‹ Restauration françaiseChapitre 185 sur 197 · FIN DU TROISIÈME ET DERNIER LIVRE · texte numérisé non relu

FIN DU TROISIÈME ET DERNIER LIVRE

CONCLUSION

La Restauration véritable est dans le retour de la Foi.

La Foi seule répandra la lumière et le calme parmi les hommes. Elle seule remettra debout le Capital, l’Ordre et les Aristocraties, c’est-à-dire la nation.

Les aristocraties disparaissent quand les Doctrines se retirent; les peuples tombent quand les aristocraties s’en vont. Les peuples ne se relèvent qu’avec elles; et celles-ci ne se relèvent qu’avec la religion.

On offrira avec empressement les moyens de la réveiller dans le peuple : prenons-les tous pour la ranimer dans les aristocraties!.. Lorsque les sources reparaîtront sur les sommets, les eaux d’elles-mèmes descendront dans la plaine...

Pressé par un ardent désir, extasié par la présence des lois divines, j’ai voulu dire comment les sociétés meurent et comment elles se rétablissent; mais mon esprit en ce moment espère peu. Nos yeux s’obstinent à se fermer au jour : ils ne se rouvriront que quand la foudre aura frappé et consterné la terre...

Cependant l’homme peut à toute heure se sauver, puisqu’il est libre, et qu’il a la grâce de Dieu !

CONCLUSION

Le temps presse! et cependant les bons vivent dans l’abstention. Ils ne laissent échapper aucune occasion de se perdre en voulant rester dans l’erreur..

La vérité est à leurs yeux une exagération, et l’erreur s’alliant aux principes, une sagesse supérieure. Ceux qui prétendent rencontrer un abri dans le mensonge s’appellent modérés, et ceux qui montrent le péril égal à l’étendue du mal sont pour eux des exagérés !. Une chose est exagérée, c'est l’opiniâtreté où notre présomption nous plonge! une chose est sans égale, c’est la catastrophe dont la France elle-même est menacée...

Le jour est là où il s’agit pour elle detro ou de n’ètre pas! Les peuples ne sauraient décliner leur mission, et à plus forte raison la France. Quelle se replace à la tète du christianisme, si elle veut garder sa place à la tète du monde. Ou nous serons humiliés et amoindris, si nous continuons de pervertir l’Europe; ou nous y prendrons une position de plus en plus grande, si nous redevenons le peuple chevaleresque, le peuple de la vérité.

Plus de délai! revenons à la Foi, à nos traditions et à nos lois fondamentales. Rétablissons chez nous l’amour de la Famille, unique, dans le monde, qui nous a élevés à la hauteur d’où la France s’écroule visiblement depuis quelle l’a répudiée..

Le temps est là : rentrons promptement dans le bien, ou nous assisterons à la catastrophe finale. Nulle puissance alors ne pourra faire rebrousser le cours effroyable des choses! Plus de classe intermédiaire, comme en 89, pour amortir le choc ; la Révolution lancera son cri : Ceux qui n’ont pas contre ceux qui ont! ! Une populace affamée, prise d’envie, criblée de vices et de remords.

CONCLUSION

se lèvera contre les gens de bien ! Aussi vaste que l’orgueil, aussi impitoyable, se répandra la rage de ceux qui ne sont rien... Ses flammes embraseront d’abord les classes ouvrières, pauvres et abruties ; et, par l’exemple des fortunes spoliées, réveilleront l’habitant cupide, défiant et trompé des campagnes : dès lors, plus de France... Ni l’ascendant du prêtre, ni celui que donnent les services, ni celui de la naissance, ni celui du mérite, aujourd’hui délesté; ni les anciennes coutumes, maintenant oubliées; ni les lois, à celte heure abhorrées ; ni la propriété, devenue l’objet de l’envie; ni l’estime, ni le respect, ni d’antiques mœurs, ni l’honneur, ni la vertu, ni le talent, ni l’innocence, non, rien pour amortir la lutte épouvantable... Un pouvoir sans ressource, des emprunts forcés, des bandes soulevées contre la propriété, des perquisitions domiciliaires, des incendies, une multitude déchaînée, affamée, ivre de fureur, pillant et traînant l’échafaud avec elle : le tout peut-être avec l’approbation de gouvernements exécrables... Bientôt, plus de commune, plus de service public, plus de défense, plus d’abri; ni grande ni petite propriété, ni foyer domestique, ni semailles, ni récoltes : l’orgueil, dans sa rage, brûle, ravage ses propres ressources, dévastant tout, meme le sol! Ere effroyable, d’où rien ne se sauvera., que ce que Dieu aura résolu de sauver...

Ah! pourquoi, quand il est temps encore, ne pas courir nous jeter dans ses bras !

APPENDICE

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Les notions qui précèdent ont en voe la situation particulière de la France. Comme Appendice, ajoutons un mot de considérations sur le protestantisme en Europe et sur la question de l'autorité dans son rapport avec la liberté.

Chez beaucoup d'esprits, le trouble naît des contradictions qu'ils croient voir dans ce monde. Si la Foi, se dit-on, est toute vérité, comment n'est-elle pas sur toute la terre? et pourquoi des peuples l'ont-ils perdue? On croit à une certaine légitimité du protestantisme, en face de l'emplacement qu’il occupe à côté de la Foi ; on confronte les peuples du Nord avec ceux de l'Italie et de l'Espagne... On regarde l’Eglise, on lui compare l'esprit humain, on ne sait où prendre l’avenir, tant les faits se confondent pour les esprits qui ont quitté le vrai 1

Une des sources du scepticisme est donc le désordre et la confusion dans lesquels les hommes sans philosophie s'imaginent surprendre ce monde.

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