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CHAPITRE XLVIII

La Royauté.

Voulons-nous récuser le bon seus des nations, croire que les peuples vivront dans la paix et dans la justice en dehors de l’Autoi ilé? S’imaginer que tout à coup, sur une aussi grande question, les hommes de ce siècle se trouvent supérieurs dans leur jugement à tous les hommes du passé, ce serait une présomption voisine de la folie. Déferons-nous avec des utopies ce que l’histoire a fait avec le temps?

Le sage interroge les faits. A l’origine des Empires, il voit le nom d’un fondateur. Il cherche un peuple qui se soit fondé sans chef, sans aristocratie, sans Roi.

Le Roi est celui qui maintient et qui personnifie la loi. Le mot rex n’est que la contraction des deux mots regere et lex. Le Roi est la vivante loi. On a cru qu’une Assemblée posséderait plus d’esprit. La plupart du temps, c’est l’esprit qui perd les nations : c’est une volonté droite qu’il leur faut !

Les aristocraties sont le fondement des nations, et la

l’aristocratie. 399

Royauté est le noyau des aristocraties. Elle en est le modèle, l’union, le support et la force attractive.

Il faut que les nobles familles viennent allumer le flambeau de l’honneur, des mœurs et de la Foi, à la famille noble par excellence, à la Famille Royale. Quand celle-ci l’éteint, la nuit redescend chez les hommes..

C’est le Roi qui tient tout debout. Vous aurez un roi sur le trône , ou les savetiers y seront. A moins qu’une classe nombreuse et oppressive, comme la bourgeoisie, n’empèche, mais pour un jour, le cran de retomber. Toujours la Société part d’en haut; ce qui revient du bas est sa ruine. « Donnez-nous un roi, comme en ont toutes les nations ! » disaient les Juifs.

On s’écriait : La multitude est moins susceptible d’être trompée qu’un homme! parce qu’on partait de cette idée, que tous les hommes sont bons. S’ils l’étaient, on ne s’occuperait pas de gouvernement! Il est plus aisé de trouver un homme bon qu’une multitude sage, surtout lorsque cet homme est à sa place, et que Dieu, dès lors, lui envoie des grâces d’état. L’orgueil d’un seul sera toujours moins effrayant que celui de tous. Des assemblées, ce sont des hommes ; or ce sont précisément des hommes qu’il s’agit de conduire!

En politique, toutefois, il ne faut pas appliquer de principe absolu ; ce serait souvent se condamner tantôt à la cruauté, tantôt à l’impuissance. On doit tendre au meilleur principe ; puis, l’appliquer dans la mesure du possible.

Si l’on avait le choix des institutions, il faudrait vite choisir la plus morale. Ce serait choisir la plus humaine et, au fond, la plus éminemment politique1.

(I) Ail reste , tous u’en discuterez pas à votre aise! Le Socialisme arri ■

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