‹ Restauration françaiseChapitre 194 sur 197 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Impossibilités de la théorie, nécessité de la solution.

La pensée confond les absolutistes; la pratique confond les libéraux. Que deviendra la Société, qui ne peut exister en dehors de ces deux écoles, ni subsister dans l’une d’elles?

De fait, quand on considère la Société, on est résolument absolutiste : on ne peut plus disconvenir que le pouvoir absolu ne soit conforme aux besoins de la nature de l’homme. Quand on considère l’homme, on est décidément liberal* : car le mérite devant Dieu ne saurait s’accroître pour l’homme qu’avec l’imputabilité.

Heureusement qu’entre les deux écoles, existe la Pratique, à laquelle Dieu pourvoit par sa Providence. Et lorsque vraiment renseigné sur l’homme, on considère ce qu’a fait jusqu’à ce jour l'histoire, l’esprit succombe d’admiration! Aimons les faits, aimons nos rois, humilions-nous devant les soins qu’a pris de nous la Providence! Si notre pensée l’eût dirigé, le monde serait désert.

(1) Nous prenons le mot libéral dans un bon sens, c'est-à-dire exprimant le désir de la vraie liberté, et non tel que la Révolution nous l’apporte, c'est-à-dire exigeant le rcgue de l’orgueil.

APPENDICE

• Ceux qui croient trouver par la théorie le grand point d’intersection de l’autorité et de la liberté, ont la simplicité de ceux qui rédigent aujourd’hui des constitutions dans l’espoir qu’on pourra les exécuter! II leur aurait fallu, depuis le commencement, varier chaque jour d’un degré ce point d’intersection, pour suivre les oscillations ou les chutes de l’homme. Or c’est là justement ce qu’a pu faire la Pratique providentielle.

C’est l’athéisme qui nous empêche de le bien voir.

La Pratique confondra à jamais les théoriciens. D’abord, parce qu’en ses mains se tiennent les affaires; ensuite, parce qu’en face de toutes les philosophies, c’est elle qui résoudra toujours les questions.

Comme la Pratique a régi et régira le monde jusqu’à la fin, le grand point, pour être bien gouverné, est donc d’avoir des gens de bien, et, pour cela, de les mériter. II vaut mieux s’occuper moins en théorie de l’humanité, mais un peu plus des hommes. 11 faut l’homme de bien au pouvoir, et la soumission chez les autres. Sans cela, les théories viendront en vain. Les révolutions peuvent forcer, peuvent jeter par terre la Société, mais ne peuvent rien établir.

La Société a un besoin de liberté invincible à tout despotisme, et un besoin d’autorité invincible à tout libéralisme. Les lois providentielles décident la répartition suivant notre moralité. Institutions, constitutions, révolutions n’y peuvent rien.

b FHAMÇ.

ôl>

APPENDICE

Page 1