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CHAPITRE III

L'autorité est le lange de la liberté.

Si l’autorité était vraiment la loi du monde, Dieu s’y serait pris autrement. Au lieu de mettre notre loi au dehors, pour que notre liberté l’atteigne, il nous aurait rendu le bien irrésistible. Il se serait établi invinciblement dans nos cœurs , au lieu d’attendre que nos cœurs aillent à lui.

Tout est donc fait pour la liberté, l’autorité surtout qui vient la garantir.

Si la Société avait été pour jamais à sa place dans l’autorité, elle y aurait été placée et elle y serait restée. De même, si la liberté pure, c’est-à-dire en pouvoir d’arriver sans secours et d’elle même à la loi, était la vérité, la Société y serait déjà entrée, et nous n’aurions pas été en proie aux révolutions.

Or la vérité est que la liberté a besoin de l’autorité ; la vérité est que l’homme ne naît pas libre, mais en puissance de le devenir. L’autorité n’a été établie que pour conduire délicatement un être si faible à la liberté.

appendice.

Mais ne disconvenons pas qudMa liberté ne fasse de tout avant de faire définitivement le bien. Ne disconvenons pas qu’elle ne commence par se fabriquer elle-même des lois avant de suivre sa Loi. Car c’est là ce qu’elle fait en ce moment : son idée de souveraineté du peuple n’est qu’une feinte pour enlever la souveraineté à Dieo et la placer en elle! C’est la plus effrayante explosion de l’orgueil ; c’est ce qu’on nomme le panthéisme, ou l’homme se substituant à Dieu. Y résisterons-nous?

Le péché qui fit tomber Adam de si haut, laissera-t-il la Société debout ? Un tel orgueil ne viendra-t-il pas hâter la fin des temps? C’est bien là ce que craignent les hommes que n’a pu aveugler la Révolution...

L’autorité ne fut que le lange d’enfance et le remède aux effets de la Chute et de la liberté.. Tant que la Société courut un péril ordinaire, l’autorité l’a défendue-: comme le jour où le bien l’aurait emporté sur le mal, la liberté aurait régné ; car l’autorité n’est qu’une avance constituée aux êtres libres. Mais n’est-il pas à craindre maintenant que ce jour n’arrive jamais?..

Le christianisme désirait que l’homme ne fût plus l’ombre de l’homme, et ce monde l’ombre d’un monde ! Mais si, au moment où, dans la société, l’homme devient plus libre, il perd la raison et se tue, Dieu se verra obligé de clore la durée des temps.

Si la liberté était parvenue à faire que le bien l’emportât sur le mal, la Société, politiquement, aurait été en quelque sorte relevée de la Chute... Toutefois si ce succès général n’est point réservé à la Création , Dieu aura toujours réussi à sauver partiellement les peuples et les âmes, au moyen de l’autorité. Le monde ne serait que le Passé; il ne serait pas l’Avenir.

APPENDICE

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