‹ Restauration françaiseChapitre 193 sur 197 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Conflit étemel entre l’absolutisme et le libéralisme; nécessité des familles royales. S

Pour l’œil qui ne pénétra point dans les lois de l’Ordre infini, rien ne doit sembler plus étrange que la contradiction persistante, dans le monde, entre deux choses aussi capitales que l’autorité et la liberté.

Nos points de vue sont faibles, c’est-à-dire incomplets, et de là deux écoles, celle des absolutistes et celle des libéraux. Combien les premiers ont eu raison de croire que, sans le plein exctcice de l’autorité, la Société n’eût jamais existé ! combien les seconds ont eu raison de dire que, sans l’exercice de la liberté, l’homme n’existerait point! Tout en remarquant nous mêmes que s’il a Ja liberté morale, bien qu’il reste privé d’une partie de la liberté politique, il peut assurément faire son salut : unique but pour lequel il est sur la terre!

Les uns ont donc voulu assurer à l’homme tous les avantages de la sécurité; les autres, tous les biens de la liberté. Mais ces deux écoles d’écrivains l’ont toujours fait, de part et d’autre, avec un tel abus de leur principe, quelles ont augmenté la confusion et le malheur du monde. La faute eu est à la nature humaine, à l’homme, qui vit en çeux qui écrivent comine en ceux qui agissent, et d’ailleurs en nous tous.

La grande raison des absolutistes est qu’on ne peut se

APPENDICE

donner à la liberté sans que la Société ne soit démolie. La grande raison des libéraux est qu’on ne peut se donner à l’autorité sans que l'homme ne soit amoindri ; il est vrai, dans sa dernière sphère, mais celle-ci réagit fortement sur les autres. Toutefois, voilà la guerre entre les hommes, et la Société divisée sur son propre compte.

Car chacun, suivant sa nature, se croit en proie ou aux abus de l’autorité, ou aux abus de la liberté. Et dès lors, deux partis. Ceux qui considèrent tout le bien que l’homme pourrait faire, veulent qu’on lui donne toute la liberté. Ceux qui ont vu tout le mal qu’il a fait, veulent qu’on la réserve toute dans la loi. La pensée ne peut donc décider la question.

- En ces cas comment faire?

Comme jamais on ne pourrait accroître l’autorité, au point d’écarter tout le mal, ni diminuer la liberté au point de ne tolérer que le bien ; comme dès lors il y aura à la fois dans toute Constitution écrite et trop d’autorité et trop de liberté, en même temps que pas assez de l’une et de l’autre, la solution se trouve toute dans la pratique, ou dans la marche historique des peuples. Celle solution est la seule que la Société dans sa sagesse ait pu saisir depuis l’origine des choses. La pratique consiste 5 maintenir l’autorité dans les mains paternelles que Dieu ménage à chaque peuple, en lui choisissant une race royale qui, prise dans le sein de ce peuple, en partage les destinées.

Il ne .saurait y avoir d’absolutiste ou de libéral parfait. L’absolutiste doit voir que si toute liberté est retirée à l’homme, l’homme Iui-mème s’évanouit; le libéral, que si toute autorité est enlevée, la Société disparaît. Néanmoins ils traitent réciproquement d’erreur chacun de leurs principes.

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Hors delà pratique et.du bien, qui démêlera ces erreurs? La Révolution n’a fait qu’accroître la confusion, d’une part avec sa notion fausse de la liberté, et de l’autre avec le despotisme qu’une telle liberté rendait inévitable.

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