CHAPITRE VI
Pourquoi notre époque échappe à la solution.
Depuis l’origine du monde, notre époque est la seule qui se soit vue jetée dans une impossibilité pratique. Elle a voulu aller toute seule et sans ses Rois. La Providence ne marchait point au gré de son orgueil.
Elle sera précipitée alternativement à un point tel de liberté et d’autorité, qu’obligée alternativement de rétablir l’une et l’autre, elle verra la ruine de toutes deux!
Ce qu’on dit aujourd’hui sur la souveraineté, soit à l’égard du souverain, soit à l’égard du peuple, est absolument faux. Ce sont là des idées protestantes. La Souveraineté ne vient Di de l’un ni de l’autre.. C’est quand on reconnaîtra d’où elle vient qu’on reverra la liberté. Jusque-là, toujours du despotisme, venant ou d’en haut ou d’en bas.
Robespierre naquit sur les marches du trône de Louis XIV. Si l’autorité n’avait pas abusé de sa puissance pour supplanter la loi de Dieu et fonder elle-même le panthéisme, le xvm® siècle politique ne serait pas arrivé. Si le xviue siècle pratique n’avait pas abusé de la liberté acquise pour abolir la vérité, la terreur et le césarisme ne seraient pas venus. Enfin, si depuis lors, la Société n’avait pas, plus grossièrement que jamais, abusé et de l’autorité, en la plaçant dogmatiquement dans l’homme, et de la liberté, en la détachant définitivement de Dieu, la France ne se verrait pas sur le bord de l’abîme...
APPENDICE
La notion du pouvoir est fausse : dût-il passer aux mains du plus libéral, elle tuera la liberté. On le saura bientôt 1 La notion de la liberté est fausse, dut-elle passer aux mains du plus absolutiste, elle tuera l’autorité...
Au surplus, il est temps que nos erreurs s’épuisent sur notre propre sein I L’homme qui aurait le pouvoir d’arracher l’époque à elle-même, dérangerait les plans de la justice et les leçons qui nous viendront de Dieu. Mais ce pouvoir n’est à personne...
Votre athéisme est votre mort; l’orgueil vous a décapités. L’autorité et la liberté seront elles-mêmes vos châtiments! Et si nous nous obstinons encore à ne point les rattacher à leur source, elles formeront deux marteaux qui lour-à-lour nous écraseront.
Je ne soutiendrai donc point la première, bien que je la révère, parce que les hommes qui la défendent l’ont ôtée de scs fondements. Et je ne soutiendrai point la seconde, bien que je l’aime, parce que les hommes qui la demandent l’ont ôtée de la vérité. Je me croirais infidèle à la France en l’appelant a cette heure, soit à une autorité qui renie sa divine origine, soit à une liberté qui veut oublier ce quelle est. Aujourd’hui, je repousse à la fois la liberté et l’autorité, parce que je les appelle toutes deux !
Que Dieu rentre dans l’une et dans l’autre, alors toutes deux reparaîtront pour nous sauver...
APPENDICE