite de censure, pouvant, dans les cas déterminés, entraîner la suspension de l’instituteur. Les esprits rebelles donneront leur démission ; les autres deviendront amis du curé. Vous sentez que cette fonction n’est qu’un appendice de l’autre ; l’instituteur est une sorte de vicaire extérieur. Si l'Etat enseigne dans* un sens, pendant que l’Eglise enseigne dans un autre, à quoi bon combattre l’anarchie?

On sait d’avance tous vos cris! II n’est pas ici question d’opérer régulièrement, mais exceptionnellement: comme la Révolution. Préférez-vous mourir? 11 faut ici du pouvoir absolu. 11 s’agit de sauver le peuple, ce qui est la suprême justice et la suprême charité.

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