‹ Restauration françaiseChapitre 161 sur 197 · CHAPITRE XXXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVII

Des instituteurs et des libraires à l’avenir.

Vous agirez ainsi, tout simplement en vertu du droit que vous avez de désarmer. Vous avez su trouver ce droit en voyant l'effet des armes dans les mains de la foule : portez un peu plus loin les yeux, et vous verrez celui des

Ne faisons jamais de l'instruction littéraire une question suprême : quand ce monde sera jugé , Dieu aura sauvé mille fois plus d'ignorants que de savants.

lIVRfc TROISIÈME.

an

Jivres... Et qu’est-ce donc que gouverner? ce n'est donc pas veiller sur l’homme, défendre et préserver les cœurs? Si vous laissez le rasoir entre les mains de l'enfant, si vous laissez le peuple pêle-mêle avec l’erreur, est-ce que vous le gouvernez? Songez au compte que vous rendrez à Dieu, ô vous qui, de propos délibéré, vous êtes placés de vous-mêmes au Pouvoir !

Un homme d’honneur déclarera qu’on doit immédiatement prendre, vis-à-vis des instituteurs et de certains libraires spéciaux, la mesure précédente; et,' à l’avenir, la mesure qui suit :

Pour les instituteurs. D’abord, exiger un stage ou assistance de trois années au cours de Théologie fait dans le séminaire. 11 n’est pas besoin de tout le temps passé dans les écoles normales pour connaître l.ecrilure, le calcul et la langue. Ensuite, offrir le plus possible ces écoles aux Frères. Enlin, recueillir dans les séminaires les pieux élèves dont les idées plus modestes s’adressent moins aux hautes sciences, et les placer au poste d’honneur dans l’Institution primaire; au chef-lieu, par exemple, où ils seraient supérieurs du Canton. Ce serait un moyen fructueux, et de profiter précieusement des sujets que n’emploient pas les séminaires, et d’ouvrir dès ce jour une nouvelle carrière à tous ceux qui entreprendraient pour la Pédagogie les mêmes études que pour la prêtrise. Rappelez -vous que la Théologie est la première science politique...

Pour les libraires. D’abord, exiger une réception, et des garanties morales de la nature de celles qu’on réclame des notaires, par exemple, et des autres officiers publics. Quel homme a plus de droit pour transmettre des livres, d’où dépendent les intérêts de lame et ceux de la Société,

L ARISTOCRATIE

que pour passer des acles, d’où dépendent les intérêts matériels? Ensuite, prendre note de leurs spécialités, afin de déclarer ceux qui doivent rester sous la surveillance de l’Etat, comme le sont les pharmaciens pour les drogues qu’on ne remet qu’à bon escient. Nous craignons le poison qui découle des lèvres de l’orateur des clubs ou de la plume des journalistes, et nous oublions celui qui se délivre étiqueté sur un comptoir de librairie ! N’y a-t-il d’interdiction, pour cause d’insalubrité, qu’à l’égard des usines empestées?

C’est donc inutilement que l’Eglise condamne chaque année les livres nuisibles? A quoi aboutit cette haute protection, si ce que l’on arrête d’un côté, nous le laissons passer de l’autre? Le peuple uous appartient-il pour le sacrifier?

Agissons; le tort est de discuter. La Révolution arrive! déjà le temps n’est plus à nous. D ici à ce que la religion reprenne assez d’empire, d’ici à ce qu’un gouvernement légitime ait retrouvé son influence, les campagnes seront dans lctat des villes : alors, sur nous et sur l’Europe, la dernière invasion des barbares...

Plus de délai, le danger est à notre porte. Ii deviendra plus apparent, mais il ne sera pas plus grand. Mesurez votre réaction aux forces de la Révolution ! Si vous ne sentez point qu’il n’y a plus que les remèdes héroïques, que peut-on ajouter... ,

Page 1