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CHAPITRE XLIV

Eloignons la nécessité du despotisme1.

11 ne faut pas confondre le despotisme avec le pouvoir absolu. Le pouvoir absolu est une substitution plus ou moins complète de l’autorité du monarque à celle de la

(I) Dans l'édition de 1 S i 8— 1849, l’auteur affectait de substituer le mot Despotisme A celui de pouvoir absolu, pour atteindre en face des hommes ne parlant que de libertés lorsqu'ils conduisaient la France au despotisme !

Note de l'Edit.

». frasç. M

Société ; tandis que le despotisme est la substitution, plus ou moins avérée, de la volonté humaine à la volonté de Dieu.

Le despotisme se voit aussi bien appliqué par un pouvoir faible que par un pouvoir absolu. 11 peut cire aussi bien exercé par la Révolution et par l’empereur de Turquie, que par l’empereur de Russie et par les princes protestants.

/ Le pouvoir absolu, au contraire, tout aussi fréquent dans les républiques que dans les monarchies, peut se trouver exempt de despotisme. C’est le pouvoir qu’exerce, surtout au moment du danger, un capitaine sur le navire qui attend de lui son salut.

Ce qu’il faut craindre, dans notre situation, c’est un despotisme à la fois émané de la tyrannie et armé d'un pouvoir absolu.

Ecartons donc le despotisme, qui est une honte. On comprend que les peuples n’aiment pas à porter le bonnet d ane. Mais entendre nos hommes du jour traiter de leur hauteur le despotisme, c’est ce qui nous effraie, lis ont tout fait pour amener le despotisme : quant à la tyrannie, ils l’ont rendue inévitable en banissanl nos Rois.

Si nous restons dans la Révolution, estimons-nous heureux de n’avoir à souffrir qu’un pouvoir absolu ! Méprisons moins un fait auquel on doit l’Antiquité; un fait qui vienl en aide aux sociétés chaque fois quelles vont périr; un fait qui depuis soixante ans a plusieurs fois sauvé la France; un fait, hélas! auquel nous devrons demain peut-être une espèce de salut!

Quand on redoute le pouvoir absolu , et plus encore le Despotisme , il ne faut pas le mériter. Les peuples auront beau dire : Je ne veux pas ! et même

l’aristocratie.

plus ils crieront : Je ne veux pas ! plus il sera près d’accourir sur l’imminence de leur orgueil. Quand le Despotisme se présente, il n’y a plus qu’à choisir entre la barbarie et lui...

Les êtres dépravés choisiraient la barbarie. Et telle est la preuve irrécusable de l’utilité du pouvoir absolu, pour maintenir des lois quand les mœurs sont détruites. L’orgueil anéantirait la Société plutôt que de se voir blessé! Mais la Société n’est pas à l’homme; elle appartient à Dieu. Anéantirez-vous les lois de la Création ?

Tout est prévu pour maintenir la Société sur la terre.. Quand la loi ne conduit pas l’homme au dedans, il faut quelle le saisisse au dehors. Le Despotisme dépend du cœur de l’homme...

Pour échapper au despotisme, rétablissons le pouvoir de l'Eglise ; pour éluder la tyrannie, rétablissons le pouvoir de nos Rois ; pour éviter le pouvoir absolu, rétablissons celui des mœurs et des institutions séculaires : il faut toujours la même quantité de pouvoir !

Les Pouvoirs modérés sont la gloire des peuples. Insultez à votre aise le Despotisme ; mais avant tout, prenez garde de le mériter.

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