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CHAPITRE I

Du protestantisme en Europe.

Pour entrevoir I économie religieuse du monde et s’expliquer la nature des changements survenus il y a trois siècles en Europe , ne perdons pas de vue deux points : le peu de bonne volonté de l’homme et la grande longanimité de Dieu.

Le Protestantisme est la religion de la personnalité. Il peut commencer la nature humaine, il ne peut l’achever. L’homme ne forme sa personnalité que pour l’offrir à Dieu par la sainteté. Il ne faut donc pas s’étonner d’avoir vu l’homme retomber et rester ici sur lui-mème.

Aussi, pour quelques yeux, le protestantisme semblet-il avoir jusqu’à présent tiré meilleur parti de ses peuples que le Catholicisme. II leur a fait ramasser les vertus les plus immédiates, ou les plus près de l’homme. Le Catholicisme entreprend la nature humaine sur tous les points à la fois. Il l’a dès l’abord élevée d’ensemble. Bien que

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rachetée, puis préparée par quatre mille ans de souffrance et d’esclavage, il semble que la nature humaine n’a pas su porter, dans toute son étendue, celte inondation de lumière et de grâces.

Lors donc qu’en Europe la Foi commença à baisser, elle est restée comme à mi-corps; c’est le Protestantisme.

il se peut que les peuples protestants aient paru jusqu'à ce jour élever une civilisation solide : mais ils ne peuvent en ériger le faite sans crouler. Ils sont restés privés de sève, ils n’ont pu greffer aucun peuple à la vie de la Foi. La doctrine née du moi ne pourra pas désormais maintenir la situation des classes sociales. La Société faite par le protestantisme ne peut ajouter une seule pierre à son édifice. Elle sera à cet égard comme l’islamisme, resté depuis douze siècles au même point.

Mais, si nous ne touchons pas à la catastrophe finale, ne croyez point perdus les peuples protestants. À un certain point de vue, ce sont peut-être des peuples auxquels il n’a été offert que la moitié de la lâche. Ainsi, dès le premier jour, le christianisme triompha en plein dans le Dus-Empire. Cependant l’esprit humain n’a pas eu la force de s’y tenir ; il s’est remis à ergoter, et il est rentré d’où il sortait.

Comprenons bien cette vieille et infertile nature humaine, qui ne sait pas de prime abord porter tous ses fruits à la fois. Ici, doue, l'Islamisme est venu la reprendre en dessous, agir en quelque sorte à la manière de l’antiquité; cl certes! il a maintenu une espece de peuple là où la barbarie serait irrévocablement revenue1. Au déclin

(1) Les hommes De sont point excusés pour cela. Qu’il est chétif, cet état de la nature humaine auquel Dieu est obligé de mesurer et sa lumière et son action.

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de l’Islamisme, •peut-être verrons-nous une partie de ce peuple passer sous l’aurore chrétienne de quelque protestantisme, et l’autre arriver au grand jour1.

Toujours est-il que Dieu, ici, ne peut courir plus vile devant la nature humaine. La vérité ne saurait avancer toute seule, il faut qu’elle amène le cœur, quelle entraîne l’homme et même la race avec elle. Il lui serait inutile de faire un pas sans le mérite. Songeons que l’Antiquité a duré quatre mille ans; que le monde moderne, depuis ses deux mille ans, n’a pas encore pris sur le globe la moitié de la place! Il faut conduire cette vieille race d’Adam par le chemin royal de la Responsabilité. Sachons apprécier les faits; c’est sur les faits, en définitive, qu’aura roulé la Création.

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