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CHAPITRE XLVII

La République.

Pour juger de la République, voyez quels sont ceux qui la veulent, et quels sont ceux qui la redoutent. Si parmi ceux qui la demandent, se trouvent les ambitieux, les déclassés, les fanatiques, les rêveurs, puis les hommes de sang, c’est qu’ils l’estiment propre à remplir leurs desseins..

(1) C'est l'art de gouverner, du moins pour la pratique. Quant au principe, il consiste, comme on l'a vu, à substituer l'autorité à la raison quand la raison s'éloigne, et la raison à l'autorité quand la raison revient.

l'aristocratie.

Qu’esl-ce que ces hommes pensent de la Foi, du capital, de la propriété, de l’aristocratie? S’ils pensent qu’une nation peut exister en dehors de la religion, du capital, de la propriété, de l’aristocratie, s’ils comptent en outre abolir toute hiérarchie, ils ont d’avance étouffé le mérite, et avec lui l’humanité.

La Société est-elle faite pour écraser la nature humaine?

Tout ce qui vient pour satisfaire l’orgueil de l’homme lui est mauvais.

La république est une diffusion et souvent une dissolution de l’autorité, comme la Royauté en est la constitution et la concentration légale. La diffusion de l’autorité, surtout quand l’orgueil la demande, en est la décomposition. Ne parlons pas ici des mœurs1..

Vous ne songez à vous mettre en république que parce que la Société est toute faite. Si vous aimiez tous assez la vertu et la loi pour qu’elles vivent d’elles-mèmes, cela serait bien. Mais si votre liberté veut monter par-dessus la loi , vous aurez sur-le-champ un maître., à moins que nous ne devions périr. C’est ce qu’on doit toujours répéter : au fond de tout, il s’agit de conserver la Société, parce que la Société est l’érection de la nature humaine.

Pour conserver la Société, il faut toutes les forces qui l’ont créée. Sommes-nous des anges, tous dans le bon sentier? Sommes-nous des hommes sans orgueil, sans envie, sans colère, tous pleins de conscience, de Foi, d’honneur et de moralité? C’est ce que l’on verra bientôt.

(1) Quand la canaille crie : Vive la république! la question est jugée. On n'aurait pour preuve de l'excellence de la Royauté que la préférence témoignée par les justes et les âmes en paix, qu'il n'eu faudrait pas chercher d'autre.

Pas d’illusion, la république n’est aujourd’hui qu’un athéisme déguisé, un athéisme à la fois civil et politique. On n’y déclare la souveraineté de l’homme que pour exclure celle de Dieu. Ici, ce ne sera pas la souveraineté, mais bien l’exploitation de l’homme...

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